Contexte
Factions
Combat
Présentations
Avatars
Fruits du Démon
Primes
PNJ
Navigation
Equipages
Quêtes/Missions
Boutique
Médailles





Votez toutes les deux heures
et gagnez des Berrys !



 
CalendrierFAQAccueilRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Le bâtard tueur-de-roi

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar
Membre de la Meute Ardente


☠ Messages : 69
☠ Âge du Personnage : Inconnu
☠ Berrys (x1000) : 11404
☠ Localisation RP : North blue
☠ Fruit du Démon : Kaitai Kaitai no mi
☠ Haki : Aucun
☠ Dorikis : 2088
Membre de la Meute Ardente

MessageSujet: Le bâtard tueur-de-roi    Ven 17 Nov - 0:19



FitzKaladin "Le bâtard"








Prénom et Nom: FitzKaladin.
Âge : 28 ans.
Sexe : Homme.
Avatar : Dabi - Boku no hero academia
Groupe : Pirate.
Métier : Aucun pour le moment.
Espèce : Humain.
But : En trouver un.

---------------

Fruit du Démon : Kaitai Kaitai no mi - fruit de la révision.
Autres capacités : Aucune pour l'instant.


Questionnaire

1. Apparence physique


Taille : 1m89.
Poids : 85 kilos.
Cheveux : Noir profond.
Yeux : Bleus.

Fitz’ a reçu, il y a plusieurs années de cela, de l’acide sur différentes parties de son corps. En conséquence, pour éviter que sa chair soit en contact direct avec l’air environnant, on a cousu sur sa chair plusieurs morceaux de peau. L'opération, bien que réparatrice, lui a conféré cette allure de mort vivant qui ne laisse pas indifférents les regards indiscrets. Malgré tout, il arrive que les fils se défassent, obligeant Fitz' à se recoudre seul.

Toutes ces années sans combat lui fit perdre peu à peu de sa musculature. Mais il garde encore un corps relativement athlétique.

2. Tenue vestimentaire habituelle


Fitz' garde avec lui, dans une sacoche qu'il trimbale, son ancienne tenue de soldat ; un manteau militaire tout de bleu avec l'écusson de son régiment sur la manche. Il est difficile de décrire sa tenue vestimentaire tant il peut changer d'habits selon le lieu ou sa propre humeur. Cependant, l'ancien soldat peut porter des habits plus sobres tels qu'une longue veste noire aux manches courtes lui arrivant jusqu'aux genoux avec, en-dessous, des t-shirts de couleur unie et un pantalon en tissu du même pigment que sa veste.

3. Motivations


Fitz' n'a pour l'instant aucune motivation, aucune qui ne le fait se lever chaque matin. Il erre dorénavant à la recherche d'une raison d'exister. Syl aimerait voguer sur la mer et contempler les plus beaux pays, Fitz s'est donc promis de l'aider, le temps de trouver un but à sa vie. Mais le chemin pour l'avoir risque d'être ardu.

4. Opinion sur le gouvernement mondial


De son point de vue, pas grand-chose à dire. Ce sont, à ses yeux, seulement des hommes qui remplissent leur rôle de marine. Il en croisait très peu lorsqu'il vivait sur son île. Aucune base n'occupait l'île à l'époque où il y vivait. Il en vit quelques uns quand il naviguait avec ses soldats près des côtes de Roshar et les relations avec eux demeuraient simples et brèves. Depuis qu'il a quitté son pays, Fitz en rencontra à diverses reprises et bien plus souvent...

Sur le gouvernement, rien à dire. Il en sait trop peu pour en penser quelque chose.

5. Opinion sur la piraterie


Encore une fois, Fitz n'éprouve pas grand-chose pour eux. Evidemment, il ressent une certaine aversion pour ceux qui pillent et massacrent tout sur leurs passage, mais ceux qui vivent leurs jours sur la mer à naviguer aussi librement qu'ils le peuvent ne le dérangent aucunement. Il se pose souvent la question sur le pourquoi du comment, pourquoi avoir décidé de devenir pirate et comment en être arrivé à ce choix. Il sait aussi une chose : le rôle de pirate lui irait mieux que celui de civil devant travailler pour un patron véreux.

6. Opinion sur la franc-marinerie


Le bâtard qu'est Fitz' en sait aussi très peu sur eux. Il ne sait pas spécialement si les rebelles de son pays ont à voir avec ce groupe, mais comme pour les pirates, ils n'y voit pas là une menace mais plutôt un énième sujet sur lequel réfléchir.




Sinon, ton pseudo à toi, derrière l'écran ? hijikata, dragar
Si t'as un commentaire à faire, fais-le maintenant ! Pas grand-chose à dire !


Dernière édition par FitzKaladin le Sam 3 Mar - 20:04, édité 26 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://jolly-roger.forumactif.com/t322-le-batard-tueur-de-roi En ligne

avatar
Membre de la Meute Ardente


☠ Messages : 69
☠ Âge du Personnage : Inconnu
☠ Berrys (x1000) : 11404
☠ Localisation RP : North blue
☠ Fruit du Démon : Kaitai Kaitai no mi
☠ Haki : Aucun
☠ Dorikis : 2088
Membre de la Meute Ardente

MessageSujet: Re: Le bâtard tueur-de-roi    Mar 30 Jan - 16:30



FitzKaladin "Le bâtard"





Histoire



- Reste là-dedans vermine !
- Donnez-moi au moins un peu de votre pitan…
Noir.
Je me réveillai à demi-affalé contre les barreaux de ma cellule avec une douleur à l’arrière de la tête. J’inspectais du bout des doigts la moindre blessure mais je ne remarquai rien d’anormal. Il faisait déjà nuit et la seule lumière qui éclairait les alentours était celle du feu de camp que les soldats s’étaient fait. Néanmoins, cette faible lueur ne m'était pas suffisante. La plupart des soldats était réunie autour de ce feu, à manger leurs rations, et moi ? Je n’avais le droit à rien, même pas à un guignon de pain. Je perdis beaucoup de temps à chercher la moindre chose comestible à ma portée mais rien à se mettre sous la dent... allais-je mourir de faim ou d’une maladie qui me soit inconnue ? Chaque coup que j’ai pu recevoir me faisait encore un mal de chien. D'ailleurs, je pouvais sentir l'odeur du pus émaner de certaines blessures. Cette dernière était infâme. Dans un état pareil, dormir me serait plus que profitable. C’est ce que je fis, non sans mal.
- Kal... dit une petite voix douce, rassurante mais lointaine.
Je plongeai dans mes songes mais ce que j'y vis ne m'aida guère. J'apercevais une femme, aux longs cheveux d'or, presque solaires. Alors qu'elle allait se retourner, sa silhouette disparut, engouffrée dans une vague d'ombre qui me submergea à mon tour. Dans cette noirceur apparut un homme, me toisant d'un regard inquisiteur. Ses lèvres, telles des lames, me transpercèrent de ces mots : “tueur de roi”. Un vieux souvenir s'éveilla alors : moi, plus jeune, pleurant sur une dépouille couronnée de bois. Tueur d'un roi factice ?
Me détourner de lui était vain. Partout où j'allais, je le voyais. Dans ces ténèbres, je lui faisais face.
- Kal...
Encore. Elle n'était pourtant nulle part, tourner la tête dans chaque sens était inutile, je ne l'apercevrais pas.
- Kal !
Elle criait mon nom. La voix venait de partout à la fois et à chaque reprise, l'intonation se fit plus brève et plus forte encore.
- Fitzkaladin !
Une main m’agrippa et me tira loin de ce rêve et de ses chimères aliénantes. Syl se tenait près de moi, agacée sans que je n'en devinai la raison.
- Trente fois que je t'appelle si ce n'est plus ! Que fais-tu encore dans ce chariot ? T'échapper serait un jeu d'enfant si seulement tu t'en donnais la peine !
- Cesse avec ce nom. Il ne me plait guère, et tu le sais.
- C'est ainsi que tu te nommes et c'est ainsi que je t'appellerai. Vous les hommes... vous êtes d'un compliqué ! Toujours à vous donner des grands airs avec votre orgueil démesuré ! Je ne vous comprendrai jamais...
- Pour un être aussi minuscule, un rien peut te paraître démesuré.
- Ton insolence glisse sur moi, FitzKA-LA-DIN.
Je haussai les épaules, agacé par ces chamailleries. Je ne comprenais rien aux hommes non plus. Et le fardeau du passé ne faisait qu'en obscurcir les traits.
Cependant, la Tontatta visait juste. Comme toujours. Elle m'accompagnait depuis plusieurs années déjà. Hormis son nom, le mystère qui l'enveloppait demeurait impénétrable. Lorsqu'elle daignait m'en dire plus, c'était par le biais de contes et légendes. Une race féérique et fantasque... du moins, était-ce ainsi qu'on les percevait. Malgré sa petite taille, son caractère bien trempé jouait avec ma patience. Derrière ses robes et corsages mignonnets, sa grâce apparente grimait ses bouderies infantiles.
- Bon... as-tu un plan ?
- Regarde dans quel état je suis. Une carcasse écorchée vive ! Mes trois tentatives se sont toutes soldées par un lamentable échec. Je ne réitérerai pas l'expérience. Il m'en a trop coûté.
- Regardez donc ce pauvre garçon s'apitoyer sur son sort ! Vous m'en voyez désolée si je n'ai aucun morceau de tissu à vous donner. Pleurnichard !
Je lui répondis d'un soupir, espérant qu'elle se taise rapidement. Ses reproches s'apaisèrent, laissant place à des espoirs candides.
- Comme j'aimerais me trouver sur l'étendue salée ! Découvrir de nouvelles îles ! Lever le voile d'un ailleurs, où les beautés terrestres s'étendent à perte de vue !
Un paradis perdu. La véracité de son existence m'était plus que douteuse. Le moindre grain de poussière, le moindre filet de lumière. Tout n'était qu'amertume dénuée de saveur. Désormais, je n'aspirais qu'à la tranquillité. Cette cage miteuse m'y aidait grandement. Loin des conflits, loin de tout être pouvant me briser jusqu'aux os. Un guerrier désœuvré, se retranchant dans la médiocrité d'un cachot. Voilà le maigre héritage que je laisserais aux ménestrels. Et s'il me fallait mentir à Syl, espérant qu'elle me croit trop faible... alors qu'il en soit ainsi.
- Bonjour monsieur le prisonnier !
De ma main, je cachai Syl de l'individu, examinant l'ombre qui me faisait face.
- Je me présente : sir doré ! barde en quête d'une histoire à chanter au monde, pouvez-vous m'aider ?
Non, je n'étais guère intéressé par ces fables, actuellement je demandai juste de quoi manger boire et dormir, mais tout cela n'était qu'un luxe inaccessible.
Les soldats interpellèrent le barde pour lui dire de s'écarter de moi, mais il rétorqua qu'il voulait seulement chanter une histoire avant que mon corps ne soit pendu le long d'une corde. Les fantassins, sûrement exténués, ne voulaient pas perdre de temps avec de telles broutilles et laissèrent donc ce simple voyageur non armé vaquer à ses occupations, tout en gardant un œil sur cet étrange personnage. Le ménestrel se tourna vers moi, cependant je ne pouvais voir les traits de son visage car il se tenait dos au feu qui nous illuminait. Tout ce que je pouvais observer était son instrument et la cape qu'il arborait, sûrement dans le but de se protéger du vent glacé de la nuit.
- On te livre à la marine si j'ai bien compris ! Tu aurais attaqué un pauvre gosse qui ne demandait qu'un peu d'aide... mais quel genre d'homme es-tu pour frapper un enfant ?!
Il se moquait de moi, si seulement je pouvais attraper son cou et le serrer au point de le tuer. Syl me ramenait à la raison en tirant sur une de mes manches.
- Que veux-tu ? Pas la peine de venir me casser les oreilles.
- Oh mon brave, je le sais bien ! Je ne suis point là pour te faire écouter ma superbe voix ! Mais plutôt pour entendre ta si douce voix ! Que tu me narres ton histoire, si tu préfères.
- Et pourquoi donc veux-tu que je te raconte mon histoire ? Elle n'a...


Il me coupa brusquement et me chuchota assez fort :

- Sinon ta petite fée ne pourra plus traîner dans les parages puisque les soldats apprendront son existence.
Je me levai brusquement et vins m'appuyer contre les barreaux pour qu'il me voit mieux dans la pénombre de la nuit.
- Quelle tête affreuse ! Désolé pour toi, mais j'ai une très bonne vue et toutes tes… « cicatrices » immondes ne m'impressionnent guère. Ne fais pas le dur avec moi, et raconte-moi enfin ton histoire.
Sa réaction me parut étrange, mon apparence ayant tendance à effrayer quiconque, ou à inspirer le dégoût. Ma peau fut marquée à vie par la chirurgie, cette dernière ayant fait de moi un monstre. Je n'étais plus qu'un amoncellement de peaux cousues les unes sur les autres... mais cela restait toujours mieux que de voir ma chair et mes os.
- Cela doit être dur de vivre avec, non ? Les moqueries et autres comportements de rejet... Enfin ! Je ne comprendrai jamais car, vois-tu, j'incarne la beauté ! Oups désolé, tu n'y vois pas grand-chose, c'est vrai ! Attends-moi !
Il revint avec plusieurs torches et les déposa entre ma cage et lui. La beauté ? Il était d'une banalité affligeante.
- Donc, reprenons. Tu en étais où dans ta fabuleuse histoire ?
- Va au diable.

Je rejoignis le fond de ma cage, souhaitant ainsi écourter cette conversation ridicule.
- Oh le vilain garçon ! Monsieur est boudeur ? Écoute, mon petit : une histoire et je ne divulgue rien de ta princesse, marché conclu ?
Syl, contrairement à moi, avais les moyens de partir. Petite et fine comme elle est, se faufiler entre les barreaux était un jeu d'enfant pour cette Tontatta. Seulement, elle souffrirait trop de notre séparation et moi de même. Je lui demandai donc ce qui l'intéressait tant chez moi. Après tout, je n'étais qu'un simple malfaiteur : capturé pour un larcin, enchaîné après avoir effrayé un simple gosse...
- Je connais la raison de présence ici ; tu as maltraité un petit et ils te transportent désormais jusqu'à la base marine du pays. Le chemin est long dans cette forêt, vous faites une pause, ils t'assomment car tu beugles trop et... nous voilà, maintenant ! Si tu veux mon avis, tout ceci est d'un ennui !
- Je n'ai jamais fait le moindre mal à ce mioche. Je suis venu le voir pour connaître la direction du port le plus proche et ce sale gosse a pris peur avec ma foutue tronche de déterré. Quand les soldats sont venus m'arrêter, j'ai tenté de leur expliquer mais rien n'y faisait. On se demande pourquoi je ne me suis pas laissé faire ! Voilà tout, je n'ai rien d'autre à te dire, le barde. Laisse nous tranquille. De ce que je sais, je ne t'ai jamais fait le moindre mal ! Cesse de m'importuner !
Hausser le ton venait d'alerter les gardes. Ils me réprimandèrent, m'obligeant à baisser l'intensité de ma voix. Le ménestrel se contenta d'observer calmement la scène.
- Toujours rien à me dire, Kaladin le bâtard tueur de roi ?
En une fraction de mouvement, je me retrouvai au-devant de ma cage et le fixai intensément. Comment connaissait-t-il cette satanée bribe du passé ?
- Avant toute chose, sache que je te cherche depuis longtemps, Kaladin.
- Je me nomme Fitz et crois-moi, ma prison ne tiendra pas s'il me venait à l'idée de t'éventrer. Ne prononce plus ce nom devant moi, auquel cas...
Je tordai une des barres de fer dans ma main pour lui prouver mes dires
- ... je te jure que tu ne seras plus apte à le regretter, le barde.
Je soutenai son regard, mais n'y voyais rien. Il était comme dénué de toute émotion, de tout sentiments. Je n'arrivais pas à décrire ce qu'il ressentait. Même une menace ne l'avait pas fait tressaillir... Cet homme blême était tout simplement dépourvu de peur. J'entendais derrière moi Syl m'interpeller, mais la repoussai violemment du pied dans un coin. Si je devais faire exploser la porte de bois, autant qu'elle soit loin de moi.
- Je vois....
Il y eut un silence, le temps de quelques secondes.
- Je n'avais pas vu les choses sous cet angle...
Il prit un air songeur, leva son regard vers moi et me sourit.
- Donc... monsieur le tueur de roi, comment en êtes-vous arrivé là ? Cette appellation n'est pas anodine, je suppose.
J'en étais maintenant persuadé, il se moquait délibérément de moi. L'enfoiré se mit à rire en voyant mon expression, celle d'un homme troublé qui ne comprenait plus rien. Il prit sa guitare et joua plusieurs notes tout en chantant des rimes sur mon caractère et ma vaine tentative d'intimidation.
- Sors et tu verras les soldats te faire face. Déchaîne-toi, vas-y ! Montre-leur le monstre qui sommeille en toi.
- Je pourrais tous les tuer si l'envie m'en prenait ! Et toi avec.
- Mais tu ne le feras pas, Fitz !
- J'ai appartenu à une armée.
- Tu restes ici par choix, car tu ne veux plus vivre avec autant de problèmes. Tu penses qu'en prison tu seras bien plus tranquille, tu es un idiot Fitz ! Et tu te mens à toi-même, ou plutôt... tu mens à ta princesse !

Je me tournai lentement vers Syl. Elle était rouge de colère.
 - Tu t'es moqué de moi, Fitzkaladin ! le bâtard tueur-de-roi ! Alors maintenant tu vas me faire le plaisir de sortir de cette cage immonde ! Et je m'en fous que tu n'aies pas fait exprès de me pousser.
Que dire face à tout ça ? D'un côté, le ménestrel n'en manquait pas une pour se foutre de ma poire et de l'autre, j'avais attisé la colère de Syl. Le barde nous jouait quelques chansons, histoire de calmer la fée. Quand tout cela fut fini, je partis m'entretenir de nouveau avec lui.
- Comment me connais-tu, au juste ?
Il m'expliquait être parti dans mon pays. Pays fermé à toute technologie, mais qui laissait rentrer tout le monde, tant qu'on respectait les lois du roi régent.
- Le roi est mort, tué par les rebelles se faisant à leur tour assassinés par d'autres rebelles. Ton pays est rentré dans un cercle infini, où la mort danse avec la guerre. Tu es connu de ton pays pour être l'assassin d'une bonne partie de la famille royale. Mais j'aimerais connaître ta version de l'histoire.
- Ma version n'a rien d'héroïque. Oui, j'ai tué. Mais pas la famille royale ! J'ai tué des rebelles qui s'en prenaient au pays. J'ai aussi défendu le peuple contre des pirates et j'ai surtout tué mon père... celui qui voulait ma mort depuis mon premier souffle.
- Nous avons toute la nuit, raconte donc. Dans les moindres détails.
Il fit quelques acrobaties ; des girouettes, des roulades, il sauta même en l'air pour atterrir devant moi, mains tendues, paumes vers le ciel.
- Je suis en pleine forme, et toi ?
Je ne retins pas mon franc sourire et lui narrai enfin ce qu'il voulait savoir.


 
- Il n'y aura pas d'infanticide durant mon règne, Kaladin ! Il serait temps d'assumer ta responsabilité dans cette affaire, me suis-je bien fait comprendre ?
 
Je sortais de ma rêverie. Savoir que j'allais raconter ma vie me perturbait. Je n'avais pas pour habitude de le faire. Rien que d'y penser, je revoyais par flashs mon histoire, que ce soit les bons comme les mauvais moments ; ceux avec Syl, mes camarades ou encore ceux avec la famille royale, plus particulièrement Kaladin.
Sir doré claqua des doigts pour me ramener au monde des vivants. Après m'être excusé, je repris mon conte d'avant mon égarement.
 
*            *             *

Moi, Fitz, j'étais jusqu'à mes 8 ans l'enfant d'une serveuse. Elle travaillait dans les bars miteux de la grande capitale. Il n'était pas compliqué de savoir que nous ne vivions pas dans le luxe. Un soir, ma mère n'était pas rentrée. Elle me laissa seul dans notre cabane en bois, à la périphérie de la capitale. Ce soir-là, des gardes royaux étaient venus me chercher, accompagnés d'une domestique. On m'emmena tout droit au château afin de rencontrer le roi dans la grande salle du palais.
- Il n’y aura pas d’infanticide durant mon règne, Kaladin ! Il serait temps d’assumer ta responsabilité dans cette affaire, me suis-je bien fait comprendre ?
- Cousin, il en va de mon honneur !
- Je suis ton roi ! rugit Le grand homme, avant de se reprendre.
- En privé, je suis ton cousin mais à la cour, je suis ton roi. Je ne le répéterai plus.
À 8 ans, je voyais pour la première fois celui qui était apparemment mon père. Kaladin, de son nom, cousin du Roi, empereur du royaume de Roshar, habitant de la capitale. Cette découverte chamboula mon existence. De nouveau dans mes pensées, je me rappelai de ce souvenir et de son impact à l'époque.

*            *             *

- De ce que j'ai pu entendre, là-bas, tu n'étais pas un enfant voulu par ton père. Il avait même demandé au roi l'autorisation de te tuer aussitôt qu'il eut appris ton existence.
- Il était connu pour être sans pitié envers ses hommes. Un pas de travers et on finissait au cachot ou à la rue. Il était chef des armées du roi et être soldat, chez lui, n'avait rien de bon : misérablement rétribué, tout débordement était sévèrement puni. Il suffisait qu'on te retrouve couché au sol, imbibé d'alcool et tu finissais au cachot. Dans un bordel ? Les pavés des rues deviendraient ton seul gîte. Autant dire qu'il ne prenait rien à la légère.
- Quand le roi a officialisé ta naissance, cela a du discréditer ses beaux discours et sa droiture apparente.
- Commettre l'adultère, avec ma mère qui travaillait anciennement comme gouvernante de surplus, était un crime odieux vis-à-vis de ses « principes ».

Je fis un signe des mains pour mettre en valeur le mot « principe ».
- Voilà pourquoi il voulait ma mort.
Je lui racontai la suite des évènements.

Ma mère et moi avions finis par être installés dans sa demeure, après que sa femme et ses fils l'aient quitté. Je pensais que nous allions vivre comme des nobles, mais le lendemain de cette affaire, on retrouva ma mère dans l'écurie de Kaladin, morte égorgée. Je le sus car mon père m'emmena voir le cadavre de ma mère et à son regard, bien que je fusse jeune, je compris rapidement qu'il en était l'auteur.

- Et tu n'as rien fait pour te venger ? me demanda Sir doré, avec une pointe d'empathie. C'était la première fois que j'observais ce trait chez lui.
Il me demanda pourquoi je n'étais pas la cible, dans ce cas-là. Pourquoi ne pas nous avoir tué tous les deux. La réponse le surprit, tout comme elle le fit dans mon enfance. Le roi avait ordonné à Kaladin de tout faire pour que je vive. Du moment que j'étais fidèle à la famille. Bien entendu, ma mère ne fut nullement mentionnée dans sa promesse faite à son roi.
- J'étais loin d'être bête. Si j'assassinais un membre de la famille royale, que j'en fasse partie ou non, j'aurais fini pendu sur la place publique. Je ne voulais pas donner une bonne raison de me tuer, pas par lui en tout cas.

*            *             *

Tout juste après avoir vu ma mère morte allongée sur un tas de foin, je fus emmené dans le camp de l'armée où on m'y enrôla de force. À l'inscription, Kaladin changea mon nom par « Fitzkaladin ». Le recruteur, Jof, écarquilla les yeux lorsqu'il entendu mon père m'appeler Fitz.

*            *             *

Après quelques lignes d'histoire, le barde me fixa avec un air interrogateur.

- Dis-moi, Fitz...
Sir doré interrompit mon conte de nouveau et me demanda :
- Que signifie « Fitz » pour que ce Jof soit si confus ?
-Fitz a une certaine signification dans ma famille. Quand il me l'a donné ce jour-là, je ne savais pas à quoi cela faisait référence. Je ne l'ai appris que bien plus tard, après m'être familiarisé avec mes camarades lanciers. Au départ, on m'évitait tout simplement car j'étais le fils du « roi » de l'armée. On disait de mon père qu'il fallait filer droit si on ne souhaitait pas d'ennuis. Certains ont fini pendus car ils ont osé discuter ses ordres. Par conséquent, ils avaient peur des représailles s'ils se liaient à moi. Cela dit, ils ont vite compris que non après avoir vu mon père me battre devant tous les régiments comme exemple pour une broutille. Mais je m'égare. « Fitz », dans le langage courant du pays, signifie « fils de ». Cela est connu du peuple, voulant également dire « bâtard ». Je préfère encore ça, plutôt que « fils de Kaladin ».
- Mais je croyais qu'il ne voulait pas de toi... alors pourquoi changer ton nom par « Fitz », ce n'est pas logique.
- Il n'avait pas le choix de m'accepter. Après l'assassinat de ma mère, il savait très bien que j'allais nourrir une haine farouche à son égard. Il changea mon nom pour montrer qu'il m'acceptait, mais que je restais toutefois indésirable. Savoir qu'officiellement je portais son nom me mettait hors de moi. À force d'être « Fitz », j'ai perdu tout souvenir de mon ancien nom.

 
En continuant à lui narrer mon passé, je me mis très vite à parler de Brich, chef des lanciers, à l'époque. Repenser à lui tiraillait mon cœur entre deux sentiments bien distincts, je ne savais pas si je devais être triste par sa mort ou être heureux d'avoir passé une étape de ma vie à ses côtés. Brich géra la compagnie des lanciers de son vivant. Ce fut lui qui s'occupa personnellement de moi et il ne fut pas tendre avec moi, ce qui était normal. Être enrôlé à l'armée, à 8 ans, pouvait s'avérer très dangereux. Surtout quand on savait que les lanciers occupaient la première ligne de front. Les lanciers étaient, pour la plupart, des hommes ayant tout perdu, que ce soit aux jeux ou sur les mers, à naviguer en tant que pirate. Le roi était clément envers ces anciens criminels qui acceptaient de rejoindre la garnison des lanciers. Brich et les plus forts du groupe m'entraînèrent à la manipulation de la lance. Elle s'avéra vite mon arme de prédilection. Quand je ne l'avais pas en main, je me sentais nu, vulnérable. Partout où j'allais, ma lance me suivait.
« Béni-des-vents », voilà le nom que m'avait donné mon équipe. Lorsque je me battais avec ma lance, ils avaient cette impression que je commandais aux vents, qu'ils dansaient autour de moi. Tout ceci n'était que fable, mais il est vrai que j'étais devenu assez bon acrobate. Je sautais partout, tout en donnant des coups de lance. Je me sentais vivre pendant les entraînements ou les rares batailles que nous avions pu avoir contre des troupes rebelles ou pirates.

Par ailleurs, je participais souvent aux réunions de famille aux côtés de Kaladin. Cela l'enrageait de m'avoir auprès de lui sans qu'il ne puisse rien n'y faire.
Ma vie avec Brich et nos compagnons m'aidait à surmonter la mort de ma mère. Je parvenais parfois à oublier tout cela car les moments passés avec mon père n'étaient que souffrance. Il me battait à la moindre occasion ou me rabaissait pour satisfaire sa personne. Il aimait se dire qu'il avait un contrôle total sur moi.
Nous étions sur les routes le plus clair de notre temps. Nous surveillions les voies marchandes ou une des deux villes portuaires. On en venait rarement à utiliser nos lances car mes compagnons d'armes étaient réputés pour être les anciens plus grands brigands du pays. Terk est le nom d'une des deux villes portuaires accessibles, Aladar étant la principale. À l'instar de Dressrosa, l'île est entourée d'un récif de roches la rendant inaccessible. Le seul moyen d'y accéder est de rejoindre l'une des deux villes portuaires, étroitement surveillées. Grâce à cela, le pays de Roshar survécut à bien des attaques. L'armée pouvait surveiller tout ce qui entrait dans le royaume, notamment les armes à feu et autres technologies jugées néfastes. Tout cela afin de sauvegarder notre paix. Pendant l'une de nos patrouilles habituelles, des hommes venus à notre rencontre nous quémandèrent de l'aide ; des pirates avaient pris le contrôle d'un bar. Nous étions, ce jour-là, seulement cinq. La raison était la suite : mon « père » organisait une fête en l'honneur du roi. Notre petit nombre causa la perte de mon ami, Brich. En nous rendant sur place, les « pirates » sortirent du bar et firent feu sur nous. L'une des balles le pénétra en plein cœur, nous l'enlevant pour l'éternité.

*            *             *

- Si je n'ai pas rejoint les morts ce jour-là, c'est grâce à lui. Il s'était mis devant moi, me faisant office de bouclier humain. Malgré un corps aguerri, soulever sa dépouille écroulée sur moi n'eût rien de facile...
- Tes camarades sont morts aussi ?
- Kiin a survécu, c'était un homme résistant et par chance il n'avait écopé que d'une balle à l'épaule. Les pirates avaient fui après leur première salve.

Il remarqua ma gêne et ne posa pas de question sur Brich. Je m'en voulais toujours de sa mort.
 
*            *             *

Les pirates avaient disparu et on ne sut jamais comment ils avaient pu faire rentrer une telle quantité d'armes. Suite à cela, je fus nommé chef des lanciers par Jof, le suppléant de Kaladin. Cette promotion fut à la demande du roi lui-même, il voulait qu'un membre de la famille ne soit pas rabaissé au rang le plus bas. J'avais à présent pratiquement 50 hommes sous mon commandement et je pris la décision de partir traquer en mer, près des côtes de l'archipel, tout homme capable de causer du tort aux habitants de notre île. Toutes les richesses obtenues revenaient de bon droit au roi. Mais, parfois, on se gardait quelques trésors. Le plus gros d'entre eux, je le trouvai dans un petit coffre, soigneusement caché à l'intérieur de la cabine d'un capitaine. Son équipage et lui-même avaient refusé d'obtempérer, nous laissant le droit de confisquer tout butin. Quelle ne fut pas ma surprise quand j'y découvris un fruit du démon ! J'avais confiance en mes gars et réciproquement... nous étions une famille. Je connaissais le nom de chacun d'entre eux, aucun de mes soldats ne divulgua l'information sur cette trouvaille. Je cherchai un moyen de le vendre afin de récompenser l'unité de leur bon travail. Le temps de trouver un acheteur, je cachai le fruit dans une clairière, non loin de notre campement, à la capitale. C'est là que je fis la rencontre de Syl.

*            *             *

Sir doré remuait sur son siège. J'imagine qu'il attendait ce moment avec grande impatience. Mais au lieu de lui raconter le déroulement de cet événement, je le regardai, silencieux.
- Alors !? Explique-moi donc !
- Je me vois encore en train de creuser cette cavité. Je sentais quelque chose tirer sur mon futal. Je ne comprenais pas très bien ce qu'il se passait avant de l'apercevoir.
Sur le côté, j'aperçus Syl lever le menton, le sourire en coin. Elle aimait toujours autant qu'on parle d'elle.
- Et j'entendis une petite voix me dire : « Excusez-moi, vous êtes en train de creuser dans mon chez moi, là ! » J'en étais bouchée bée ! Je m'attendais à une grosse souris, et non à une fée qui parle !
L'acrobate rigola à gorge déployée.
 - Et après ?
- On a beaucoup discuté et comme, d'après elle, je venais de détruire « sa » maison, nous nous sommes mis d'accord pour qu'elle vienne vivre avec nous dans le camp. Elle était un peu comme notre princesse qu'il fallait défendre de tout danger extérieur. Certains la noyaient de compliments, d'autres lui offraient des bijoux ou autres bricoles qu'on récupérait sur les navires pirates.
- À te voir sourire ainsi, on pourrait croire que c'est l'un des meilleurs moments de ta vie.
J’arrêtai aussitôt de sourire quand il m'en fit la remarque, je devais éviter de me familiariser avec lui.
De nouveau à raconter mon histoire, Sir doré me demanda si les batailles étaient récurrentes bien que l'île se situait sur North blue. Ma vie n'avait rien de palpitant contrairement à ce que beaucoup pensait. Les pirates qu'on rencontrait n'était pas d'un très haut niveau et les attaques rebelles se faisaient rares. Nous nous occupions majoritairement à calmer les rixes dans les villages qu'on traversait ou encore à surveiller les rivages.
 
- Comment ton père a pris ta promotion ?
- Très mal. Un soir, après avoir été convoqué par lui, il me lyncha devant toute ma compagnie juste pour me prouver qu'il était toujours au-dessus de moi.
Je voulais reprendre la suite mais j'en étais maintenant à cette fameuse nuit où tout avait commencé. Je me mis à fixer le sol de ma cage, les images de cette terrible soirée défilaient devant mes yeux devenus humides. Ce sont ces mêmes images qui m'avaient changé à tout jamais, aussi bien physiquement que mentalement. J'étais devenu un être morose qui n'avait plus aucun goût à la vie. Aussi pessimiste qu'un homme en fin de vie à cause d'une quelconque maladie. Les souvenirs des moments passés avec mes camarades, tous ces épisodes de ma vie faisaient jaillir en moi une myriade d'émotions... mais la plus forte restait toujours la même, le chagrin. Je pris ma tête dans mes mains sales et commença à me morfondre sur un passé qui aurait pu être différent. Si seulement j'avais été plus fort pour tous les protéger de lui, si seulement j'avais fait le choix d'être docile à mon père. Et si ma mère n'était jamais allée le voir, que serais-je devenu ? Syl aimait me rassurer en disant que je serais toujours son preux chevalier, mais moi je le savais, j'aurais vécu une vie bien meilleure.
Sir doré m'interpella, mais je l'ignorai. Je voulais que tout s'arrête, être tranquille et qu'on me laisse dans mon coin, je ne demandais pas la Lune. Et lui... qui était-il pour me poser des questions sur ma vie, qui était-il pour me menacer de la sorte ? Qui était-il pour menacer Syl ?! Le tuer réglerait tous mes problèmes, là, tout de suite. En une fraction de seconde, je pourrais détruire ma cage, l'égorger…
 
- Fitz', reviens à toi, tu me fais peur.
Syl se mit face à moi pour me ramener à la raison. Je commençais à perdre de nouveau la tête, je voyais rouge.
- Je suis désolé Syl, je ne souhaitais pas t'inquiéter.
- Fitz', j'ai besoin de savoir ce qu'il s'est passé ensuite, je jure de te laisser tranquille ensuite.
Je me tapotai les joues du plat de mes mains, essayant d'enfouir au plus profond de mon esprit ces pensées noires. Peu à peu, je repris la force nécessaire, poursuivant mon récit, la voix lugubre.
- D'après mon père, les rebelles préparaient un sale coup au château. Il a donc renforcé les patrouilles dans les couloirs et, si tu as bien remarqué, le domaine du roi est vaste, trop vaste. Il nous fallut beaucoup d'hommes et ce fut moi et les miens que l'on choisit de mobiliser.
Je ne pus empêcher les souvenirs de remonter,  les souvenirs du soir de notre mission.
 
*            *             *

Nous marchions dans les couloirs par escouade. Les cinquante hommes de notre faction étaient éparpillés par groupes. Une dizaine se trouvèrent dans la grande salle du roi, avec le monarque en personne. Quant aux autres, ils se divisèrent en petits groupes, arpentant le château en quête du moindre danger. Tout commença lorsque Zack, l'un de nos hommes, trouva quelque chose :
- Euuuh… chef il y a un problème !
Zack possédait le pas vif et rapide, sa cadence étant toujours supérieure à la nôtre. Ce fut donc lui qui découvrit les corps en premier. Je me précipitai vers la scène.
C'est quoi ce bordel ?! On a rien entendu !
Il y avait au moins une dizaine de corps allongé là. Comment avions-nous fait pour ne déceler aucun bruit ? Chaque recoin était plongé dans le silence !
Après une inspection rapide, ils furent tous éliminés rapidement. Il n'y avait aucune trace de combat et la plupart des gardes avaient été tués, égorgés.
- MERDE ! cria Zack. Chef ! Kiin est parmi eux !
Il avait raison, Kiin avait succombé. Mais, contrairement aux autres, il avait sa lance à la main et le bout était ensanglanté. Je me précipitais à la chambre du roi où je découvris sur le chemin d'autre corps dont des compagnons de longue date. Cette fois-ci, j'entendis au loin des combats se déroulant aux abords de la salle du trône. Je me détournai de ma destination pour m'y rendre, mon escouade me talonnant.
- Chef, devant !



Mes camarades empêchaient l'ennemi d’envahir la pièce. Cependant, ils étaient acculés et certains tombèrent avant notre arrivée. Je criai de tout mon saoul avant de percuter de ma lance le premier adversaire. Il s'écroula instantanément et je m'occupai aussi vite du prochain. Mon escouade me soutenait contre d'éventuelles attaques. Mes équipiers, sauvés de justesse, pointèrent du doigt le roi.
- Fitz… le roi…
Ils étaient exténués. Depuis combien de temps étaient-ils là, à se défendre ? Il ne m’en fallait pas plus pour comprendre et je me dirigeai vers l’endroit montré.


 Cette fois-ci, ce n'était pas quelques corps qui jonchaient le sol, mais au moins une cinquantaine. Pour la plupart, ce furent des membres de mon régiment. Je retins mes larmes et fonçai vers le groupe armé face à moi. La pièce était immense et je pouvais apercevoir plusieurs groupes se battre, mais quelque chose clochait. Pourquoi ne voyais-je que mes hommes se battre, où étaient passés les autres soldats, les archers ou encore les soldats de mon père ?

- Il est là ! Tuez-le avant qu'il ne vienne à lui !


Je continuai ma course vers l'endroit où était normalement situé le roi. Là où mes frères se battaient contre d'autres. Mais je ne pus arriver à temps pour les sauver. De toutes mes forces je sautai dans le tas. Fou de rage, je tranchai toute les têtes qui me faisaient face. Je venais de voir plusieurs des miens se faire embrocher par des rebelles prêts à tout pour tuer un roi, le sang me montait à la tête et je n'entendais maintenant plus rien à part le bruit de ma lance transpercer mes ennemis. Le sang jaillissait dans tous les sens, aspergeant mon corps et le sol. Personne ne pouvait m'arrêter, possédé comme j'étais.

Je découvris le roi, allongé par terre, blessé à la jambe. Avant même de pouvoir m'en approcher, une flèche me perfora le flanc droit. J'essayais de m'appuyer sur ma lance, mais la douleur était trop intense. Je n'avais plus assez de force dans mon bras droit pour me maintenir debout. Il fallait pourtant me battre... mes hommes et le roi avaient besoin de mon aide.

Je me relevai et fis front aux soldats qui chargeaient. Armé de mon arme et de mon courage, je les affrontai, déferlant ma rage. Le combat prit fin quand je fus submergé de toute part. Maintenu au sol, je cherchai du regard le reste de mes troupes, qu'étaient-ils devenus ? Je ne vis rien, trop d'hommes m’entouraient. On me releva aussitôt pour me placer face à mon père.

- Alors c'était toi la taupe des rebelles ? Et tu oses lancer une attaque contre celui qui t'a sauvé ? Il aurait dû me laisser te tuer pendant que je le pouvais encore, traître !

Je ne comprenais plus rien, pourquoi me balançait-il ces piètres calomnies ? Et pourquoi serais-je un rebelle ? J'étais couvert du sang de ceux qui avaient attenté à la vie du roi ! J'en avais tué des dizaines pour lui et on me traitait tel un paria ?

- Je ne comprends p…
Mais mon père me donna un coup de la pointe de son pied. Du sang jaillit de ma bouche, une dent se détacha de ma mâchoire pour aller rouler sur le sol. Il allait le payer. Je tentai de me libérer des hommes qui me retenaient mais j'avais perdu beaucoup trop de sang. L'adrénaline avait endormi de nombreux coups reçus lors de mes derniers affrontements. Ils se réveillaient peu à peu... Trois flèches déchiraient la chair de mon dos, tandis que du sang s'écoulait de multiples plaies, me zébrant de douleur.


- Tu as embarqué tout ton escadron dedans ? Tu m'as supplié de te donner la garde du roi à toi et à tes hommes et comme un imbécile... je t'ai fait confiance. Heureusement que j'avais aussi posté quelques uns de mes soldats. Sans quoi notre roi ne serait plus...

- Ne te fous pas de moi !
Et sans rien demander, je subis d'autres coups mais cette fois-ci des soldats. Je n'arrivais plus à parler, mon visage enflait à vue d’œil. Je tournai les yeux vers le cœur de la salle, là où mes soldats se battaient au péril de leur vie. Ils étaient quasiment tous morts et ceux qui rampaient ou suppliaient pour leur vie étaient exécutés sur le champ, sans aucun répit. J'étais de nouveau seul et ça allait être bientôt mon tour. On me releva et me mit à genou devant mon père. Il jacassait encore avec son visage tout souriant. Je ne l'avais jamais vu si heureux de toute ma foutue vie. Je ne l'écoutais plus, j'étais plongé dans mes pensées, comment n'avais-je pas pu voir le coup venir ? J'avais foncé, tête baissée, dans ce traquenard et sot comme j'étais, je n'avais aucunement pris de recul quant à la situation et ses nombreuses incohérences. J'aurais dû remarquer leur armure, c'était des soldats de mon père que j'avais tué en protégeant mes hommes à la porte ! Pareil pour ceux qui entouraient le roi, ils avaient sauté sur moi pour le protéger, une vingtaine d'hommes tués d'une traite ! J'étais devenu une cible facile pour les archers postés en hauteur.


- Foutez ce chien au cachot et amenez le roi au guérisseur.

Je fus traîné dans les sous-sols du château et jeté en prison. La pièce, sombre et miteuse n'avait que pour seule source de lumière, une fente obstruée de barreaux.
Je n’eus pas le temps de m'en remettre qu’il se présenta devant ma cage. Toujours bien droit et fier comme un soldat, il avait pris quelques rides et ses cheveux grisonnaient par endroits. Je lui lançai un regard plein de haine. S'il m'en était donné l'occasion, je l'écorcherais vif tout en me délectant de la scène. Après réflexion, j’avais compris le sens de ces magouillées tramées dans l'ombre.

- Comment trouves-tu ton nouveau chez toi ? Ne t’en fais pas, tu n’auras pas le temps de t’y accoutumer, le roi m’a explicitement demandé de t’interroger. Qu’importe les manières employées, je dois te soutirer la moindre information concernant ces rebelles.

Ses yeux malicieux me fixaient. Il savait pertinemment que je n’avais rien à voir avec eux. Ce qu’il voulait, c’était un prétexte pour me tuer. Il congédia ses suivants tout en se rapprochant de ma cellule.

- Je suis fin stratège, n'est-il pas ? Tu n’es pas mon fils pour rien, cette même étincelle t'a amené à comprendre.

Ses lèvres dévoilèrent sa rangée de dents. Il avait remporté la bataille et savourait sa victoire.


Ce n'était pas compliqué à comprendre : mon père nous avait mis, mon équipe et moi, dans les couloirs. Quant aux autres de mon bataillon, ils couvraient d'autres de ces mêmes couloirs. Bien sûr, il avait également mis quelques uns de ses hommes avec eux, et ceux-là avaient attaqué le roi sous notre bannière. Les gardiens du monarque ainsi menacé furent dans l'obligation de se mettre au travers de leur chemin pour faire front. Ils ont dû tenter de se défendre, mais cela n'allait pas à leur avantage, bien au contraire. Cela n'avait fait qu'empirer et tous les hommes du roi durent attaquer des plus belles mon armée. Ils n'avaient aucune chance face à ces guerriers bien mieux entraînés que les miens. Et moi dans tout ça ? J'ai vu de loin mes soldats se faire tuer, je pensais que les rebelles s'étaient infiltrés parmi les soldats du roi. J'étais alors entré dans la folie du sang, n'ayant pas réfléchi à la situation et tuant tous ceux qui se dressaient sur mon passage. J'avais de suite foncé là où le roi se trouvait, mais ses soldats nous barrèrent la route, pensant que je voulais l'assassiner. Comme un idiot, j'y ai vu là un acte de traîtrise à l'encontre de notre roi. Je devais leur porter le coup fatal, comme à tous les autres. C'est là que mon père arriva, tel un héros apportant délivrance et justice.

- La plupart des membres de la famille royale ont été assassiné, et maintenant, tout le monde pense que c'est de ta main qu'ils ont perdu la vie. J'aurais aimé que le roi reçoive le même châtiment… enfin ! Je dois faire preuve de patience, il mourra quoi qu'il arrive bientôt. Ne t'inquiète pas pour cela...

- Pourquoi ? lui demandais-je, interloqué. Je n’ai jamais rien fait qui puisse mériter pareille torture. Les hommes que tu as tué, ils avaient pour certains une famille, ils se sont battus pour leur pays et que leur offres-tu en échange ? La mort. Tout cela afin d'assouvir tes piètres espoirs de grandeur.

Il était clair, désormais, qu’il voulait le trône pour lui. Comment avais-je été si aveugle ?


- Ce sont tous d’anciens pirates, brigands voire même tueurs pour certains. Aucune pitié pour ces misérables vermines. Il en va de même pour toi.

Il se colla presque aux barreaux, je le regardais faire, attendant patiemment la fin de discours de cet être insidieux.

- J’ai mis des années pour insinuer le doute quant à une éventuelle attaque rebelle, au fort. Cette famille maudite a fini par mordre à l'hameçon !
Il se mit à rire.
Et maintenant, je ne suis plus qu’à un doigt d’être sur le trône. Cela ne se serait jamais fait sans ton armée de truands et toi, fils bâtard. Peut-être ai-je eu raison de te laisser la vie sauve, par le passé... ton existence se sera enfin révélée utile.
Il inhala l’air, comme pour marquer l'ère de sa pleine satisfaction. 
- Je me sens revivre ! Ta peine fait naître en moi un tel plaisir... Quelle était la dernière fois ? Oh, je m'en souviens. Lorsque j’égorgeais ta catin de mère.


Je me précipitai, aussi vif qu’une flèche, jusqu'aux barreaux avec l’infime espoir de l'attraper pour le massacrer. Mais il recula, plus rapide encore, tout en dégainant son épée qui m'écorcha le bras. La douleur fut immédiate et je me repliai au fin fond de ma cage pour me protéger.     

  
- Tu souhaites me donner cette opportunité une énième fois ? Viens donc. Ma lame est prête, elle me démangerait presque !

Comment pouvait-il encore être si vif, à son âge ?


- Je te tuerai, tu l’entends ! criai-je de tout mon saoul, j’y mettais toute mon âme et mes dernière forces. Je te planterai ta propre épée dans la gorge et me ferai un plaisir d'en prolonger le supplice. Je t'en donne ma parole, tu mourras pour tout ce que tu as pu commettre !

- Pour assouvir une telle vengeance, il ne te reste plus que tes rêves, j'en ai peur. 

I
l interpella ses gardes et ceux-ci m’emportèrent dans une salle, non loin de ma cage.

Avant ce moment, il m'était difficile d'imaginer pire traitement que celui qui m'était infligé d'ordinaire. Mais encore une fois, je me trompais. Mon père fut capable des plus viles atrocités. Ce ne fut pas lui qui me tortura à l'acide mais un autre homme, vêtu d'une combinaison noire. On me posa une question, une seule :

- Où se trouve la base des rebelles ? 

Bien sûr, je l'ignorais. Comment aurais-je pu le savoir ? Mon père avait réussi à faire croire au pays tout entier que j'avais monté un coup d'état, de concert avec les rebelles. C'était, semble-t-il, pour me venger d'une famille dont j'étais le bâtard.


Et, comme à chaque fois, on aspergea mes bras et mon visage. Je ne pourrai jamais décrire ce que je ressentis a ce moment précis. J'ai fais en sorte de tout oublier, pour protéger de la folie mon esprit meurtri. Les seules bribes de souvenir que je conservai fut cette odeur de cochon brûlé, l'effluve pestilentielle d'un cadavre en décomposition... puis, ces quelques images de mon corps. De ce corps qui, déjà, ne m'appartenait plus.

On me jeta dans ma cellule quelque temps après, sans rien pour protéger ma chair à vif.

*            *             *
Du coin de l'œil, je pouvais apercevoir sir doré, mal à l'aise. Maintenant qu'il comprenait d'où venaient les effroyables marques sur ma peau, il leur attacha un regard nouveau. Pour autant, je ne m'arrêtai pas là, narrant ce qui s'ensuivit.



Sinon, ton pseudo à toi, derrière l'écran ? hijikata, dragar
Si t'as un commentaire à faire, fais-le maintenant ! Pas grand-chose à dire !


Dernière édition par FitzKaladin le Sam 3 Mar - 23:59, édité 15 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://jolly-roger.forumactif.com/t322-le-batard-tueur-de-roi En ligne

avatar
Membre de la Meute Ardente


☠ Messages : 69
☠ Âge du Personnage : Inconnu
☠ Berrys (x1000) : 11404
☠ Localisation RP : North blue
☠ Fruit du Démon : Kaitai Kaitai no mi
☠ Haki : Aucun
☠ Dorikis : 2088
Membre de la Meute Ardente

MessageSujet: Re: Le bâtard tueur-de-roi    Mar 30 Jan - 17:10



FitzKaladin "Le bâtard"





Histoire Fin


*            *             *

Pendant que je cherchai désespérément le sommeil, une étrange voix me réveilla de ma torpeur.


- Fitz ?! Mais que t'ont-ils fait ?!


Malgré sa petite taille, je pouvais apercevoir les émotions qui traversaient le visage de ma petite fée.


- J'aurais dû être là pour toi... sanglota-t-elle.


La fée arracha un petit bout de tissu de sa robe et tenta de soigner mes plaies encore virulentes. Malgré la douleur que cela provoquait, je ne la dissuadai pas de le faire.


- Syl, écoute moi ! Fuis ce pays, prends la mer et retourne d'où tu viens. Je ne veux pas que tu assistes au prochain événement, ce pays va sombrer dans la guerre.


Et sans en avoir douté elle refusa.


- J'ai quelque chose pour toi, cela pourra sûrement t'aider.


Elle remonta le mur pour atteindre une fenêtre renforcée par des barres en fer. Un objet tomba près de moi, je compris de suite.


- Le fruit du démon ! 


Syl venait de tirer jusqu'à ma prison le trésor que j'avais caché avec tant de soin.


- Tout le monde est mort Fitz. Certains ont été pendus sur la place publique. Je ne savais pas quoi faire ! Après avoir espionné des gardes, j'ai entendu dire que tu te trouvais ici. Je suis aussitôt venue avec ton trésor. Qui sait... il pourra peut-être t'aider, il le faut ! s'exclama-t-elle, pleine d'espoir.


*            *             *

 
Je marquai une pause, le temps de me remettre, de tous ces souvenirs délibérément enfouis. Je n'avais pas tout raconté à Sir doré... seulement le nécessaire, pour qu'il sache.
 
 - Quel pouvoir ce fruit t'a-il donné ?


Il le savait. J'ai, par la suite, mangé le fruit. Qu'importaient les risques encourus. Si cela pouvait me donner assez de force pour me venger, je devais tenter le tout pour le tout. Mes pouvoirs mirent du temps à apparaître. Où peut-être est-ce moi qui ai mis du temps à les sentir s'infiltrer en moi. En tout cas, quand je compris la capacité nouvelle que je recelais, j'en avais profité pour m'enfuir. Animé par une soif inextinguible de vengeance, je trouvai assez de force pour aller à la rencontre de Kaladin, dans le seul lieu où il pouvait être actuellement.

En signe d'exemple pour le barde, j'agrippai l'un des barreaux de ma cellule et le modifiai en une grande fourchette, ce qui le fit disparaître. Il ne parut pas surpris par cette capacité.

 - Tu aurais donc pu t’échapper quand tu le souhaitais. Je n’avais pas eu tort tout à l’heure.

Il venait de marquer un point. J’ignorais sa pique.

 - J’ai modifié le mur du lieu de mdétention et fuis pour aller retrouver mon père. Je ne saurais dire au bout de combien de temps je me trouvai en sa présence. Sur le chemin, je m’étais évanoui plusieurs fois et, si Syl n’avait pas été avec moi, on m’aurait sûrement retrouvé mort dans un couloir.


 - Une fois retrouvé tu l’as tué, toute l’île connaît cet épisode.


Ma vision se brouilla, je revivais de nouveau la fin du grand Kaladin.
Des épées qui s'entrechoquaient, des coups reçus, rendant ma souffrance plus grande encore. Je revois encore aujourd'hui les piquets de pierre sortant du sol et des murs pour venir empaler mon paternel. Ce combat me parut durer une éternité. Comme pour ma mère, j'ai tout fait pour effacer ce passage de ma vie. Mais certaines images persistaient, inlassablement.

 *            *             *

- Sale bâtard, comment oses-tu t'en prendre à moi ! Ton futur roi ! gronda Kaladin, tout en crachant du sang.


Il était embroché sur des pieux de roche. Le ventre, la jambe gauche et le bras droit empalés, le maintenant complètement immobile.

- Attends que je me libère ! Je survivrai, au contraire de toi.

J'étais allongé sur le dos, face à lui. Je me devais de fuir. Les pieux se désagrégèrent petit à petit pour reprendre leur place dans le sol. Le trou créé dans le mur de la prison devait s'être résorbé également. Kaladin tomba brusquement au sol, aussi vite qu'un poids mort. Il était neutralisé, aucun homme normalement constitué ne pouvait survivre à autant de dégâts.
Tant bien que mal, je me retrouvai debout et me mis au-dessus de lui. Avec un poignard fait à partir de la matière du sol, je n’avais plus beaucoup de temps devant moi avant que l’arme ne reprenne sa place.

- Depuis que tu as tué mère, je rêvais de me retrouver à cette place. Tu as bien failli me voler cette joie, père.

- Ne m’appelle pas comme ça, je ne serai jamais le père d’un être tel que toi.

- Tu ne sais pas à quel point tu m’aides en disant ça. As-tu des regrets ? Une dernière parole ?

Il comprenait ce qui allait suivre. En essayant de se sauver, il se mit à bégayer. Mais sûrement par fierté, il se tut rapidement.

- Sans toi je serais devenue roi ! Tu veux ma place, c’est ça ? TU NE L’AURAS JAMAIS, cria-t-il avec le peu de force qui lui restait.

- Jamais je n’ai embrassé cette idée. Je sais quelle est ma place. Il semblerait que ce ne soit pas ton cas. La réalité t'a rattrapé, fais-lui face.

Il tenta de lever ses bras pour se protéger du coup de grâce mais fut surpris que l'un d'entre eux ne soit plus qu'un amas de chair inanimée. Je tranchai la gorge de mon père sans aucune difficulté et l’observai se vider de son sang.


- Tueur… de… roi. me dit-il, pendant que du sang coulait en abondance de sa plaie béante.


Je retrouvai Syl à l’extérieur de la pièce et me mis en route. Un long chemin s'ouvrait à moi.


 *            *             *

L’histoire s'achevait enfin. J’allais dorénavant me reposer. Trop d’émotions s'étaient emparé de mon corps. J'en étais fatigué mais Sir doré n’en avait pas fini avec moi.

 - Hum… il toussota. Je crois que tu ne m’as pas dit comment tu as pu t’échapper de l’île.


 - Sur le chemin pour aller trouver un bateau, je me suis écroulé de fatigue. À mon réveil, je me trouvai à bord d’un navire marchand. Syl leur avait montré un bout de notre fortune, fortune amassée par le passé. De fait, ils ont accepté de nous prendre à leur bord, nous déposant à la première île.  Je me suis retrouvé, par la suite, chez un médecin qui s’occupa de moi. Il a fait du mieux qu’il a pu pour me rafistoler, pour que je ressemble toujours à quelque chose d'un tant soit peu humain. Et, pour finir, j’ai dû passer mon temps à faire des petits boulots à droite à gauche quand je ne cédais pas à la facilité du vol. Au moment opportun, je voyageais d’île en île, m'éloignant progressivement de Roshar. La suite, tu la connais... je me retrouve en face d'un ménestrel, à raconter un passé que je cherche à oublier.

Le barde avait l’air satisfait. Il ne nota rien de tout ce que je pus lui dire. De toute façon, qui irait croire cette histoire dans mon pays natal ? Quelques rebelles, peut-être, mais ils seraient bien les seuls. Le reste du pays me verrait toujours comme un assassin. Peu importe, je n'y possédais plus aucune attache, à présent.

 - Et que vas-tu faire de ton futur maintenant, FitzKaladin ?

Ses yeux d'or me fixèrent, toujours avec cette impression qu'il pouvait lire à travers mon âme, comme s'il s'agissait d'un livre ouvert. Sa question me prenait au dépourvu, que voulait-il d'autre ? Je n'avais plus rien à lui offrir d'alléchant.

 - Mon futur ?

Elle me prenait au dépourvu mais résonna en moi. Que voulais-je, que voulais-je vraiment ? De tout mon cœur, je le savais ; retrouver mes amis, ma mère, mais tout cela m'était impossible. À moins de rejoindre le monde des morts, je n'avais pas d'autre choix que de l'accepter. Je tournai mon regard vers Syl. Elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour que je reprenne goût à la vie. Mais la petite fée n'y arrivait guère... trop replié sur moi-même, je peinais à exorciser les démons du passé.

 - Se biler comme tu le fais ne te fera jamais avancer, Fitz'. Tes amis ne reviendront jamais. Cependant, ils continueront d'exister, à travers tes souvenirs. Cesse de croupir dans cette cage miteuse, vis pour eux, vis pour toi.

Il soupira.

- Cela m'attriste de te voir ainsi, mon ami.


Mon ami ? Depuis quand l'étais-je devenu ?

- Tu n’as aucun prétexte. Regarde autour de toi, que vois-tu ?

À travers mes barreaux, je regardai les alentours. Dans la pénombre, je ne voyais pas grand chose ; quelques gardes éclairés par un feu, endormis sur leur chaise de fortune... endormis ?  Je me concentrai sur les ombres que je discernais : les silhouettes ressemblaient à des hommes au sol et je compris pourquoi tout était devenu si calme. Si doré arborait son plus beau sourire avec, à la main, une paire de clefs.

 - Pourquoi ?

Ce fut tout ce qui me vint à l'esprit.

 - Tu ne mérites pas d'être ici. Tu peux mentir à ta princesse, si tu le souhaites. Mais à moi, non.


- Je n'apporterai rien de bon à ce monde.


 - Tu te trompes lourdement Fitz', nous avons tous un rôle à jouer dans ce monde. Penses-tu que ta mère t'ait mis au monde pour que tu en sois là aujourd'hui ? Je suis sûr qu'elle se disait : « C'est MON fils, et il servira le pays mieux que son père. Il répandra l'amour, recevant l'affection de ceux qui l'entoureront. ». N'est-ce pas ce que tu as fait avec ton groupe ? Tu le fais aussi avec Syl.

Mes yeux commençaient à s'humidifier.

 -Pourquoi le boulanger qui pétrit son pain ne se dit pas : le pain que je façonne nourrira quelqu'un et c'est ainsi que je rendrai le monde meilleur. Malheureusement, cette perception n'est pas partagé par la majorité.

Je voulais y répondre, mais je n'arrivais pas à prononcer le moindre son.

- Fitz, ce que je t'explique est l'essence même de la vie. Chacun devrait toujours y réfléchir, qu'importe ce que nous sommes, tous devrait en avoir conscience. 

Je ne pus empêcher les larmes de glisser sur mes joues froides. Cela faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ce point sur le cœur. Je venais sûrement de comprendre pourquoi ma mère avait tant fait pour moi, pourquoi tant d'hommes avaient mis leur vie entre mes mains. Syl se colla à moi, sentir sa présence me réconforta. Je me remis de mes émotions.

 - Je n'ai aucun but à servir et je refuse de remettre un pied dans ce pays.


 - Voyage, Fitz. C'est ce que fait tout homme dans ce monde en quête de lui-même.

Il ouvrit la porte. Accompagné de Syl, je suivis le ménestrel dehors. Cela faisait un moment que je n'avais pas foulé la terre de mes pas.

- En voyageant, tu trouveras de nouveaux compagnons, et peut-être que ceux-là te donneront un but, en plus de celui de Syl.


 - Des compagnons ? Cela sera compliqué. Ce monde regorge de pourritures, tout est laid et il n'y a qu'une petite portion d'hommes qui tentent de le rendre meilleur, lui répondis-je.

- Rien n'est vraiment compliqué, camarade. Crois-moi sur parole, il y a de la beauté partout, même dans la catastrophe. Il suffit de savoir l'y trouver.


Tous les gardes étaient endormis. Sir doré avait réussi, par je ne sais quel miracle, à verser du somnifère dans leur soupe. Curieux de le savoir, je lui demandais qui il était.

- Cette question restera un secret pour vous !

Le regard narquois, il me regardait du coin de l'œil. Pour enfin le coincer, je lui demandai :

- Un secret ? Là-dedans non plus je ne vois aucune beauté. Comment faire confiance à quelqu'un qui nous cache des choses ? lui dis-je, marchant à ses côtés tout en fixant le sol.

- Je te pardonne ton ignorance, pour cette fois. La beauté ? Elle réside dans le fait qu'il existe et existera toujours des secrets qui demeureront inconnus.

Il m'avait eu et le temps de méditer sur sa réponse, il avait disparu.
Je devais affronter la vérité. Avec le peu de fierté qu'il me reste, me l’avouer était tout un combat. Je ressortis grandi de cette expérience mais, malgré tout, j’avais encore du chemin à parcourir. Je le savais, au fond de mon subconscient, je sentais encore cet être me susurrant à l’oreille : « Abandonne, laisse-toi aller ! La vie ne vaut pas le coup, tes amis sont morts par ta faute. ». Redevenir cet homme-là me hanterait à vie. Il fallait maintenant que je me batte pour ne plus l’être. Le chemin sera ardu pour ne pas sombrer de nouveau...

Après avoir cherché le barde un peu partout autour de nous, Syl et moi avions préféré partir aussi loin que possible du camp. Nous avions rejoint le port le plus proche afin de fuir l'île, une fois de plus.


Dernière édition par FitzKaladin le Dim 4 Mar - 14:38, édité 11 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://jolly-roger.forumactif.com/t322-le-batard-tueur-de-roi En ligne

avatar
Membre de la Meute Ardente


☠ Messages : 69
☠ Âge du Personnage : Inconnu
☠ Berrys (x1000) : 11404
☠ Localisation RP : North blue
☠ Fruit du Démon : Kaitai Kaitai no mi
☠ Haki : Aucun
☠ Dorikis : 2088
Membre de la Meute Ardente

MessageSujet: Re: Le bâtard tueur-de-roi    Mer 31 Jan - 11:31

Fiche terminée, merci pour votre patience.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://jolly-roger.forumactif.com/t322-le-batard-tueur-de-roi En ligne

avatar
Capitaine des Fortune Hunters
• Sea Cowboy •


☠ Age : 23
☠ Messages : 1010
☠ Âge du Personnage : 26 ans
☠ Berrys (x1000) : 66720
☠ Localisation RP : Cap des Jumeaux
☠ Fruit du Démon : Aucun
☠ Haki : Armement (Avancé), Observation (Novice)
☠ Dorikis : 9093
Capitaine des Fortune Hunters • Sea Cowboy •

MessageSujet: Re: Le bâtard tueur-de-roi    Dim 11 Mar - 11:51




Validation


Salut Fitz ! Après toute cette attente, me voilà enfin pour la validation de cette fiche !

Qualité : 450/500


tout sentiments -> tout sentiment

sans qu'il ne puisse rien n'y faire -> sans qu’il ne puisse rien y faire (il y a déjà la marque de négation avec le « ne »)

Je pris ma tête dans mes mains sales et commença à me morfondre -> commençai

J’ai modifié le mur du lieu de mdétention et fuis -> et fui (le participe passé n’a pas de S)

cette perception n'est pas partagé -> partagée

tous devrait -> tout devrait, ou tous devraient Razz

Bon ! Un style très efficace, avec un vocabulaire riche et soigné ! Je remarque que tu as vraiment pris la peine de corriger tes anciennes fautes, et je te tire mon chapeau pour ça ! Bien joué ! Il reste quelques erreurs, mais rien de bien méchant.

Cohérence : 400/500


Une histoire bien ficelée et qui ne souffre pas d’erreur particulièrement flagrante. Je te reprocherai toutefois un point qui m’a un peu surpris, c’est la facilité avec laquelle tu parviens à maîtriser ton fruit pour affronter ton père. C’était quand même très abrupt, surtout que tu n’as pas réellement pris la peine de bien expliquer toi-même ce que tu penses de cette nouvelle malédiction.
J’aurais pu te reprocher l’aspect énigmatique du ménestrel, mais je pense que c’est l’effet que tu voulais donner, et j’ose espérer que tu sauras nous en dire plus. Surtout que c’était très bien fait, et que j’ai beaucoup aimé ta façon de le jouer.

Longueur : 200/250


Une longueur plus que conséquente, il faut l’avouer ! Si ta prez est vraiment complète, elle n’est toutefois pas parfaite, en raison de deux petites erreurs. La première concerne l’absence de véritable combat digne de ce nom, puisque tu te sers d’une ellipse au moment où on pouvait espérer te voir en action avec ton FDD. La seconde résulte de la longueur peut-être un peu trop importante de ton histoire.

Originalité : 400/500


Ah, cet assassin royal à la Hobb ! On sent l’inspiration, et je t’avoue être très surpris que tu aies si bien réussi à le gérer. Toutefois, ton histoire sonne très peu One Piece, je trouve, et peut-être un peu trop fantasy, avec un rapport à la mer pas vraiment exploité. L’autre gros souci concerne l’absence de véritable humour. One Piece est un manga qui laisse une très importante part à l’humour, et c’est assez dommage que tu n’aies pas voulu l’exploiter. Syl peut faire office de patte humoristique, donc je pense que ce serait intéressant que tu essayes de jouer là-dessus, en installant un contraste entre le sérieux de Fitz et sa légèreté.

Subjectivité : 250/250


C’est de façon globale une très bonne prez, excellente pour un débutant du rp ! Je t’avoue être très surpris par ce que tu nous as fait là, et j’espère que tu sauras continuer sur le même rythme en te lançant dans le bain !

Ton fruit t’est validé Very Happy Bon courage !

Note finale : 1700 Dorikis





#39A64F
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://jolly-roger.forumactif.com/t22-whatever-happens-happens



Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Le bâtard tueur-de-roi    

Revenir en haut Aller en bas
 
Le bâtard tueur-de-roi
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Tralïn- guerrier nomade grand tueur d'orque
» [Quête] Tueur psychopathe à Delirium City
» Nouvelle skin de Tueur Pro
» ALERTE ! VACCIN TUEUR OBLIGATOIRE !
» Il n'est jamais trop tard pour vivre ses rêves [ Étoile Brillante ].

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Jolly Roger :: Wanted :: Présentations :: Présentations validées-
Sauter vers: