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 Here's looking at you, kid. ► ft. Malik

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MessageSujet: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Ven 10 Nov - 18:15

Elle est arrivée comme un démon tombé du ciel. Ou comme un ange qui serait monté des enfers. Une femme magnifique, ses formes voluptueuses drapées de blanc et sa silhouette soulignée d'une ceinture rose. Sa démarche avait le don de faire tourner les têtes et son regard, vert clair, celui d’envoûter tous ceux qui le croisaient. Elle s’était avancée dans l’ambiance feutrée de la taverne, de la fumée qui offrait à la scène des airs de mystère. Un antre de plaisirs, là où le bruit des cartes à jouer se mêlait au tintement des verres et au flot de l’alcool. Sur son passage, les habitués cessaient leurs gestes pour se tourner vers elle, pour admirer le roulement de ses hanches et la splendeur de sa mâchoire relevée avec fierté. Tous la désiraient, sachant trop bien qu’elle était d’un tout autre calibre. Cette femme mystérieuse, symbole de féminité avec ses lèvres charnues, possédant une longue chevelure blonde lui conférant des airs purs et divins. De tous les bars de toutes les îles du monde, c’est dans celui-ci qu’elle était entrée. Terminant son avancée lascive, elle gagna finalement le bar, là où la belle prit place en croisant les jambes. Appuyant son menton dans la paume de sa main, l’inconnue esquissa un sourire coquin, charmeur, en direction du barman, avant de déposer des berries sur le comptoir. Et, finalement, tous retinrent leur souffle, attendant que la voix mielleuse de leur nouvelle muse ne s’élève.

« Que puis-je avoir à ce prix, joli garçon ? »

« Ehh ? Eh bah… Un verre d’eau p’t’être. Et encore, p’t’être juste de l’eau du port. »

« L’eau du…. ?! Allons, je suis certaine que vous avez mal compté. Et si vous regardiez un peu mieux ? Il y a bien… disons une vingtaine de berries là. »

« Azy dégage, ici on sert les gens qui payent, rien à foutre de ta tête. »

Je me renfrognai, jetant un regard empli de dédain à l’homme derrière le bar. Un vieil homme bedonnant, possédant un œil de verre qui louchait affreusement et portant une chemise souillée. Et encore, vu la gueule de l’autre œil, c’était à se demander si celui de verre n’était pas le plus droit des deux. Je récupérai ma monnaie d’un mouvement rapide, me retournant sur mon tabouret pour scruter la salle. J’avais faim, très faim, et mon ventre gargouillant n’était pas près de me laisser l’oublier. Je pourrais bien trouver quelqu’un d’assez désespéré pour me payer une consommation, quelque chose. Même si ce n’était qu’un bon de pain rassis, à ce stade, j’aurais bien dit oui. Malheureusement pour moi, strictement personne ne regardait en ma direction. Ils se fichaient tous de ma présence. Enfin, il faut dire que, mis à part un trio de petits vieux qui jouaient aux cartes, le bar était totalement vide. Seule la lumière de l’après-midi s’infiltrant par les fenêtres crasseuses était là pour me tenir compagnie. Cet établissement était miteux de chez miteux. Tu parles d’un endroit pour se donner rendez-vous. Je savais bien que nous y serions tranquilles, mais tout de même. Je commençais à regretter ce choix. Moi et mon partenaire d’affaire aurions pu nous réunir n’importe où ailleurs, au fond. Enfin, un peu tard pour les regrets.

« J’attends quelqu’un. Il devrait arriver sous peu. »

« Dix minutes ou dehors. J’prends pas les chats errants, c’est un honnête buz’ness ici. »

Bien sûr, honnête. Sur une île de pirates c’était difficile d’être tout à fait dans la légalité. Enfin, même des voyous de grande mer devaient avoir trop d’honneur pour venir trinquer ici. Je fis néanmoins un signe de la tête au patron, pour lui signifier qu’il n’avait pas à s’inquiéter. Je n’avais qu’une seule parole, bien qu’en ce cas-ci les résultats ne dépendaient pas de moi, mais bien de Malik. En parlant du loup, pourquoi n’était-il toujours pas arrivé ? Nerveuse, je commençais à taper du pied, grattant ma lèvre inférieure du bout de l’ongle. Pourvu que rien de malencontreux ne lui sois arrivé. Pas que je m’inquiétais, voyons. Bon d’accord, si, j’avoue. Mais il faut me comprendre : j’étais affamée et étais plus qu’impatiente de me faire payer à manger. Si la situation financière n’était pas reluisante de mon côté, au vu de nos derniers contrats lui devrait toujours avoir de quoi me nourrir. Parce que oui, en tant que partenaire d’affaires, il était de sa responsabilité d’assurer ma subsistance. Bon, la vérité c’est que je suis fichtrement malcommode lorsque j’ai faim et qu’il est dans son intérêt de ne pas avoir à m’endurer dans cet état, mais, là encore, c’est une autre histoire.


Dernière édition par Saoirse Balfour le Ven 17 Nov - 1:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Sam 11 Nov - 18:34

    Je courais vers le lieu du rendez-vous, en retard comme d'habitude. J'avais passé un long moment à réfléchir au sens de la vie, à pourquoi les Hommes s'entretuaient, à la raison des guerres. Le starter-pack des excuses que je vais sortir à Sao, pour éviter de me faire congeler sur place. En vérité, nous avions décidé de faire une petite halte par Toroa un peu malgré nous, dans la mesure où nous nous sommes retrouvés rapidement à court de liquidités. Apparemment, ma belle associée s'était mise en tête de se remettre au travail et, forcément, dans un binôme il faut toujours que les deux aillent au charbon. Ce ne serait pas marrant, sinon.

    Cinq mille berries, c'était tout ce qui nous restait depuis le dernier contrat. Ouais, c'était un peu chaud, et je comprenais ses inquiétudes. Étant du genre plus détendu qu'elle, je me retrouvais aussi, parfois, à dépendre d'elle notamment pour ses qualités de gestionnaire. Elle se montrait plus sérieuse que moi à ce niveau, gérant mieux l'argent, l'itinéraire et les ressources dont nous disposions. Si en général, cela me laissait indifférent ou me tapait sur les nerfs lorsqu'elle me reprenait sur ma façon de faire, il fallait admettre que son rôle dans le duo était vital.

    Secouant la tête pour me replonger dans la réalité, je vis sur ma route une mendiante qui faisait la manche, demandant aux passants ou aux commerces sur sa route de lui céder un peu d'argent. Habillée en guenilles, la voir de face me fit un choc. Elle devait avoir la vingtaine, avec des yeux verts sublimes, brillants comme des étoiles dans un ciel obscur. Les cheveux, blonds comme l'or, dépassaient par mèches de sous son turban. Elle se cachait la moitié du visage, qui ne semblait pas très propre. Ses conditions de vie devaient être affreuses, et la réaction des passants encore plus. S'ils ne voulaient pas donner, c'était leur choix mais les voir la narguer, lui proposer des choses obscènes et certains même osaient la maltraiter. Je m'avançais vers elle, la main dans ma poche, ignorant le regard pesant de ceux qui la moquaient. Avec un sourire, je lui demandais :

    « Vous venez d'où, mademoiselle ? »

    Elle resta là, un moment interloquée, à me regarder sans mot dire. Ses yeux verts s'ouvrirent encore plus, exprimant un mélange de surprise et de réflexion. Elle devait probablement se dire que j'étais un de ces maquereaux qui recrutaient les pauvres filles qui n'avaient pas d'autre choix que de se vendre. Je n'avais aucune raison de lui faire du mal, c'est simplement que sa situation m'attristait et que, parce que j'ai côtoyé des riches qui n'en faisaient qu'à leur tête, je refusais de voir des gens qui subissaient de tels sévices.

    « Suivez-moi, nous allons manger un peu. N'avez-vous pas faim ? » fis-je, quelque peu insistant.

    Dans ses yeux maintenant, il y avait une forme de capitulation. Son ventre gargouillait suffisamment pour que cela me motive davantage dans ma résolution. Elle, plus gênée, baissa les pupilles. Une légère rougeur teignant ses joues me disait qu'elle avait faim. Son égo devait très certainement en prendre un coup, déjà qu'elle se forçait à supplier la générosité des gens pour subsister. Je savais bien que j'en rajoutais une couche en répétant que je voulais l'aider, mais voir quelqu'un d'innocent ainsi maltraité me laissait un goût amer en bouche.

    Elle s'installa en face de moi, daignant dévoiler son magnifique visage juvénile, elle me laissa pantois devant tant de beauté. Sentant mon regard appuyé sur elle, elle détourna les yeux, à nouveau incommodée par moi. Je me grattais les cheveux, souriant, en accompagnant ce geste de plates excuses. Je ne commandais que pour elle, me gardant une partie de l'argent que j'avais pour Saoirse. J'allais encore prendre du retard mais bon, je saurais m'en sortir. Je l'espérais, en tout cas.

    Elle mangea en larmoyant, me laissant lui jeter des coups d'yeux de pitié. Sans doute n'avait-elle rien eu dans l'estomac depuis des jours. Son apparence maigre, dissimulée tant bien que mal sous des vêtements beaucoup trop amples pour la saison, parlait pour elle. J'étais là, à l'observer patiemment en train de dévorer son repas, réfléchissant à comment je pourrais tirer une information utile d'elle. Elle me vit, songeur, et décida d'elle-même de briser le silence pesant, quelques fois interrompu par des bruits de mastication :

    « Vous comptez me vendre comme esclave, ou m'utiliser dans votre business ? » lança-t-elle, comme si elle avait l'habitude de poser ce genre de questions.

    C'était à moi d'être étonné, éprouvant une sincère empathie pour la jeune femme. D'un geste de la main, je réfutais toutes ses angoisses, toutes ses appréhensions. Je ne lui avouais rien de mon affiliation - ne sait-on jamais sur qui on tombe - mais je lui payais le repas. En sortant, elle exprima sa gratitude en me demandant, une nouvelle fois, ce que je comptais faire d'elle :

    « Rien, strictement rien. Dans certains coins comme celui-là, où les gens sont partagés entre être des connards et être des pourris, les gens comme vous constituent les dommages collatéraux. Et pour être franc, cela m'exaspère ... » répondis-je, avec une expression quelque peu amère.
    « Dommages collatéraux ? » me toisa-t-elle de son regard interrogatif, comme si j'avais sorti un mot inexistant.

    D'un coup, je sentis derrière moi une présence, bientôt plusieurs. Trois gars, armés de fusils, me pointèrent avec un air pas très amical. Je me retournais, les mains levées, essayant de réfléchir rapidement à une option pour m'en sortir. Évidemment, pas la peine d'être un génie pour comprendre que j'étais tombé dans un guet-apens. C'était, encore une fois, dû à mon empathie pour ceux que je considérais comme nécessiteux. C'est dans des moments comme ça où je regrette les engueulades de Sao, qui sont des épreuves moins pénibles et qui demandent moins d'efforts.

    « Tu nous files ton argent et tu décarres, ou tu résistes et tu finis à la mare. » ajouta la jeune femme de tantôt, s'étant entre temps découvert des talents de poète. Il n'empêche que, la mare aux canards, pour un oiseau mythique, c'était bien trouvé. Hasard ou réalité scientifique, seul l'avenir nous le dira.

    Celle-ci me braquait également, sous sa tenue sale se dissimulait un pistolet avec lequel elle me menaçait. Dans ce genre de scènes, je préférais encore la jouer diplomate. On dit qu'une parole sucrée vaut mille actes amers, alors autant tenter le coup :

    « J'peux payer en crédit, s'il vous plait ? » fis-je, taquin.

    Ma blague ne semblait pas être du goût de tout le monde, au son des armes qui se verrouillaient sur moi. Je ne pouvais pas me battre et il serait risqué de provoquer un combat dans ce genre de lieux. Ameuter des gens est devenu tellement facile en ces temps de conflits ...

    ~ ~ ~ o ~ ~ ~

    J'arrivais enfin à la taverne, où je vis une Saoirse apparemment impatiente m'y attendre. Je m'installais à côté d'elle, devant le comptoir. J'étais essoufflé d'avoir autant couru, et m'excusais du retard avant de lancer, prévoyant une châsse magistrale :

    « Eh Saosao, tu veux m'offrir le repas s'il te plait ? J'ai la dalle et genre, j'ai aucun rond. Ne t'inquiètes pas, je te rembourserai sitôt que je serais refait. Promis. » demandai-je, bien que je me doutais un peu de la réponse de la belle reine des glaces.
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Sam 11 Nov - 19:40

J’en étais à taper nerveusement le bois du comptoir de mes ongles. Le regard vitreux du tenancier se tournait parfois vers moi avec un air de reproches. C’est bon, pas la peine d’en rajouter, j’étais déjà assez mal à l’aise comme ça d’avoir dû essayer de faire la belle pour un morceau de pain. Et surtout d’avoir échoué, soyons honnêtes. Je le soupçonnais de se préparer à me dire d’aller chercher des clients ailleurs, quitte à pousser l’humiliation au maximum. Oui, vous avez bel et bien compris le sous-entendu. Sous le coup de la nervosité, ma mâchoire se faisait de plus en plus tendue et je me sentais me refroidir doucement de quelques degrés. Ça me détend, c’est tout. Enfin, d’accord, ça ne fonctionnait pas très bien dans l’instant, mais ne vous a-t-on jamais dit que c’est l’intention qui compte ? Toujours est-il que ma patience avait ses limites, très claires et définies, rendues plus fragiles encore par les gargouillements de mon estomac. Sans doute aurais-je sauté de mon siège lorsque j’entendis la porte s’ouvrir dans mon dos si je n’avais été point concernée par mon amour des mises en scènes. Je devais demeurer composée, calme. Une femme de ma stature ne sautait pas de son siège dès que son partenaire d’affaire faisait irruption. Ce n’était pas l’envie qui manquait pourtant.

Malik prit finalement place au tabouret adjacent, cherchant visiblement son souffle. Concernée par son état, j’haussai un sourcil et le détaillai rapidement. Mis à part son torse qui se soulevait à un rythme rapide jusqu’à graduellement se calmer, rien ne semblait sortir de l’ordinaire. La même chevelure sombre qui se retroussait légèrement au niveau des oreilles, les mêmes parures voyantes qui savaient parfois attirer l’attention des mauvaises personnes. Dit la fille portant une très courte robe blanche, je sais. Quoi qu’il en soit, rien d’autre ne sortait de l’ordinaire et j’estimai donc que rien de grave n’avait dû se produire sur son chemin : il était simplement en retard, comme d’habitude. Si je n’appréciais pas autant sa compagnie, le jeune homme aurait été un vrai fardeau, autant l’avouer. Insouciant, retardataire, ne s’encombrant d’aucune routine ou d’aucun plans préétablis. Tout mon contraire, au fond. Mais peut-être était-ce de cela que j’avais besoin, pour équilibrer mon propre côté maniaque ? C’est ce dont j’allais devoir me convaincre après qu’il ait ouvert la bouche.

« Comment ça aucun rond ? Ça veut dire quoi, ça ? »

« Qu’vouz allez manger ai-- »

« La ferme, le vieux. »

Lui répondis-je d’une voix, faute de meilleur qualificatif, froide. Qu’est-ce que j’en avais à faire de ses états d’âme. De toute façon, vu comment ses yeux partaient dans tous les sens, il n’aurait même pas à tourner la tête pour faire comme si nous n’étions pas là. Retournant mon attention vers mon binôme, mon regard bleuté le dévisagea sans retenue pendant que l’un de mes sourcils tiquait avec exaspération.

« Qu’as-tu fait des berries de notre dernier contrat ? Qu’est-ce qui pouvait bien représenter un meilleur investissement que de la nourriture ? Tu as intérêt à avoir une bonne explication sinon… »

Sinon quoi ? J’allais lui faire sa fête ? J’allais l’abandonner dans une ruelle et continuer mon bonhomme de chemin en solitaire ? Quand bien même l’envie était parfois forte, ne serait-ce que pour pouvoir tout gérer moi-même et ne plus jamais avoir à faire face à ce genre d’imprévus, je savais trop bien que je ne ferais jamais rien de tout cela. Mine de rien, j’avais beau être en colère, la compagnie de Malik avait quelque chose de rassurant dont je ne saurais me départir. Peut-être était-ce le fait de ne pas être toute seule, de pouvoir dépendre de quelqu’un d’autre. La présence d’un camarade à qui partager mes pensées les plus saugrenues était quelque chose d’extrêmement précieux, surtout que l’artiste martial commençait à me connaître. Il savait anticiper certaines de mes réactions, entendre les commentaires silencieux que je pouvais me faire et, surtout, ne pas me juger lorsque je me faisais des films ridicules. Si j’avais été un peu plus brave, peut-être aurais-je pu ajouter la chaleur humaine à toutes les choses qu’il m’apportait, mais cela aurait été fort prématuré dans les circonstances. Pour l’instant, tout ce qui importait était qu’il sache que j’étais énervée, qu’il avait merdé, qu’il n’avait pas le droit de me demander où mes berries à moi étaient passés et que nous devions trouver une solution au plus vite. Un nouveau grondement de mon ventre vint ponctuer ma phrase, informant l’assemblée d’une vérité immuable : j’avais faim. Très faim.


Dernière édition par Saoirse Balfour le Ven 17 Nov - 1:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Dim 12 Nov - 18:50

    À voir la froideur avec laquelle Saoirse a remballé le vieux, je me préparais au pire. Aïe ! Je savais pertinemment qu'il ne fallait pas que je m'implique dans ces histoires d'argent avec elle. Pas qu'elle soit particulièrement proche de ses sous, mais son organisation financière relevait du plan de bataille militaire. Tout était en permanence calculé pour convenir à nos besoins et si j'avais envie d'une petite folie, je devais soit la supplier, soit me résigner à l'avoir une autre fois. En soi, j'admettais ouvertement qu'elle faisait une meilleure leader que moi, c'était pour cela que je me laissais aller à ses commentaires et à ses directives. J'avais confiance dans ce qui composait l'essence même de cette femme : Le pragmatisme. Elle n'était pas que belle, aux courbes évidemment remarquables et un air qui donnait envie de l'aborder. Elle savait également se montrer responsable et prendre soin de nous, même si ses raisonnements m'échappaient. Elle était certainement très intelligente, probablement plus que moi d'ailleurs, et se battait de façon élégante. Je l'avais déjà vue gérer quelques criminels, certes sans importance, avec une grande facilité. Je la pensais comme moi, immortelle, parce qu'elle pourrait peut-être se conserver dans la glace, et invulnérable, car rien ne la touchait. Aussi bien physiquement qu'émotionnellement, d'ailleurs.

    En effet, les rares émotions que je voyais ma compagne exprimer, étaient principalement l'impatience quand je faisais des bêtises et une neutralité désarmante. Elle était constamment dans son monde, toujours en train de réfléchir, de prévoir. Il n'y avait pas que notre itinéraire que son talent de navigatrice arrivait à tracer, mais aussi nos cibles éventuelles : Aujourd'hui, n'ayant pas grand chose à nous mettre sous la dent, c'est tout naturellement que la dame de glace s'en retrouvait frustrée. Les liquidités se faisant rares, il était simple de déceler l'agacement dans sa façon d'être ou de parler. Moi-même je m'en retrouvais irrité, mais pas pour les mêmes raisons.

    Je devais néanmoins m'expliquer quant à l'absence de l'argent que je devais ramener. Nos dernières économies s'étaient envolées parce que je m'étais fait avoir comme un (oiseau) bleu. J'étais légèrement gêné et je ne voulais pas envenimer la situation, bien qu'au fil des secondes il apparut nécessaire de parler. Le silence ne la rendrait que plus furieuse, plus explosive :

    « Euh, héhé, hé, hé. Si je te dis la vérité, tu promets de ne pas te mettre en colère, hein ? » lançais-je, les deux mains levées devant elle comme pour me protéger de son courroux.

    Son regard glacial se figeait sur moi, me sommant de donner plus d'explications. Faisant une grimace de peur, je réfléchissais rapidement à la tournure de mes phrases. Dans ces états-là, je la savais bien capable de me le faire payer très cher. J'avais pas envie de me battre contre elle dans cet endroit, surtout que nous ne semblions pas être en odeur de sainteté. Par deux fois depuis mon arrivée, le vieux tavernier nous faisait la gueule, comme pour nous montrer qu'on était indésirables :

    « En fait, j'ai essayé de venir à l'heure, mais vraiment. Seulement voilà, je me suis fait intercepter par des bandits de grand chemin qui m'ont pris pour cible. Et tu me connais, j'aime pas me battre en ville alors ils m'ont délesté de mon argent, de ces fameux cinq mille berries ... Mais je te le jure, je les ai maudits sur cent générations. Ah ça, ils ne l'ont pas manqué, ces salauds ! » mimais-je l'homme outré, pour essayer de masquer mon indisposition à avouer mon échec.

    Sans plus attendre sa réaction, ou plutôt arrivés comme une délivrance, de nouveaux clients firent leur irruption dans la taverne un peu vide. L’œil du propriétaire s'alluma. Il fallait le comprendre, depuis un moment déjà des gens - je ne nous cite pas, même si ça fait mauvaise foi - squattaient son boui-boui de seconde zone pour rien. Nous n'avions pas les moyens de commander quoi que ce soit et nous faisions traîner notre renvoi de l'établissement. Décidant que nous n'en valions plus la peine, il se précipita vers leur table pour connaître leur commande. C'est une voix féminine, étrangement familière, qui me fit retourner pour observer la conversation :

    « Vot' meilleur rhum ! Et de la viande, mes hommes ont faim ! Bwéhéhé ! » fit la jeune femme, au ton bien moins doux que lorsqu'elle m'adressait la parole tantôt.

    Je fus figé, en un instant, suite à cette écoute d'infortune. Les trois gaillards qui, toute à l'heure, m'avaient dérobé l'argent et leur cheffe, la jolie blonde que j'avais prise pour une clocharde s'étaient attablés et riaient de ma mésaventure. Je ne tirais pas spécialement de déception pour moi-même, ne les considérant pas comme des adversaires potables à affronter, mais j'étais plus touché par ce que pourrait éprouver Saoirse à mon égard. J'avais, en effet, peur qu'elle doute de mes capacités à être un bon binôme et qu'elle se décide à faire son aventure avec quelqu'un d'autre. Résolu néanmoins à jouer franc jeu avec elle, j'approchais ma  tête de la sienne, sans la surprendre, et l'informais à basse voix :

    « Psst, Saosao ! Il s'agit des voleurs qui m'ont détroussé toute à l'heure. Si tu veux mon avis, un repli stratégique s'impose, sinon on risque encore de se faire chiper des trucs. Et très franchement, à part mon slip propre, je n'ai plus aucun bien de valeur. » fis-je, pensant que cela allait régler la situation.

    J'observais une dernière fois les quatre escrocs, ceux-ci attendant à leur tour que le patron se bouge pour les servir. La femme paraissait être leur leader, et leur parlait avec une certaine familiarité, parfois vulgarité. C'était un peu le contraire de Saosao, même si celle-ci montrait les crocs assez souvent avec moi. Je poussais un soupir, me détendant sur le comptoir, et me disant que plus les femmes étaient belles, plus elles étaient invivables !
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Dim 12 Nov - 22:21

Il crevait les yeux que Malik avait quelque chose à se reprocher et que, vu son attitude, j’aurais des raisons de le réprimander. Qu’avait-il donc encore fait ? Les mains levées, il me suppliait presque de ne pas me fâcher. Ce n’était pas gagné, autant le dire, et cette impression croissante de devoir m’occuper de lui comme d’un enfant n’était pas pour arranger les choses. À ce rythme je ne pourrais jamais le prendre au sérieux, mais qu’importe. Je voulais la vérité avant toutes choses et mon regard s’affina donc. J’aurais pu tenter de le mettre en confiance, lui assurer que je ne m’emporterais pas, mais je savais que ce serait possiblement mentir. Je choisis donc de plutôt garder le silence et de le presser de mes iris glacés. Son visage se tortilla en réponse à mon air, me faisant tiquer d’un sourcil avec ennui. Pas la peine d’en faire toute une histoire, j’avais posé une question et j’attendais une réponse, tout simplement. Lorsque cette dernière arriva enfin, je l’écoutai attentivement. Ainsi il avait été intercepté par des bandits ? Je pressentais le pire. Peu désireux de se battre en ville, avec raison vu son style… flamboyant, Malik s’était donc contenté de leur céder ses berries. Désireux de se rattraper, probablement pour alléger sa sentence, le jeune homme insistait sur le fait qu’il les avait maudits pour les cent prochaines générations. Ironique, venant d’un maudit. Détournant le regard, je poussai un soupir ennuyé, ne lui portant déjà plus attention. J’avais des choses plus importantes auxquelles penser suite à cet imprévu.

« C’est bon, tu peux arrêter. »

Nous étions donc coincés sur une île pleine de pirates qui, pour notre plus grand malheur, ne valaient pas un sou. Pire, même s’ils avaient été primés, nous serions dans l’impossibilité de contacter la marine pour toucher notre prime, vu que Toroa n’était pas très fréquentée par ceux-ci. Sans moyen de transport efficace pour quitter cette île pour aller nous refaire ailleurs, la situation n’était pas reluisante. Bientôt, nous n’aurions plus d’autres choix que de sombrer dans l’illégalité pour nous nourrir et répondre à nos besoins primaires. Coudes appuyés au bar, j’avais uni mes mains devant ma bouche, réfléchissant alors que mon index se pressait contre mes lèvres. Nous pourrions toujours revendre les bijoux de Malik, mais là encore ce n’était pas une solution viable. Ce serait suffisant pour manger, mais sur le long terme ces objets avaient pour lui une valeur bien supérieure à ce que nous pourrions toucher en berries. Une transaction de ce genre ne serait donc pas envisageable et encore moins rentable. Mendier ? Ce serait ridicule, pour des individus tels que nous, de nous abaisser à pareil niveau. La logique voulait que nous usions plutôt de nos pouvoirs surnaturels pour nous approprier les richesses d’autrui, mais une part de moi ne pouvait que s’y refuser. Mon dernier vol s’était soldé de façon fort dramatique et je n’avais guère envie de revivre l’expérience, sans compter que ce n’était pas moralement acceptable. J’étais trop fière pour tomber si bas.

Bien enfouie dans mes pensées et dans l’évaluation de nos options, je ne portai guère attention à la porte qui s’ouvrait dans mon dos, loin de me douter du lien entre cette entrée et les événements du jour. J’étais déjà tournée vers l’avenir, vers la résolution de nos problèmes. J’étais toujours aussi affamée et mon esprit tournait donc au ralenti, ce qui n’était pas pour m’aider. J’avais l’impression que certaines de mes réflexions tournaient à vide, ce qui s’avérait d’autant plus frustrant. Je devais ordonner les choses selon un ordre des priorités. Dans l’immédiat, nous avions besoin de manger et de trouver un endroit où nous abriter, en sécurité. Nous étions théoriquement capables de nous défendre contre tous ces pirates lambda et de prendre par la force tout ce que nous voulions, mais ça n’aurait pas été sage et bien trop temporaire pour constituer une solution viable. Plus simplement, nous aurions aussi pu entrer dans un établissement, commander, manger et repartir sans payer, mais cela non plus ne me paraissant pas viable. Enfin, ce serait sans doute bientôt la meilleure option, mais je m’évertuais à en trouver d’autres, aveugle à ce qui se tramait à une table non loin. C’est Malik qui, se rapprochant de moi, me glissa la réponse à l’oreille.

Selon ses dires, les nouveaux arrivants étaient justement ceux qui avaient détroussé mon camarade. N’arrêtant toutefois pas là sa petite présentation, il ajouta que nous ferions mieux de nous en aller, sans quoi ils risquaient de récidiver. Une fois de plus, je laissai simplement l’un de mes sourcils se relever pour exprimer mon scepticisme. Je fus dégoûtée par son commentaire, sur ses… slips, et ne me retint pas d’y répondre alors que je me retournais sur mon tabouret, curieuse de découvrir la tête de ces fameux bandits.

« De quoi as-tu peur, alors, si tu n’as plus rien à te faire voler ? »

Une fois orientée dans l’autre direction, c’est naturellement que mes coudes retrouvèrent leur chemin vers le bar pour s’y appuyer pendant que mes jambes se croisaient. Voilà donc les coupables. Quatre individus, trois hommes et une femme. Cette dernière semblait être à la tête du quatuor, telle qu’en témoignait son attitude. Elle était aussi la plus sale du groupe, ses vêtements misérables lui donnant des airs de pauvre fille, si l’on oubliait ses manières confiantes et sa voix forte. Je comprenais mieux la situation et, surtout, comment mon binôme avait pu se faire avoir. C’était le côté sombre de la gentillesse, malheureusement, mais c’était aussi ce qui me poussait à adoucir ma vision et à considérer son faux pas autrement. Il avait voulu faire la bonne chose et, ça, pour moi, suffisait à excuser le résultat. Malik était mieux que ces gens-là et avait voulu venir en aide à son prochain. Le connaissant, sans doute l’avait-il fait sans arrières pensées, juste parce que quelqu’un en avait besoin devant lui. Cette pureté était quelque chose qui lui était très unique et dont les résultats pouvaient être aussi salvateurs que destructeurs. Mais qu’importe, là n’étais pas la question du jour.

Le petit groupe venait de commander à manger, fort possiblement à nos frais. Quelles options s’offraient donc à nous ? Partir et les laisser profiter en toute impunité comme le proposait Malik ? Si, en temps normal, j’aurais pu voir une certaine vertu à choisir cette route, les autres voies que j’avais déjà étudiées me poussaient à rejeter celle-là. Nous avions besoin d’argent, de cet argent que nous avions gagné, sans quoi nous allions devoir recourir à des méthodes sombres pour nous nourrir et nous loger. À ce stade, si quelqu’un devait subir un larcin orchestré par notre duo, autant cibler des gens qui le méritaient amplement. En ce sens, nous ne trouverions pas meilleure cible. Maintenant, comment nous débrouiller ? Les attaquer directement pour les voler ne ferait que causer la panique et nous attirer une attention qui n’était guère la bienvenue. Se faire remarquer en tant que chasseurs de prime sur une île pleine de pirates, mauvaise idée. Notre meilleur choix était encore l’intimidation. C’est ce qui présentait le moins de risques et qui, à long terme, nous profiterais le plus. Suffisait de savoir s’y prendre.

Esquissant un sourire confiant, je quittai mon siège sans même prendre la peine d’informer Malik de mes intentions. Valait mieux le garder dans le noir, il serait ainsi effrayé par les idées que je pourrais bien avoir qui lui demeuraient inconnues et cela ne pourrait que jouer en ma faveur. Sur mon chemin, j’attrapai le dossier d’une chaise à une table adjacente et la tirai avec moi. Sans attendre l’autorisation de qui que ce soit, je m’installai parmi le groupe, à leur table, m’attirant du même coup quatre regards aussi surpris qu’énervés. Je faisais déjà mon petit effet, parfait.

« T’es qui toi ? Dégage de notre table ! Plus vite que ça ! »

« Patronne… »

« Quoi ?! Mais qu’est-ce qui fiche ici l’autre là ! »

Ça, c’était mon signal. J’expirai, laissant malgré moi m’échapper une mince fumée blanche qui glissa entre mes lèvres. Ma température avait commencé à descendre, juste au cas, et mon corps avait subtilement commencé à se couvrir de givre sous la table. Si l’un d’entre eux voulait s’essayer à me faire quitter mon siège, il avait intérêt à porter des gants. Pourvu que Malik entre dans le jeu, quoi que malgré lui, et que sa réaction serve à leur faire comprendre que je n’étais pas quelqu’un à prendre à la légère.

« L’autre, là, travaille pour moi. Ce que vous avez volé c’est mon argent, ma table et mon repas. Je vous conseille de me céder les trois et de partir sans faire d’histoires, sans quoi vous pourriez sérieusement le regretter. Simple conseil d’ami. »


Dernière édition par Saoirse Balfour le Ven 17 Nov - 1:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Lun 13 Nov - 17:03

    Si la réaction de Saoirse à ma mésaventure ne se manifestait pas sous la forme d'une gueulante ou d'une ère glacière, il était cependant évident que celle-ci éprouvait un énervement certain après ce qui s'était produit. Je ne le montrais pas, ou du moins pas trop, mais j'éprouvais une forme de tristesse pour elle. Personnellement, ça ne me dérangeait pas de prendre sur moi quelques temps et, au pire, je saurais me débrouiller en allant prendre la nourriture pour la payer plus tard. J'avais beau protéger ceux que j'estimais être les plus nécessiteux, lorsque j'en devenais un moi-même, la survie passait avant tout. La belle, elle, partageait une autre vision des choses. Malgré son travail de chasseuse de primes, elle se gardait une certaine éthique et suivait une ligne de conduite plutôt honorable. Nous faisions face à des truands et des criminels en tout genre, mais elle refusait cette bassesse d'agir comme eux ou s'abaisser à leurs façons de faire. Contrairement à moi qui pratiquais ce "métier" pour rencontrer des gens forts et les affronter, afin de devenir encore plus puissant, ses motivations à elle restaient encore troubles. De ces trois mois passés ensemble à travailler, depuis notre première rencontre, elle devait très certainement m'avoir plus finement analysé que l'inverse.

    Je la savais, cependant, capable de violence lorsque la situation l'exigeait. Elle n'était pas folle et refusait les combats inutiles. Elle n'aimait pas ceux qui provoquaient inutilement et qui cherchaient les embrouilles, me réprimandant lors des rares fois où je le faisais. En réalité, je n'avais pas cette prétention de me montrer supérieur à quiconque mais, pour stimuler l'esprit combatif, je faisais le beau. Et ça, Saoirse le détestait. Alors quand je la voyais se rapprocher des brigands, je ne m'en souciais pas. Je la connaissais responsable et mature, préférant employer le dialogue pour mener une situation à bien plutôt que la force.

    Sa remarque sarcastique sur la peur de me faire voler plus de biens me laissa exprimer un sourire gêné. Bien sûr, nous aurions pu vendre ma parure ou je ne sais quoi d'autre ... Je pensais le lui proposer, comme pour me faire pardonner. Ces bijoux venaient d'Alabasta, de ceux que j'avais côtoyés, qui avaient causé mon départ précipité de ma ville natale. Je n'y étais attaché que parce qu'ils représentaient une partie de mon passé, car je me disais que peu de choses allaient rester encore de tout ce que j'ai vu et connu. Devenu immortel grâce à mon fruit du démon, coincé dans ce physique éternellement jeune, j'avais conscience que la moindre relique que je pouvais conserver auprès de moi me serait très chère. À la pensée de lui proposer une revente de mon or, je mis ma main instinctivement sur mes richesses personnelles, comme si mon corps avait décidé de rejeter l'idée et ma bouche de n'émettre aucun son.

    Elle resta inexpressive en regardant les nouveaux arrivants, probablement dans sa tête en train d'élaborer mille et un plans. Je trouvais que pour une stratège, elle se défendait très bien mais cela pouvait lui nuire en combat, mais aussi dans la vie de tous les jours. Saoirse remettait toujours tout en cause, refusant de croire que quelque chose était acquis sans qu'elle ne fasse aucun effort. Je ne jugerais pas sa façon de faire, n'étant pas meilleur qu'elle, mais je me tenais toujours prêt à l'aider et lui apporter mon soutien en toutes circonstances. C'est d'ailleurs assez paradoxal que deux êtres si opposés aient réussi à tenir ces trois longs mois de travail en duo, nous qui nous étions rencontrés de façon totalement fortuite ... Mais ça, c'est une autre histoire.

    Me prenant à rêver comme elle, je fus néanmoins rapidement tiré de mes songes par son mouvement en avant. Gracieuse, elle faisait des pas déterminés mais l'on pouvait sentir une certaine inaccessibilité émanant d'elle. Beaucoup d'hommes que nous avions croisés exprimaient un fort intérêt envers Saoirse, du fait de sa beauté et de ses atouts féminins évidents. Je ne niais pas tout cela, mais il y avait quelque chose en elle, quelque chose de plus important encore qu'une apparence de beauté divine. Je ne marquais jamais de réactions quant aux remarques des autres, et je pense qu'elle aussi s'en fiche éperdument. Nous nous côtoyions depuis longtemps et il m'était devenu habituel de constater ces petits plus qui la rendaient réellement unique.

    Saoirse se présenta aux voleurs, non sans laisser un petit effet de ses pouvoirs. Mon corps réagissait instantanément à la baisse de température provoquée par ses capacités, me laissant me frotter les bras et claquer des dents. J'étais frileux et quand la belle Balfour se laissait aller à des attaques glaciales, je me retrouvais toujours incommodé. J'observais le reste des évènements après avoir commandé en express un thé brûlant au tavernier. Je savais bien, maintenant que « Saosao » était entrée en scène, que tout allait s'arranger.

    « Mouais, travailler pour elle ... » grommelais-je entre deux claquements de dents. Et ce thé qui tarde à arriver, franchement c'était gênant.

    Apparemment, ils m'avaient reconnus. Surpris, ils me regardaient avec de grands yeux tandis que je leur faisais un petit coucou amical. Je n'étais pas particulièrement content de les revoir parce qu'ils avaient retourné Saoirse contre moi mais je ne pouvais décemment pas leur tomber dessus comme ça. Le lieu n'était pas indiqué pour une baston générale et, de plus, je ne les considérais pas assez puissants pour me mesurer à eux. Je n'aurais rien à en tirer et cela pourrait nous causer un tort inutile.

    « Eh salut vous autres ! Alors, du neuf depuis toute à l'heure ? On a bien rigolé hein ? » fis-je, avec un sourire moindre à cause du froid.

    En effet, je me rappelais de ce qui s'était produit alors que je les fixais. Je leur avais cédé l'argent, avais encaissé quelques insultes et j'étais venu courir vers la taverne car j'étais déjà vraiment en retard. Ce n'était pas folichon, mais je n'avais pas menti à Saoirse. Ainsi, la jeune femme aurait le loisir de gérer la situation à sa guise avec toutes les informations de son côté.

    Je finis par me lever vers eux, adoptant une posture assurée bien qu'encore tremblant à cause du froid. Je les regardais tous, un à un, avant de m'attarder sur les yeux émeraude de leur patronne pour leur parler :

    « Je ne me suis pas battu avec vous tout à l'heure parce que vous n'en valez pas trop la peine. Cela aurait causé du souci aux honnêtes gens et je m'en serais voulu pour ça. La jeune femme ici présente, quant à elle, réclame son argent. Ce serait sympa de votre part si vous le lui donniez, merci ! » lançai-je, avec un ton plus amical encore.

    Deux des trois hommes qui l'accompagnaient se levaient. Le visage rouge de colère, ils semblaient avoir mal pris ma phrase et considéraient que je les provoquais. Ce n'était absolument pas mon intention, j'avais juste demandé à ce que notre bien nous soit restitué, ce qui était tout à fait censé. Ils commencèrent à s'approcher de moi, l'air furieux, alors que je mettais mes deux mains devant moi pour leur signifier que je ne cherchais pas les embrouilles, et que je préférais que tout cela se finisse bien.

    « Pas la peine de vous énerver, voyons ! Je voulais pas vous mettre en colère, c'est juste que nous avons faim aussi. Ou peut-être pourrions-nous partager le repas ? Un repas en groupe, c'est forcément plus joyeux, non ? » dis-je tranquillement mais toujours dans l'optique de calmer les esprits.
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Ven 17 Nov - 4:04

Tout se passait bien jusqu’à présent. Sous la table, environ jusqu’aux genoux, mes jambes s’étaient recouvertes d’une fine couche de glace dont il émanait assez de fraîcheur pour faire frissonner mes interlocuteurs. Ceux-ci ne pouvaient se douter d’où cette variation en température venait et, vu leurs préoccupations plus importantes, ne prendraient probablement pas la peine de vérifier. Ils auraient simplement l’impression que mon arrivée les avait refroidis et causé en eux une impression de froid, variation parfois associée avec de la peur. Enfin, tel était le plan, mon plan. L’intimidation se joue dans les détails, vous savez, et j’ai toujours été perfectionniste. Néanmoins, et pour mon plus grand malheur, cela ne signifiait pas que j’étais à même de tout contrôler. Preuve étant que, sans que je ne l’aie sollicité, Malik avait décidé de se mêler de mes négociations. Je tournai vers lui un regard sceptique, guettant le moindre faux pas de sa part comme l’on attend que se lève le soleil. La certitude qu’il allait s’échapper était indéniable, j’ignorais simplement quand. Mmh, le pauvre grelottait. J’oubliais toujours qu’il était sensible au froid, moi qui n’avais plus ce genre de problèmes depuis quelques années à présent.

Toujours est-il que l’intervention de Malik n’allait certainement pas passer inaperçu. S’ils ignoraient comment réagir vis-à-vis de moi, il leur serait autrement plus facile de s’en prendre à un homme qu’ils avaient détroussé sans mal. Deux des armoires à glace, si vous me permettez le jeu de mot, avaient quitté leur siège pour se diriger vers mon camarade, posté derrière moi. Si je les laissais faire, ce serait mauvais pour mon image auprès des voleurs en plus de me mettre dans une position délicate. Je ne devais pas leur permettre de m’encercler. D’autant plus qu’il était en train de leur proposer de partager notre argent et notre repas, à la même table. J’appréciais le sentiment et cette envie d’instaurer un climat de paix, mais c’était aussi ces moments où sa naïveté s’exprimait que je ressentais l’obligation de le protéger. C’est ainsi que je fronçai les sourcils et quittai mon propre siège après avoir frappé la table du plat de ma main, pour y ajouter un effet dramatique et les inciter à se tourner vers moi.

« C’est avec moi qu’a lieu la conversation, pas avec-- »

Et là, le drame. Dans mon élan et mon impulsion de bien faire, de corriger le tir et de rester maîtresse de la situation, j’avais négligé un détail crucial. Je sais, il est incroyable de se dire que j’avais réussi un tel exploit, mais c’était la vérité toute crue. Moi, être de glace et d’hiver, entité maudite et mystique, toute puissante, venais de glisser sur les fruits de ma propre personne. Mon pied avait tout simplement continué son chemin et moi de même, victime de la gravité qui s’emparait de moi tel un amoureux transi. Bien belle façon de dire que je suis tombée face contre terre avec un bruit sourd pendant que tous mes regardaient et que je tentais, je dis bien tentais, d’être crédible. Je restai immobile le temps de bien mijoter dans la honte et, surtout, de faire retourner mes jambes à la normale. La table devait les avoir dissimulées aux autres, je l’espérais en tous les cas, et je me devais donc au moins de sauver les meubles. J’étais moins gênée par cette maladresse que par la perspective de les laisser découvrir ma malédiction, ce qui en disait beaucoup sur mon attachement à ce second point. Toujours est-il que, de derrière moi, un bruit fort désagréable retentissait. Un rire. Peut-être même deux.

« Ça te fera du bien de ne pas manger, la truie ! Tellement grosse qu’elle n’arrive pas à tenir sur sa chaise ! Ha ha ha !! »

Ça, c’était le comble. Le regard furibond et l’aura fière, je me redressai avec panache, refusant de me laisser abattre pour si peu. Hors de question que je courbe l’échine devant des scélérats de leur genre. Je tendis mon index en accusation impérieuse, puissante. J’allais lui faire regretter d’avoir croisé mon chemin et, surtout, d’avoir osé se moquer de moi, en plus d’avoir volé mon partenaire.

« Je suis peut-être grosse, mais au moins je ne dépouille pas les honnêtes gens qui ont gagné leur berries à la sueur de leur front ! Des mécréants dans votre genre devraient avoir honte. »

« Des mécré… Ha ha ! Putain, mais qui parle comme ça ?! »

Je sentis mes ongles s’enfoncer doucement dans la paume de ma main. C’est qu’elle jouait véritablement avec ma patience celle-là, en plus de sembler décidée à ne montrer aucune once d’éthique ou de conscience. Pour le coup, j’avais bien envie de reprendre par la force ce qui nous revenait de droit. J’avais beau m’accrocher dur comme fer à mes principes et à mes idées de ce qui serait efficace ou pas sur le long terme, son attitude arrogante commençait à me donner envie de mettre tout ça de côté cinq petites minutes. Parce que parfois, il arrive que l’on rencontre une garce qui mérite bien une bonne gifle. Et l’hypothermie.
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Mar 21 Nov - 0:09

    À priori, mon idée de partager l'argent qui avait causé toute cette discorde n'était, elle, pas partagée par tout le monde. Ni Saoirse, ni les détrousseurs ambulants ne semblaient résignés à abandonner cette somme qui causait une histoire dont les évènements allaient crescendo. J'étais, pour ma part, disposé à lâcher l'affaire dans la mesure où je n'allais pas envenimer les choses pour ça. J'étais fautif et je ne voulais pas créer plus de problèmes qu'il n'y en avait déjà.

    Je n'avais pas cet attrait qu'a Saoirse pour l'argent. Je ne considérais pas, ou plutôt plus, ces choses matérielles comme nécessaires à mon existence. Depuis que j'ai acquis l'immortalité, les termes de présent et de futur ne signifiaient plus rien pour moi. Je n'étais pas comme les autres, c'était évident. Je n'amassais pas une fortune de mon vivant pour pouvoir en jouir lorsque l'âge affaiblira mon corps et mon esprit. J'étais en marge des humains ordinaires, j'étais au dessus d'eux. Je n'en tirais pas le moindre égo, cependant, car cela n'était pas de mon chef. J'aimais taquiner, certes, mais l'immortalité m'apportait un nouveau but désormais. Mon objectif principal était de me mesurer aux meilleurs, de tester mes aptitudes face à tous ceux que l'on considérait comme forts. Je ne cherchais pas à m'asseoir sur le trône des puissants, à être classé comme le numéro un. Cela ne m'intéressait pas, cela serait ennuyeux pour l’Éternel que j'étais devenu. Et je pensais vaguement que Sao partageait la même vision des choses que moi.

    De par ma façon de penser, il me paraissait assez superflu que ma partenaire attache autant d'importance à une somme d'argent, somme toute, plutôt modique. Elle possédait également, du moins je le croyais, des pouvoirs équivalents aux miens. Parfois je me questionnais sur l'origine de ses capacités, nous n'en avions, de mémoire, jamais parlé mais ce serait intéressant d'en savoir plus. Elle était différente de moi en ce sens où elle ne guérissait pas de ses blessures. Je ne l'avais jamais vue, cependant, être blessée. Cela rend les traques avec elle plus pratiques, m'enlevant le souci de sa protection constante.

    Je redirigeai mon regard vers les deux brutes qui se levèrent, prêts à s'en prendre à moi. Je soupirais bassement, n'étant pas intéressé par un affrontement avec eux. Je savais pertinemment que je pourrais prendre le dessus sur eux avec facilité mais j'avais jugé bon de ne pas intervenir physiquement. Le tavernier, revenu avec la commande, nous jetait des coups d'yeux emplis de mépris. Le quotidien de ces travailleurs devait être drôlement mouvementé, dérangé également, par les bagarres qui dynamisaient leurs établissements. Je voulais être original, essayer d'éviter la confrontation stérile, être un peu plus mûr et responsable. C'est ce que Saoirse voulait ... et c'est d'elle qu'a sonné le glas de la riposte. Elle est bien belle, la morale honnête !

    « Euh, Saoirse ... C'était pas très gentil, ça. » fis-je, tentant de raisonner ma camarade.

    Évidemment, celle-ci ne m'écouterait pas si j'essayais d'être un tant soit peu mature dans cette situation. Cependant, son élan de révolte fut brusquement interrompu par une chute non calculée, apparemment douloureuse au vu du bruit mat que créa son corps avec le plancher. Je fis une grimace, comme pour partager le mal de la jolie blonde, écoutant avec désarroi les rires qui s'échappaient des gorges des bandits.

    « Ils sont pas gentils non plus, eux. » ajoutai-je, la mine basse.
    « On ne t'a pas oublié toi, maigrichon. J'espère que t'es prêt, parce qu'on va te voler dans les plumes ! » fit l'un des deux gorilles, se craquant les jointures pour se chauffer.

    La blague était drôle, et elle me fit rigoler. Bon, pas de quoi me taper les mains contre les cuisses, mais c'était plutôt subtil et fin. Venant de la part de grossiers personnages comme eux, c'était étonnant. Peut-être qu'il y avait de l'espoir, après tout. Peut-être qu'ils voulaient réellement travailler sur eux-mêmes et, qui sait, se reconvertir en vagabonds du spectacle, ou comiques des tavernes ? En tout cas, ils avaient bien commencé pour la seconde voie ; toutes les conditions étant réunies ici-même pour lancer cette carrière prometteuse !

    « Franchement je crois que vous avez un immense potentiel en terme d'humour. Vous devriez cesser d'être de vils saltimbanques et essayer, plutôt que de voler d'honnêtes gens, de répandre la joie et la bonne humeur auprès des villageois et citadins ! » proposai-je, enthousiaste.

    L'un des deux musclés, le plus proche de moi, eut les yeux qui viraient au rouge après m'avoir entendu. Il semblait furibond, prêt à me sauter dessus pour m'étriper. Je ne saisis pas la raison dans l'immédiat et il commença à m'asséner des coups de poing plutôt lourds, mais linéaires et sans doute trop prévisibles. Je fis un minimum de mouvements pour les esquiver, avant de le laisser s'emporter, à cause de son élan, sur la table de trois vieux précédemment arrivés. Ils devaient être les clients rêvés de tout maître de ce genre de lieux : Consommateurs fidèles, ne créant aucun problème et passant le plus clair de leur temps ici. Le gros tas brisa la table de jeu, provoquant l'ire des ivrognes apparemment frustrés de voir leur partie s'arrêter là.

    « Espèce de p'tit con ! Tu vas regretter le jour où ta mère t'a mis au monde ! » fit le plus virulent des trois, qui n'hésita pas, après coup, à lui planter son dentier dans son bras. Trouvant l'idée ingénieuse, les deux autres petits vieux imitèrent l'action et l'homme se retrouvait bien vite assailli par des prothèses de dents. C'était un spectacle bien triste et je compatissais même un peu à son sort, bien que je trouvais la situation extrêmement cocasse en même temps.

    L'autre acolyte, trouvant la scène surréaliste, décida de s'employer de tout son être pour m'abattre. Il m'attaquait avec la même monotonie que son ami et me laissa esquiver ses coups. Le tavernier revint, grognon, voyant que les choses avaient d’ores et déjà commencé à dégénérer. Il posa le verre de thé fumant, se racla la gorge et cria à qui voulait bien l'entendre un gros « Arrêtez vos conneries sur le champ, sinon j'vous tire comme des piafs lors d'une partie de chasse ! ». Apparemment, il était en colère.

    Il n'empêche que son calembour était appréciable aussi, même si ce n'était pas du même niveau que celui précédemment fait. Je m'approchais du comptoir où était posé le verre de thé, je le pris entre mes mains pour me réchauffer à cause du froid sans cesse croissant dans la salle, mais finis par le jeter sur mon ennemi pour me protéger d'une de ses frappes. Le liquide brûlant sur le visage, il hurlait comme un damné avant de sortir du bar, courant en se cognant partout du fait de ses yeux fermés par la douleur et la chaleur.

    Je trouvais quand même que c'était désolant. Cela avait causé un tel bazar que j'en venais presque à oublier le défi de valeurs qu'avait lancé Sao. Je la trouvais admirable de partager certaines de mes valeurs et je la soutenais pour ça, mais je voulais également que tout ceci cesse. Il n'y avait aucune raison pour que nous nous battions, de surcroît dans un lieu qui ne nous appartenait pas :

    « J'crois qu'on a un peu merdé, Saosao. Tu penses pas qu'il vaut mieux qu'on parte avant de créer encore plus d'ennuis ? » lui lançai-je en m'approchant d'elle, me tenant tout de même à une certaine distance de la reine des glaces. Mon sentiment fut encore plus renforcé par les regards insistants des trois vieux, qui voulaient probablement nous prendre pour cible. Sans le croisement oculaire, je savais également qu'un autre regard était braqué sur nous. Le gérant du salon miteux dans lequel nous nous situions nous fixait également, possiblement pour mettre sa menace à exécution.

    « Et puis merde ... » jurai-je, dépité.
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Sam 25 Nov - 8:02

Tel un baril de poudre à canon, une simple étincelle avait suffit à faire dégénérer la situation. Sans doute aurais-je dû m’inquiéter du sort de mon compatriote qui, soudainement, se retrouvait avec deux colosses à maîtriser. Néanmoins, je lui faisais confiance au point de ne même pas regarder par-dessus mon épaule. Enfin, mon attention était également concentrée sur la cheffe de ce petit groupe qui, de son côté, n’en avait pas fini de ricaner. Sourcils froncés, j’avais contourné la table pour aller lui enseigner les bonnes manières. En effet, c’est avec l’intention de lui mettre du plomb dans la tête que je lui assénai une gifle violente, claquant dans toute la pièce. Ça aurait probablement été plus classe si les bruits du combat de Malik ne l’avaient pas totalement enterrée, mais bon, on ne peut pas tout avoir. Puis le regard choqué de la voleuse, en lui-même, suffisait amplement à me ravir. Le choc initial passé, elle commença à chercher dans ses vêtements ce qui devait être une arme. Pff, qu’elle essaie. Je l’agrippai par le col, décidée à la remettre sur ses pieds pour mieux lui parler dans le blanc des yeux.

« Profiter ainsi de la gentillesse de quelqu’un, de la pureté de mon camarade, c’est pathétique. »

La blonde était pourtant loin de se soucier de ce que j’avais à dire. Tenace telles les bêtes teigneuses qui avaient l’habitude de lutter pour leur survie, voilà qu’elle venait de m’asséner un coup de pied dans le tibia. Cela me fit relâcher ma prise et reculer en sautillant, serrant les poings et me retenant de lancer des jurons colorés. La situation était des plus frustrantes. Savoir qu’il ne m’aurait suffis que d’un contact prolongé pour la mettre hors d’état de nuire, récupérer nos berries et prendre la poudre d’escampette avait quelque chose de particulièrement frustrant. C’est environ à ce moment que Malik jeta une tasse de thé bouillante au visage de l’un des malfrats, déclenchant chez sa victime de grands cris de souffrance. Bien sûr, interpellée par le bruit, je me tournai vers mon coéquipier après le fait, un sourcil relevé avec curiosité.

« Tu ne viens quand même pas de gaspiller tout un thé j’espère ? »

Lui adressais-je avec reproche. Déjà que nous n’étions pas en moyens, rembourser cette tasse n’était pas prévu au budget, d’autant plus que le fait de gaspiller du thé était un crime de la plus haute instance. Malgré tout, Malik était surtout d’avis que nous avions merdé et qu’il était probablement mieux de partir avant de ne créer encore plus d’ennuis. Je me renfrognai, peu enjouée à cette idée. C’est que j’étais toujours affamée et que notre situation financière ne s’était pas améliorée du tout dans les cinq dernières minutes, loin de là. Le jeune homme s’était pourtant rapproché de moi, comme si cette proximité allait l’aider à me convaincre de lâcher l’affaire. Il me connaissait bornée et nous savions tous deux que la situation ne pouvait pas réellement bien se terminer à ce stade. Nous avions totalement échoué dans les négociations et j’en venais même à regretter qu’ils n’eurent pas été assez conciliants pour accepter la proposition de Malik : soit de partager la même table. Si si, c’est eux qui étaient entêtés et refusaient de partager la même table, pas moi. Toujours est-il que, pendant que nous étions occupés à délibérer silencieusement via un échange de regards, l’autre voleuse avait décidé d’en profiter. Je la vis s’avancer du coin de l’œil alors qu’elle fonçait en ma direction, un poignard à la main. La bonne nouvelle, c’est que sa lame buta contre une surface dure et froide, au niveau de mon ventre. La mauvaise nouvelle, c’est que je venais de dévoiler presque malgré moi la composition réelle de mon être en un réflexe défensif. Pour le coup, le dépit de mon partenaire financier était tout à fait justifié. Je poussai moi-même un soupir ennuyé, constatant l’état des choses.

« Pour une fois j’approuve, il est temps de nous éclipser. »

Pas mal comme répartie, n’est-ce pas ? Je vous jure que sur le coup c’était très classe ! Ahem. C’est donc ainsi que je fis signe à Malik de me suivre, ignorant par le fait même les cris de stupéfaction de mon assaillante qui, bizarrement, avait laissé tomber son petit projet de me trouer de sa lame. La seule chose qui comptait, c’était d’atteindre la sortie et de partir avant qu’on ne signale l’événement et que la nouvelle fasse le tour de Toroa. Est-il nécessaire de préciser que, dans ma précipitation, je fonçai dans la porte ? Voyez, j’étais persuadée qu’elle s’ouvrait vers l’extérieur et… bon. Ce n’est pas siiii important pour notre récit, n’est-ce pas ? Ce sera notre petit secret. Non ? Vous êtes sans cœur.

Donc, oui, je fonçai dans la porte, lâchant un juron de vieux loup de mer tout en reculant d’un pas pour bien tirer la poignée cette fois, sortant dans la rue non sans maugréer. Menant notre fuite, en bonne apprentie navigatrice que j’étais, je nous fis traverser la foule et emprunter diverses petites rues, jusqu’à trouver une ruelle tranquille et peu fréquentée où reprendre notre souffle. Enfin, surtout mon souffle, mais là encore, ce ne sont que des détails. Sans m’être départie de cette sensation amère de défaite, je me retournai vers Malik pour vérifier s’il m’avait bel et bien suivi. Ce serait bête de s’être séparés dans la fuite, d’autant plus que je préférais m’assurer qu’il n’avait pas non plus été blessé. Certes, dans son cas cela n’aurait pas été un grand problème, mais ça ne m’empêchait pas d’éprouver un intérêt sincère pour le bien-être de mon partenaire d’affaires. Également, il nous faudrait trouver une solution à nos problèmes plus immédiats, a.k.a. mon ventre qui gargouillait de plus en plus fort, mais ça pouvait encore attendre. Un peu. Pas trop.

« Rien de cassé de ton côté ? À ce rythme nous allons devoir partir ou mendier, si on veut manger. C’est… frustrant. »
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MessageSujet: Re: Here's looking at you, kid. ► ft. Malik   Mar 28 Nov - 23:49

    Alors que je tentais vainement d'éviter les combats inutiles, ne ripostant pas et laissant mes opposants se casser la figure d'eux-mêmes, Saoirse s'occupait de la blonde qui m'avait arnaqué. Visiblement, elle n'avait pas digéré le fait qu'elle eut profité de ma gentillesse pour me subtiliser l'argent et comptait bien le lui faire payer. Malgré mes recommandations, la belle aux cheveux blancs n'écouta que son cœur pour aller asséner une violente claque à l'autre femme. Cela me fit faire la moue et fermer légèrement un œil, comme pour compatir à la douleur. Après coup, la leader, frustrée de s'être ainsi fait humilier par ma comparse, se jetait sur elle avec une hostilité palpable. Saoirse n'était pas du genre à ployer sous les menaces physiques, au vu de ses pouvoirs. Elle avait néanmoins commis l'erreur, si j'ose dire, de les révéler et de tétaniser la voleuse. Je m'étais rapproché d'elle pour tenter de la calmer, mais parfois, même la femme de glace peut avoir un tempérament bouillant !

    Nous nous mîmes à parcourir les ruelles avec une rare hâte. D'habitude, c'était le rythme que nous employions pour courser les malfaiteurs et chasser les primés. Aujourd'hui, c'était tout l'inverse : Nous nous étions échappés sans payer, après avoir causé un rocambolesque foutoir à la taverne. Ce n'était pas voulu et je continuais de penser à ce que nous avions fait, sans doute des excuses auraient-elles été appropriées. En cours de route, Sao m'expliquait les raisons qui nous avaient poussé à déguerpir de la sorte, et j'acquiesçais sans mot dire. Je comprenais ses motivations, et il est vrai que rencontrer une personne qui se transformait en glace ne devait pas être chose commune. Si la rumeur se répandait, comme quoi une utilisatrice de fruit du démon était actuellement à Toroa, nul doute qu'on aurait pas mal de courtisans. Les chasseurs chassés, drôle de concept !

    Nous étions finalement arrivés dans un coin apparemment tranquille, loin de toute foule. Saoirse reprenait son souffle tandis que je me redressais, voyant si mes vêtements n'avaient subi aucune tâche ou aucune salissure. J'écoutais ma camarade se plaindre du fait que nous manquions d'argent, comme quoi nous allions passer un temps à mendier. La manche n'était pas quelque chose que je me voyais faire, honnêtement. Je n'avais pas non plus réalisé mais l'expression de la belle était passée d'une certaine frustration à une déception notable, voire une tristesse assez frappante. Elle qui d'habitude était peu expressive, la voir ainsi acculée me faisait réellement quelque chose et j'éprouvais sa peine, en quelques sortes. Je mis ma main à la ceinture, tirant un sac rempli d'argent que je tendis à la jeune femme, en souriant :

    « Ne sois pas triste Saosao, regarde ! J'ai réussi à voler le sac de pièces que l'autre grognasse nous avait dérobé. Pendant qu'elle t'attaquait, je me suis subtilement glissé derrière elle pour le reprendre. » fis-je, conciliant.

    La jeune femme me fixa à nouveau, les yeux emplis de joie. À priori, ma petite surprise avait fait son effet à voir la lueur d'espoir revenue, réanimant ses iris bleues. Pour autant, elle garda une attitude composée, restant calme et digne malgré cela. Je souriais encore plus, la voyant ainsi se retenir d'exploser de joie au vu de la faim qui devait l'habiter. J'étais content de la rendre heureuse ainsi, même si ce n'était pas affiché. Nous avions passé suffisamment de temps ensemble pour nous comprendre, parfois sans se parler. Le contact visuel était intéressant dans ce cas présent, nous permettant un échange direct et silencieux, sans fioritures, de ce que nous éprouvions.

    Elle me fit signe de nous diriger vers le restaurant le plus proche, sans s'arrêter en voyant un nécessiteux en route. Je fus gêné, me grattant l'arrière du crâne en souriant bêtement. J'avais compris la leçon et j'avais promis de faire un effort à l'avenir, pour être plus digne de confiance pour Saoirse. Je ne l'avais pas fait exprès mais je pouvais comprendre, au fur et à mesure que nous vivions des aventures fâcheuses par ma faute, qu'être bon envers autrui pouvait mener à des conséquences désastreuses. En soi, je me moquais pas mal de ce que pouvaient dire les gens à mon sujet. Cela ne m'empêcherait pas de dormir pour un sou. Néanmoins, j'avais compris que maintenant je n'étais plus seul et que je devais aussi prendre soin de Saoirse, pour éviter de la mettre dans des embrouilles que j'aurais à créer. Il en était de ma responsabilité et je gonflais la poitrine, soudainement, comme pour prendre cette résolution avec le plus grand des sérieux. Peu importe où notre route allait désormais nous conduire, cette aventure allait être le commencement d'une nouvelle histoire !

    « Je saurais te protéger Saoirse, je ne veux plus être un boulet pour toi et je tenterais d'être plus vigilant à l'avenir. » pensai-je, déterminé.
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