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 Ylon, touriste de Grand Line. [TERMINÉÉÉÉÉÉE ! ! !]

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Ylon


☠ Messages : 12
☠ Âge du Personnage : 20 ans
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☠ Localisation RP : South Blue
☠ Fruit du Démon : Fruit des instruments
☠ XP Dorikis : 1750
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MessageSujet: Ylon, touriste de Grand Line. [TERMINÉÉÉÉÉÉE ! ! !]   Dim 9 Déc - 15:48



Ylon "Bistre"




Prénom et Nom: Ylon
Âge : 20 ans
Sexe : Masculin
Avatar : Agathion Vulpinal (pathfinder - bestiaire)
Groupe : Pirate
Métier : Musicien/Chanteur
Espèce : Mink
But : Vivre une aventure

---------------

Fruit du Démon : Gakki Gakki no Mi
Autres capacités : Electro


Moi, moi moi, moi, et moi . . .

Je suis un jeune mink, renard pour être précis, abordant sereinement la vingtaine. Je gagnerais peut-être quelques centimètres encore durant les prochaines années mais sincèrement, j’en doute. De toute façon ce n’est pas quelque chose qui m’est nécessaire. Je dépasse déjà les sept pieds, et pour ceux qui se demanderaient ça signifie que je mesure environ deux mètres trente, ce qui n’aide pas dans la vie de tous les jours. Je vous prie de me croire, j’ai l’habitude de frotter le plafond avec les oreilles, et pour regarder quelqu’un dans les yeux je dois quasiment viser mes pattes.

Comme je n’ai guère connu d’autres minks que mes parents je ne peux pas vraiment me situer parmi eux. Je dirais que je suis normal, c’est en tout cas ainsi que je me ressens. Je ne suis pas particulièrement épais, pas franchement maigrichon non plus, et ma fourrure, si elle demeure une fierté, n’a probablement rien d’incroyable comparée à celles de mes pairs.
Je garde toutefois quelques motifs d’orgueil. Par exemple l’éclat de mon poil. J’ai remarqué que ça ne vous est pas étranger à vous non plus, les humains, et les quelques hommes poissons qu’il m’est arrivé de croiser prennent eux aussi soin de leur chevelure. Pour ma part je ne me sens pas bien avec une fourrure sale, et j’aime la voir respirer chaudement la lumière quand le soleil la pare de son éclat soyeux aux teintes dégradées. Moui, vous le remarquerez peut-être si vous prêtez attention à ce genre de choses, mais je ne suis pas d’un roux unique. Mon poil va de la flamme vive au coucher de soleil incendiaire mourant dans les flots.
Cette toison, plutôt touffu sur ma tête, mon cou et mes épaules ainsi que ma queue, devient toutefois plus courte sur le reste du corps, je n’ai donc pas à craindre de me retrouver avec trente centimètres de fourrure piégés chaque fois que je manipule quelque chose, et mes doigts se distinguent parfaitement entre eux. Mon crâne, en revanche, bénéficie de cette crinière rousse, de même que ma gorge de l’équivalent crème.
Sur ma queue la fourrure est presque blonde vers la base, et dérive en un délicat automne vers le bout, devenant même noir avant de céder la place à un plumeau blanc.

Rentrons un tantinet dans les détails importants. Il n’est pas ardu de s’apercevoir que je ne suis pas un humain. Mon faciès est en grande partie canin. J’ai non seulement le museau en pointe du renard, long mais fin, sans cette forme bien plus carrée qui caractérise les chiens et les autres gros animaux, mais aussi les oreilles en pointe, presque comme les chats et non les chiens. Elles émergent plutôt joliment de ma crinière, peintes de noir sur le pourtour supérieur. Le reste de mon visage se divise en deux parties, la rousse pour la mâchoire supérieure, la blanche pour la mâchoire inférieure, et ma gorge prend aussi cette dernière teinte, la poursuivant sur mon torse et mon ventre, ainsi que l’intérieur de mes cuisses. Le reste demeure roux, avec parfois des nuances assombries, comme mes mains et mes pattes qui ont plus une teinte terreuse et de vieux bois.

Enfin, comme derniers détails, j’aimerais bien faire comprendre que je ne dis pas pattes pour me tromper, mais que je suis digitigrade, mon talon ne se pose pas au sol. Autre détail, mes yeux sont d’un jaune orangé intense, proche de l’ambre, avec une pupille en amande et verticale.


Pour ce qui est de la vêture j’adopte un style des plus simples. J’aime conserver une bonne amplitude dans mes mouvements. Je ne m’encombre donc pas d’habits serrés, mais passe plutôt des chemises me faisant légèrement flotter dedans, des pantalons s’arrêtant à mi mollet où des bandages de tissu prennent le relais, souvent plus fins et plus agréables contre la fourrure. Je porte bien souvent deux ceintures peu larges auxquelles pendent tout un tas de babioles que je me plais à amasser, ainsi que divers instruments dont un ocarina et une flûte dans son étuis.
Par dessus cela un élément ne me quitte que rarement, le vieux manteau de sergent qu’une personne très chère à mon coeur portait autrefois.


. . . Et mon nombril.

J’aime me voir comme quelqu’un de simple et de sain. Il m’arrive parfois de m’emporter un peu, il est vrai, et j’ai commis quelques bévues qui entachent ma vie paisible, mais je n’en demeure pas moins profondément attiré pas la tranquillité et la douceur. Attention, je ne suis pas l’un de ces ascètes furieux devant la moindre bouteille, et je me ferais péter la panse chaque fois que je le pourrais ! Mais j’aspire pour mon âme à un équilibre qui me permette de me regarder sans me déplaire, et de toujours me guider par mes profondes convictions.

C’est pour cela qu’il est important de comprendre certaines choses avec moi. Par exemple je n’apprécie pas le manque de respect. Une plaisanterie est une plaisanterie, une insulte lancée par un sot ne vaut guère que pour lui. En revanche, il y a certains manquements que je n’apprécie pas du tout. Je n’aime pas l’humiliation, je déteste ceux qui ont cette profonde assurance de supériorité raciale, et je ne prends même pas la peine de mépriser les individus dont la vie ne tourne qu’autour de leur nombril.
J’ai moi aussi des prérogatives, bien entendu, et ma vie ainsi que celle des mes amis passent avant bien des choses. Mais je ne me permettrais jamais de faire souffrir des gens sans raison, de verser dans le mensonge à l’égard de personnes respectables, ni de trahir des secrets confiés dans la confiance réciproque.
C’est cela ma vision du respect, une égalité pure, et une forme d’honneur qui ne demande pas à passer par la force des corps, mais seulement celle des esprits et des coeurs.

Je ne suis toutefois pas un enfant de coeur non plus, lorsqu’il le faut je peux mordre plus qu’à mon tour. Il y a bien quelques personnes sur les eaux de South-Blue qui s’en rappellent encore. Je connais les effets intimidants de la sauvagerie, je n’ai aucune honte à me comporter en boucher si c’est cela qui peut au mieux servir la cause que j’estime être juste.
Je ne fourre pas non plus ma truffe dans toutes les affaires, ce qui me vaut peut-être de passer pour insensible de temps à autres, mais franchement, personne n’a envie de voir un inconnu s’occuper de sa vie mieux que soi même. Toutefois, si je suis poussé à l’acte, il ne faut pas parier l’idée que je vais lâcher prise. J’ai ma volonté, ma voie, et je ne dérogerais ni de l’une ni de l’autre.

C’est pour cela que je n’apprécie pas les organisations générales, la Marine, le gouvernement mondial, la franc-marinerie. Je ne déteste pas l’idée en soi, mais les vices qui s’y lovent et se dissimulent sous les règles, les rumeurs, les on-dits et les exceptions. De manière globale je ne vois aucune organisation parfaite, et je ne veux me plier à aucun de leurs ordres. Je vis selon ma loi, ma foi d’une certaine vision de la justice. Je peux collaborer, mais je n’accepterai jamais de mettre des fers à ma liberté d’agir, pour voir d’autres ruiner ce que je veux bâtir en m’assurant qu’il s’agit là du plus grand bien.

Mais ne vous inquiétez pas, j’ai tout de même mes bons côtés. J’aime partager, apprendre et écouter. Je ne manque jamais, si quelqu’un me traite convenablement, de retourner lui retourner la pareille, et cela vaut pour bien des services.
Je suis plutôt jovial, je partage mon amour des instants vides entre la musique, la lecture, et la sieste.
Je ne crois pas qu’il soit possible de trop voyager, ce que j’ai vu du monde jusqu’à maintenant, le bon comme le mauvais, attise seulement mon appétit pour plus encore. Je ne m’arrêterais probablement pas avant d’avoir sillonné le monde entier. Peut-être partirais-je pour un deuxième tour alors.


Histoire

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Sinon, ton pseudo à toi, derrière l'écran ? XXXX
Si t'as un commentaire à faire, fais-le maintenant ! XXXX




Dernière édition par Ylon le Jeu 31 Jan - 13:01, édité 11 fois
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Ylon


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MessageSujet: Re: Ylon, touriste de Grand Line. [TERMINÉÉÉÉÉÉE ! ! !]   Lun 28 Jan - 16:54


Un nouveau départ



Vous connaissez peut-être un peu South Blue. On dit qu’on y trouve des griffons. C’est vrai mais pas seulement. Il y existe aussi une petite île, sur laquelle est bâti un petit village au nom coquet de « Rivage Des Neuf Soleils ».
C’est là bas que j’ai passé la plus grande partie de mon enfance. Avant cela je ne me rappelle que vaguement les navires empruntés par mes parents pour se rendre d’un point à l’autre du monde. Je suis né durant leur périple. Nous sommes des minks, notre île est lointaine et mystérieuse, totalement inconnue pour la plupart des gens qui n’imaginent même pas que nous existons.
L’inconnu créer facilement de la distance entre les gens, de la peur, justifiée ou non, mais de la peur toutefois qui se traduit par une vie moins calme qu’il est possible de l’espérer. Autant le dire franchement nous étions considérés comme des monstres par la population de notre île. Des démons pour les anciens, des bêtes pour les adultes, et des monstres pour les plus jeunes. J’ai vécu environ dix ans sur cette île sans jamais y avoir un ami de mon âge.
Une seule personne nous a accordée sa confiance, un ancien homme de la Marine du nom de Paul. C’est un homme bien bâtit, aux gestes souples et à la démarche militaire, avec des yeux durs et sûrs d’eux qui empoignent le paysage plutôt que de simplement glisser dessus.
Quand mes parents sont morts c’est lui qui m’a aidé à les mettre en terre. C’est aussi lui qui a voulut prendre ma vie en main pour que je ne parte pas à la dérive. Je l’aime sincèrement, c’est un père pour moi, mais j’ai refusé. Mes parents suffisaient comme raison pour rester sur cette île, je n’en avais aucune autre, alors j’ai tenu bon jusqu’à ce qu’il accepte que je parte, à la condition de m’accompagner toutefois.
Je crois qu’il n’a jamais bien vécu la façon dont les autres hommes nous traitaient. Il ressentait le besoin de rétablir un certain ordre, une certaine justice, et s’en serait voulu de m’abandonner sur la mer.
Nous sommes donc partis tous deux le matin suivant. Le bateau de mes parents est un petit caboteur, je crois qu’il vogue peut-être encore quelque part, il ne permet pas de voyager en haute mer. Je ne voulais pas l’admettre mais Paul m’a forcé à m’y résoudre, fort de son expérience dans la Marine il en savait suffisamment long sur les navires pour que je me force à accepter son jugement.
Il choisit donc le premier notre destination, et visa une île proche protégée par une base militaire. Il s’agit de la 172ème branche. De loin elle n’est pas très impressionnante mais c’est en vérité un véritable fort, deux murailles et trois tours dominent de solides baraquement et hangars ainsi que plusieurs cours. De nombreux Marines y sont étonnamment âgé, mais ils font démentir les idées de la jeunesse sur la vieillesse.

Les navires civils ne peuvent pas amarrer directement à la base, aussi nous sommes nous rabattus sur le village proche. Il se trouve à une lieue de marche environ de la base. Nous ne sommes pas restés longtemps entre les bicoques de pêcheurs, mais cela a suffi pour que trois garçons dans la force de l’âge me voient et m’insultent, avant de me menacer comme je ne réagissais pas.
J’ai l’habitude des quolibets, des insultes sur mon apparence et ma famille, c’est ce qui sert aux pauvres d’esprit pour ne pas réfléchir plus qu’ils le peuvent. Paul en revanche ne les supporte pas, et nous sommes rapidement parti après qu’il les ait fait déguerpir.

La rencontre avec la Capitaine de la base s’est bien déroulée. C’est un homme d’âge avancé du nom de Tubello, mais qui a comme Paul cette aura de métal poli par l’usage. Son visage est austère et son regard trancherait la pierre s’il le désirait, mais il dégage aussi une certaine chaleur lorsqu’il est bien disposé. Bien que jeune je sentis immédiatement chez lui cette aura qui entoure les meneurs d’hommes naturels.
Nous quittâmes son bureau sur un point de malchance pour ma part. Intrigué par un objet exposé sur une commode, et enhardit par la sympathie du vieil officier, je m’étais enquit de la nature de l’objet. Lui même semblait ne pas savoir. Il s’agissait d’une sorte de pierre oblongue grande comme une main et gravée sur toute sa surface, surmontée d’un capuchon d’un métal semblable au cuivre par l’aspect. Je soulevais hâtivement le capuchon, pour me retrouver dans le noir complet d’un nuage sombre. Paul eut la peur de sa vie mais le Capitaine faillit s’étouffer de rire. Il s’agissait d’une simple farce venue d’une île lointaine, et je venais de sauter à pieds joins dedans, le visage désormais d’un noir absolu jusqu’au cou, seules mes oreilles conservant leurs pointes rousses.

Le Capitaine Tubello acceptait de nous vendre un bateau, mais pas un de la marine. Il s’agissait d’un petit navire que la base s’était vu offrir en remerciement pour une action passée et qui, depuis, servait de loisir aux ingénieurs. À l’entendre nous serions surpris de le découvrir une fois qu’il serait prêt, ce qui prendrait une petite semaine.
Nous avons donc patienté, Paul en s’occupant je ne sais trop comment, et moi en arpentant la grande base militaire. Contrairement à l’île de mon enfance les gens ici ne craignaient pas que je les approchent. Mon apparence en déroutait plus d’un, mais ils se reprenaient vite, et passaient plutôt à des questions sur ce que j’étais, d’où je venais, si ils pouvaient me toucher les oreilles, ce genre de choses. Ensuite ils s’amusaient à me raconter des anecdotes et à m’apprendre le fonctionnement de la marine, chacun mettant un point d’honneur à placer son unité et sa base devant les autres.
Je suis rapidement devenu la coqueluche de la base et, les soirs, comme tous se retrouvent dans le grand mess, ici étendu à tous les soldats, je me faisais gaver de tout et n’importe quoi, avant de monter sur la grande table centrale et de jouer des airs pour eux, sur lesquels ils chantaient de bon coeur.
Ce furent des jours passionnants, mais qui ne se passèrent pas sans soucis. Je subis une curieuse malédiction depuis que j’ai posé mes pattes dans la base du 172ème. Il m’est impossible de ne pas faire exploser quelque chose si cela peut exploser, et de ne pas me retrouver noircit de suie, d’encre, de cendres, de charbon, ou d’une quelconque matière sombre. Je tentais un jour de m’occuper en fouillant les archives de la base et passais à côté du maître archiviste à l’instant où celui ci renversait son énorme flacon d’encre, qui ne manqua pas de me tomber sur le haut du crâne évidemment. Un matin que je suivais l’inventaire d’une poudrière avec deux soldats ils me firent tester un peu de poudre, qui se révéla d’une qualité affreuse et m’imprégna la fourrure à la foie de fumée et d’une odeur infecte. Enfin, un autre jour encore, une sous-capitaine et ses hommes me prirent au piège en me faisant tirer au canon. Ils avaient omit de me prévenir du bruit . . . et de la fumée. La poudre au fond du canon s’y trouvait en telles quantités que je ressemblais à un bout de bois brûlé jusqu’au nombril, seuls mes yeux dénotant dans le noir absolu de ma fourrure et mes habits. C’est de là que vient mon surnom Bistre, et il ne m’a pas quitté depuis, pas plus que mon manque de chance pour ce qui est de garder une fourrure propre.

Cette dernière petite blague valut de sévères réprimandes à la joyeuse troupe m’ayant joué leur tour. Un lieutenant de passage s’assura de collecter suffisamment auprès d’eux, ce qui ne représentait pas grand-chose, pour que je puisse me rendre au village acheter de nouveaux habits propres.
Je m’y rendis sur le champ, effrayant au passage le tailleurs qui n’avait certainement jamais vu de mink, pas plus que de boules de suie douées de parole. Comme je levais les mains en les montrant bien vides il finit par ranger son gourdin, et devant mon argent accepta de me trouver une chemise à ma taille. Il ajouta même un pantalon de marin.

La journée aurait été belle sans ce qui suivit. Je sortais du village lorsque j’entendis des cris venant d’une autre rue. Pas des cris de douleur, mais poussés avec cette espèce de jubilation cruelle que je connais bien. Trop curieux, je m’aventurais dans une rue tortueuse typique des petits villages côtiers, pour déboucher sur une cour étriquée au milieu de laquelle trois garçons maltraitaient un pauvre hère.
Comme je l’ai déjà dit je suis immunisé aux insultes, les menaces m’agacent cependant, en revanche je ne supporte pas la violence gratuite. Bien que je sois plus petit que les trois gaillards molestant quelqu’un me dépassant à peine d’une tête je leur fonçais dessus.
Je me souviens très bien du combat, et je pense que mes adversaires ne risquent pas de l’oublier. L’un d’entre eux aura pour toujours quatre belles cicatrices allant d’une épaule au pectoral opposé, un autre à qui j’ai brisé le poignet avec une pierre a peut être encore des élancements dans le bras quand il force dessus, et le dernier doit se souvenir qu’être jeté à terre et piétiné n’est pas une partie de plaisir.
Toutefois ce n’est pas moi qui remportais la bagarre. Bien que mes parents m’aient toujours apprit à me défendre, et que j’ai encore progressé durant ma vie, je n’étais qu’un petit renard coincé entre trois hommes travaillant tout le jour de tout leur corps. L’un d’entre eux parvint à m’assommer et je me réveillais plus tard dans un lit à l’infirmerie de la base militaire.

Je ne passais pas exactement un moment agréable dans le bureau du Capitaine après cela. J’y retrouvais celui que j’avais défendu, et qui n’en avait en vérité absolument pas besoin. Bâtit comme la tête d’une masse il semblait en avoir aussi la résistance. Des épaules presque aussi larges qu’il était haut, ce qui malgré sa petite taille ne manqua pas de m’impressionner, il aurait certainement pu démembrer ses agresseurs à mains nues, et son regard sombre me donnait l’impression que c’était à moi que ce traitement reviendrait.
Le Capitaine prit le temps de m’expliquer qu’il n’approuvait pas, selon lui j’aurai du me rendre à la base pour les prévenir, mais qu’il pouvait difficilement me mettre en tort pour mon action. Cependant les minks étant rares par ici les gens se fichaient bien de savoir pour quelle raison trois jeunes hommes dans la force de l’âge se trouvaient désormais chez eux à panser leurs plaies. Ce qu’ils voulaient c’était faire un tapis avec la peau du monstre caché par la Marine.
Loin de me tortiller de gêne sur ma chaise je me montrais insolent. Comme je l’ai dit je ne supporte pas la violence gratuite, et entendre le Capitaine, symbole de justice de la Marine, m’expliquer en quoi j’avais mal agit me mettait dans une colère noire. L’arrivée de Paul n’améliora rien, et nous passâmes les trois jours suivants enfermés dans un dortoir avec certaines réflexions.
Avec nous se trouvait l’individu massif qui avait mit fin au combat après que j’ai tenté de l’aider. Il se montrait silencieux au point d’en devenir inquiétant, mais ne chercha jamais à nous faire quoi que ce soit. Selon Paul le Capitaine avait fait de son mieux pour concilier sa vision de la justice et le contexte. Il ne pouvait pas se mettre à dos toute la population locale, mais pas non plus faire des trois agresseurs de pauvres martyrs. De plus, en blessant ces hommes, j’avais mit le troisième homme du dortoir en mauvaise posture.
Paul parvint à tirer des informations de lui, et ce jour là j’en appris sur lui aussi. Apparemment la base ne comptait pas un nombre étonnant de vieux Marines pour rien. Plusieurs anciennes unités s’étant rencontrés sur d’autres mers finissaient ici leur carrière, paisiblement, sous la gouverne du Capitaine. Chandail, c’est ainsi que l’énorme bonhomme disait s’appeler, avait été médecin dans la Marine. Après avoir vu la majorité de ses amis lui mourir entre les mains il avait craqué durant un combat et s’était enfui, déserteur donc. Il avait trouvé refuge ici, où le Capitaine lui avait demandé de ne pas faire de vagues sous peine d’être remarqué et de devoir partir ailleurs. Malheureusement je venais d’attirer l’attention sur lui, et si une enquête le trouvait ici il ne manquerait pas de finir au bout d’une corde. Responsable de sa situation le Capitaine avait décidé que je devrais l’embarquer avec moi une fois un bateau convenable obtenu.
Paul quand à lui, je l’appris ce jour là, avait aussi déserté. Il était alors plus jeune et plus gradé que Tubello, désormais au dessus de lui. Il refusa de dire exactement pour quelle faute il avait dû fuir, mais expliqua que son idéal de justice et celui de la Marine ne convenaient pas, et qu’il s’était sentit obligé de commettre un crime aux yeux de la Marine, pour accomplir ce qui lui semblait juste. Aux yeux du monde il était mort un peu plus loin dans sa fuite, mort confirmée par Tubello lui même.

Une fois de nouveau libre de nos mouvements, la fièvre villageoise étant retombée, calmée par le Capitaine durant nos jours de captivité, je repris mon exploration de la base. Je fis la très déplaisante rencontre d’un ivrogne nommé Marlo, dont je bazardais tout de même la bouteille par dessus un parapet avant qu’un lieutenant un peu trop zélé ne le découvre avec.
Le soir suivant, comme je jouais de nouveau en sautillant entre les assiettes sur la table principale du mess, un vieux soldat à la moustache fournie, aux muscles proéminents sur les épaules et le ventre, me tendit une guitare en me demandant de jouer quelque chose pour lui. Je ne connaissais pas la chanson qu’il demandait mais le suivit jusqu’à jouer par instinct tandis qu’il faisait chanter le reste du mess.
La chanson étant des plus tristes j’en cherchais une autre, joyeuse, afin de remettre un peu de lumière dans les yeux de chacun et, comme je tirais de nouveau ma flûte pour lui rendre sa guitare, je remarquais que le vieil homme avait disparu. Je jouais jusqu’à ce que la nuit s’épuise et avec elle les marins qui regagnèrent leurs dortoirs.
Moi je partis en quête du mystérieux vieillard, la truffe dans le vent, suivant son odeur qui me fit traverser toute la base, plusieurs fois. Je le trouvais finalement accoudé à sa fenêtre, une planche sur laquelle étaient punaisées des feuilles sous les yeux. En chemin j’avais eu le temps de réfléchir, et la chanson qu’il avait entonné dans la cantine ce soir m’en évoquait une autre, plus courte, mais à la morale identique. Une chanson sur les ravages de la guerre, l’entrain des hommes à la faire, et le peu qu’il restait d’eux à la fin. Je fredonnais l’air, les doigts pinçant les cordes, et il releva la tête.
Nous avons discutés sous la lumière de la Lune, jusqu’à ce qu’il m’invite à l’intérieur. Je découvris alors une pièce bien plus grande que ce à quoi je m’attendais. Plusieurs établis supportaient des pièces de bois plus ou moins massives, des outils de toutes formes couvraient les murs. Comme je m’extasiais devant la profusion de choses à regarder il se mit à rire me lança un tabouret, littéralement, qui manqua de m’assommer.
Je pris place à côté de devant une grande table et il me montra son travail, sur le papier d’abord, puis le panneau sur lequel il gravait en ce moment, une pièce de bois sombre et lisse sur laquelle un crayon clair avait délimité des zones. J’appris ainsi qu’il était le charpentier et menuisier de la base, et au passage qu’il travaillait sur le navire que l’on me cachait mystérieusement depuis le début, le Capitaine refusant que je le vois avant que les ingénieurs ne l’estiment prêt.
Le charpentier blêmit en se rendant compte de sa gaffe. Apparemment il n’était pas à sa première, une sorte de malédiction pesant sur lui, il ne trouva à se réjouir que d’avoir tenu aussi longtemps avant l’instant fatidique. Comme le secret était désormais presque entièrement dévoilé, des plans du bateau couvrant certains murs, il décida de ne pas faire plus traîner les choses et appela sa fille, troisième ingénieur de la base.
La suite relève du théâtre, et si la fille du charpentier, Pénélope, n’avait pas tapé dans les six pieds et demi de haut avec une silhouette athlétique j’aurais certainement ri. Là je me contentais de hocher gentiment le museau à tout ce qu’elle dit une fois que son attention se fut reportée sur moi. Elle me kidnappa donc pour la nuit et la journée suivante, que je passais avec elle, toujours sans voir le fameux navire, mais à travailler dessus dans sa forge. J’y retrouvais Chandail, et découvris ainsi où il disparaissait chaque jour. Toujours vêtu de l’habit lui valant son nom il assistait Pénélope et frappait avec une régularité de métronome sur le métal rougeoyant qu’elle lui tendait. Je me chargeais de l’eau, du combustible, des soufflets, et, comme je n’étais pas mort avant, de leur apporter à manger.

J’ai trimé ainsi sans voir la journée passer. Dans la forge de Pénélope la seule lumière est celle du charbon de bois et de la houille, rougeoyant chacun dans un creuset différent. Loin de la lumière du soleil et du passage du temps ce qui rythme la journée ce sont les frappes du maillet sur le métal, et le chuintement lorsqu’il plonge dans l’eau.
Je n’ai pas apprit grand-chose ce jour là, on ne s’improvise pas forgeron en quelques heures, et ce fut probablement la journée la plus dure de toute ma vie. On peut souffrir de ses blessures, d’une situation déplaisante, de la prison, de bien des choses en somme, mais lorsque le sort veut qu’elle nous arrive il est plus facile d’accepter leur fatalité. En revanche, se forcer à une souffrance continue, les muscles raidis par l’effort incessant dans une atmosphère épaisse et brûlante, c’est une forme de masochisme bien plus désagréable, et je ne me rappelle même pas avoir mangé au terme de cette journée, je me suis juste réveillé le lendemain. Le soleil culminait déjà dans les cieux, modéré dans son éclat par quelques nuages moutonneux.
Évidemment, une journée passée dans la fumée, les éclats de métal brunis et le charbon, se remarquait dans mon pelage. Si je n’étais pas aussi noir qu’après avoir reçu une douche d’encre je devais tout de même ressembler à un força sortant d’un puits de houille.
Les soldats en profitèrent naturellement pour m’appeler par mon petit ce qui, à force de l’entendre, me paraissait presque naturel, et je me rendis à la cantine de la base, suffisamment affamé pour manger comme trois.
Le Capitaine est venu me trouver, l’air grave, le front sérieux et la mâchoire ferme, mais dans ses yeux se lisait une jubilation enfantine, et je devinais que je pourrais enfin voir le fameux navire. Les pièces forgées la veille devaient être les dernières. Je le suivis en embarquant autant de pain que mon museau pouvait en contenir, des chouquettes plein les poches, tricotais des jambes derrière lui.

Le bateau se trouvait dans un hangar faisant le coin d’un mur défensif. Il était grand, bien plus que je ne me l’étais imaginé, mais aussi nettement plus petit que ceux que la Marine m’avait habitué à voir devant ses murs et à l’horizon par les longue-vues.
Comme le Capitaine nous avait prévenus, Paul et moi, il s’agissait d’un bâtiment étrange. Il mesurait près de quatre-vingt pieds de long, avec une coque effilée, la proue haute et sans figure se suffisait à elle même. Aucun hublot ne venait percer la coque, seules des entailles renforcées de bois lustré suggéraient la possibilité d’utiliser des rames, encore que cela ne sembla pas utile sur le moment. Deux mâts tendaient de grandes voiles nervurées, faisant au bateau comme une collerette d’os et de toile.

Pénélope sauta du pont et me trouva ébahit, ainsi que la bouche ouverte ce qui ne devait pas être reluisant étant donné que je mâchais encore des chouquettes une seconde plus tôt. Ma stupeur dut l’amuser car elle rit de bon coeur, son éclat rebondissant contre les murs lisses du hangar. Son père ne tarda pas, mais il préféra utiliser la passerelle, ses jambes raides trahissant l’âge que sa puissante carrure masquait. Il poussait devant lui, le tenant presque par le col, un grand escogriffe que j’avais déjà eu la malchance de rencontrer, l’aimable Marlo pour qui la grossièreté tenait lieu de ponctuation.
Ensembles il s’arrêtèrent devant le Capitaine, celui ci souriant comme un enfant, au moins autant que son charpentier d’ailleurs.

« Alors Ylon, il a de l’allure non ? ! »
Comme je n’avais que peu de comparatifs le bateau me semblait effectivement merveilleux. Ses voiles étranges exerçaient sur moi un magnétisme m’empêchant d’en détourner le regard, et sa silhouette fuyante me donnait l’impression qu’il s’apprêtait à bondir hors de la cale sèche pour se jeter à l’assaut des flots. Aussi démontrai-je toute l’étendue de ma faconde en bredouillant, « il est beau . . . »
Le Capitaine se frotta les mains avec enthousiasme, échangeant un regard complice avec ses ingénieurs, puis avec Paul, qui s’était approché du navire et passait la main contre sa coque.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Il n’est pas à ton goût ?
- Au contraire, belle courbure . . . mais je n’ai jamais vu un truc pareil. Vous lui avez fait quoi à ce radeau ?
- Je te l’ai dit, c’est un cadeau de remerciement. Il nous a été offert par un roche propriétaire après que nous ayons mis les fers à des pirates saccageant ses vergers. C’était une œuvre d’art dans un étang de son jardin, il ne ressemblait vraiment à rien. Nous avons gardé les mâts et le mobilier à l’intérieur, mais la coque a été entièrement refaite. C’est une goélette, ça tu l’as remarqué, avec des voiles de jonque. Résistantes, capable d’endurer des vents qui arrachent celles des bateaux habituels. Par contre vous devrez bien apprendre à gérer les écoutes, elles sont innombrables là dessus. Si tu n’es pas trop vieux pour mémoriser tout ça ce sera un plaisir de le céder à ton jeune protégé.
- Du moment qu’il y a un foc maniable un bateau reste un bateau. »
Ils se regardèrent l’un et l’autre, comme de vieux larrons mis d’accord par une farce, puis la discussion autour de la vente débuta, et se termina aussi très rapidement.
« Bien, » débuta le Capitaine. « Ce navire appartient à la Marine mais ne fait pas officiellement partie de son armada, ce n’est pas un navire de guerre, il ne correspond pas aux critères. Je pourrais fixer un prix mais je me suis borné à accepter de le récupérer, ce sont les ingénieurs de la base qui le bichonnent depuis des années. Je les laisse décider du prix de leur joujou.
- On ne va pas le vendre, » à répliqué d’emblée Pénélope. Le Capitaine a eu l’air surprit mais elle a rapidement ajouté : « Nous allons l’échanger.
- J’ai parlé avec Paul hier, histoire de savoir un peu ce que vous avez comme moyens mon garçon, » a renchérit le charpentier. « Vous allez vendre le bateau de pêche de tes parents pour payer celui ci si j’ai bien comprit. En tant que soldat de la Marine j’ai pas mal voyagé dans mes jeunes années, crois le ou pas j’ai faillit me rendre sur ton île. Je serai curieux de voir comment les minks construisent leurs bateaux.
- Et moi je suis certaine que ce sera un nouveau jouet parfait pour nous, » a ajouté Pénélope.
Comme le grand maigre ne disait rien la lourde main de son compagnon charpentier s’est écrasée sur son épaule, donnant l’impression qu’il se tassait au dessous. Il a grogné quelque chose qui devait ressembler à un assentiment pour les initiés, puis s’est dégagé, retourné, et a traîné les pieds vers la sortie du hangar.

L’affaire était entendue. Le Capitaine a accepté et, une fois qu’il se mit à parler avec Paul en montant sur le navire, le charpentier se rapprocha pour me faire une confidence.
« Marlo n’est plus aimable depuis longtemps. J’ai entendu que tu prenais Chandail avec toi, ils sont un peu du même bois, Chandail a arrêté de parler, Marlo ne le fait que pour partager sa mauvaise humeur, mais ce sont des hommes qui ont vécu, et pas toujours de belles choses. Il ne te le dira pas mais quand tu as jeté sa bouteille tu lui as éviter une nouvelle journée aux fers de la part du lieutenant. Sans preuve Marlo a réussit à s’en tirer. Ne pas avoir fait d’esclandre c’est sa façon de montrer qu’il te remercie. Chandail n’est pas démonstratif non plus mais je le vois depuis des années aider ma fille, c’est un gars bien, essaye de le comprendre un peu il a besoin de gens à chérir. »
Ne sachant trop quoi répondre je hochais poliment le museau. Mes yeux restèrent longtemps dans ceux du charpentier avant qu’il semble satisfait de ce qu’il y trouvait, puis il se redressa et faillit m’arracher du sol avec un grande tape dans le dos.
« Aller ! Maintenant va le visiter toi aussi, ton bateau ! »







La dette



Je passe volontairement sur les jours qui suivirent l’obtention du bateau. Il fallut s’assurer qu’il flottait sans soucis, qu’il répondait convenablement sur la mer, ainsi que réaliser un tas d’autres vérifications auxquelles je ne comprends rien mais qui sont le point d’honneur des artisans minutieux. Le bateau de mes parents fut ensuite amené à la place de l’hybride que je possédais désormais, et nos affaires transbordées. Enfin, après des adieux qui traînèrent en longueur avec le personnel de la base, nous pûmes partir.
Apprendre à maîtriser un bateau est facile, c’est ce que je pensais. En vérité la taille, la forme de la coque, la voilure, même la prise des cordages, tout me paraissait étrange, et je récupérais plusieurs fois une vergue en plein visage avant d’apprendre à manipuler les cordes et les voiles qu’elles retenaient. En un mois toutefois, nous apprîmes à nous débrouiller. Paul eut quelques difficultés lui aussi, mais elles passèrent rapidement, et Chandail ne sembla même pas gêné. Tout en silence, il accomplissait ses tâches avec une déconcertante facilité.

Comme je désirais simplement voyager, voir le monde de mes propres yeux et, peut-être un jour, avoir suffisamment d’expérience pour espérer rejoindre l’île natale de mes parents, nous avons commencé par naviguer à vue.
Le soir nous mangions dans la coquerie et Paul racontait ses voyages. Parfois il repérait quelque chose chez Chandail, et parvenait souvent à lui tirer des commentaires sans jamais se montrer trop pressant. Je le découvris sous un autre jour. Lui que je connaissais comme le vieux marin un peu trop droit et strict essayant de faire changer le monde avec des mots se révéla être un jeune homme brutal et enflammé dans ses histoires. Quand je dis brutal cela ne signifie pas cruel, seulement la moitié de ses récits ont pour solution une violence plus importante que celle de ses adversaires, ce qui le fait gagner en général.
Chandail aussi parla quelques fois. Il est économe en mots mais sait dépeindre de manière étonnante une situation ou un lieu en deux phrases. Ses histoires à lui ne le concernaient jamais directement, il préférait parler de ce qu’il avait vu, cachant le contexte et , peut-être, ce qu’il ne voulait pas raviver dans sa mémoire.

La nuit il nous arrivait de veiller sur le pont quand l’air marin demeurait tiède même à minuit, et que les embruns ne lessivaient pas les planches. Un air de flûte ou de la guitare offerte par le vieux charpentier suffisait à donner aux ombres du ciel et aux reflets de la mer un quelque d’envoûtant et de mystique. Je me sens rarement aussi bien que dans ces nuits là, il y a un quelque chose d’indicible, un plaisir ineffable, à sentir résonner la mer autour de soi.
Le matin je m’entraînais avec Paul sur le pont principal. Mes parents m’ont apprit à me défendre, répétant souvent qu’aucun mink n’est faible, mais qu’il faut savoir maîtriser ses forces sans quoi on est juste une brute. Mon père appréciait le combat à mains nues. Leste, agile et puissant, il visait sans pitié les points faibles. Ma mère affectionnait les armes. Sentir le poids d’une épées dans sa main, la vibration dans la hampe d’une lance ou entendre le choc sourd d’un bâton lorsqu’il frappe. Elle vibrait au travers de ses armes. Paul a complété mon apprentissage si l’on peut dire. Je ne sais toujours pas me servir d’armes à feu et je ne pratique pas d’art-martial, en revanche il m’a montré ce qu’une force brute et une grande réactivité sont capables d’accomplir.
C’est dans cette optique que, chaque matin, il me mettait une pilée, jusqu’à ce que je me contente de rester au sol, trop endoloris pour reprendre l’exercice. Il arrivait qu’il m’offre une bosse, une fracture ou un membre démis, mais heureusement nous avions avec nous un médecin compétant. Chandail n’a d’ailleurs jamais manqué l’un de nos entraînements. Il ne participait pas non plus et je le soupçonne toujours d’appliquer la même stratégie que mon père.

Cette navigation paisible et la joyeuse exploration des îles de South-Blue a duré environ quatre ans. Quatre années durant lesquelles je n’ai cessé de grandir, jusqu’à dépasser largement mes deux compagnons de bord.
Ensembles nous avons visité des îles désertes, qui s’avéraient bien souvent de véritables pièges, la faune locale n’acceptant jamais facilement de partager son territoire. Je ne compte plus les serpents auxquels nous avons du faire un sort comme ils se faufilaient dans nos couchage, ni les prédateurs réjouis à l’idée de voir trois proies aveuglées par leur feu de camp. Chandail a d’ailleurs révélé son talent pour le combat un de ces soirs. Il porte toujours une grande lame sur lui. Longue comme son avant-bras, large d’une paume et demi, elle possède un manche très simple en bois, noircit et polit par l’usage. Un ours a connu une fin rapide sous son tranchant, proprement décapité en trois coups.
Nous avons bien eut quelques accrochages aussi, évidemment, la mer n’est pas un monde merveilleux, pas plus que les îles. Bandits, pirates, ou plus simplement mauvaises gens y naviguent aussi. Plus d’une fois nous avons renoncé à accosté, et plus d’une fois nous avons tendues nos voiles pour fuir un pavillon inconnu ou noir.
Nous n’avons jamais remis les pieds dans une base militaire. Je comprenais parfaitement pourquoi, et je n’ai jamais cherché à argumenter là dessus.
La vie se serait écoulée paisiblement s’il n’y avait pas eut un accrochage inévitable.

Lorsque nous ne trouvions pas de côtes pour dissimuler notre navire nous laissions toujours quelqu’un sur le pont. La seule exception était une houle trop forte, ce qui nous demandait souvent de monter à trois sur le pont pour manœuvrer le navire et éviter de chavirer.
Malheureusement cela ne suffit pas à nous préserver et, un soir, alors que je venais d’aller me coucher, Chandail vint nous réveiller au pont inférieur. D’un geste simple et d’un regard il nous fit comprendre qu’un problème nous attendait à l’extérieur.
Un bateau s’approchait rapidement, bien qu’il se trouve encore loin les rames s’agitant sur ses flancs et l’orientation de sa proue ne laissaient rien au hasard : il nous fonçait droit dessus. Nos voiles auraient pu nous sauver si il y avait eut du vent, même une petite brise, mais la mer était d’huile. Nous avions bien la possibilité d’utiliser nos rames, mais il fallait un homme pour chacune d’elles, et six rames en tout pour propulser convenablement le navire.
Paul m’a demandé d’aller chercher quelque chose pour lui dans son coffre. Je suis revenu avec un grand manteau de la Marine, un manteau de sergent. J’étais étonné qu’il l’ait gardé, ce genre de sentimentalisme avec les objets ne lui ressemble pas. Il m’a remercié et s’est drapé dedans.

« Je doute qu’ils y croient, mais peut être que cela les fera réfléchir et, dans le pire des cas, mourir avec sera une fierté. »

Ça m’a coupé la chique, je n’avais aucune envie de mourir personnellement, bien que je sache qu’il en allait de même pour mes compagnons je sentis une main froide s’emparer de mon échine et la prendre à rebrousse poil.
Le bateau continuait de se rapprocher, nous pouvions désormais entendre les rames heurter l’eau, puis la brasser, et la proue fendre les flots paisible, à peine un frémissement dans l’air. Aucune lumière ne luisait sur le pont, seuls les reflets de l’eau masqués par la masse du navire révélaient sa présence, tâche noir progressant lentement et sans bruit.
Le silence fut brutalement rompu par un coup de feu. À côté de moi Paul grogna en pressant une main contre son flanc. Lorsqu’il la retira je vis du sang sur sa paume, et il n’avait plus rien de ce vieux aimable, un peu sec mais paternel. Une véritable rage détruisait ce masque dans une grimace effrayante.
Les bords des deux navires désormais tous proches, l’abordage commença. Une ombre tomba souplement sur notre pont, et en fut éjectée par le coup de poing le plus violent que j’ai jamais vu. Paul était peut être touché mais cela semblait exciter sa rage de combattre plus qu’autre chose. Chandail demeurait calme de son côté, égal à lui même. Et moi je me sentais fébrile. S’entraîner est une chose, appliquer une autre, et lorsqu’il faut blesser, peut être tuer, pour ne pas être soi même victime, la pression est encore plus forte.
J’ai un souvenir très fort des deux individus que j’ai envoyé dans l’eau. L’un d’entre eux était déjà un cadavre, il m’avait agressé avec deux poignards sans penser à couvrir le haut de son corps. Contre une estafilade le long des côtes j’avais purement broyé sa gorge. Le second, une femme, se battait avec un long sabre, contre lequel je pouvais difficilement rivaliser en allonge, me fit reculer. Toute à sa joie furieuse de me tenir en respect elle ne remarqua pas que je suivais une trajectoire précise. Je lui fis trancher un cordage en esquivant un coup, et une vergue se rabattit contre sa tempe, la sonnant suffisamment pour que je m’occupe de l’autre côté avant de la saisir par la croupe et le col et de la jeter à l’eau.
Je haletais alors en la regardant immobile dans l’eau. Autour de moi il y avait des cris, pas nombreux, mais des cris de souffrance tout de même. Soudainement paniqué je cherchais mes compagnons des yeux. Adossé au bastingage Paul avant retiré sa chemise et Chandail le recousait. Près d’eux un bras et une tête reposaient au sol, seuls.
Je n’avais aucune envie de savoir où se trouvait le reste, ni dans quel état ils avaient laissé les autres membres de l’équipage. En me rapprochant je vis que Chandail saignait lui aussi d’une balle à l’épaule, Paul avait une coupure de plus à la cuisse, mais elle ne saignait déjà plus et je ne m’en inquiétait pas.

« Armes toi et montes voir si il en reste sur leur bateau. Les autres sont pas en position de la ramener, » a dit Paul. J’y suis allé.

Leur navire était un peu plus grand que le nôtre, mais bien moins propre. Je le fouillais avec mille précautions, frappant les portes pour les ouvrir en grand et me rabattant contre les murs l’instant d’après. Mais il semblait que personne d’autre ne se trouve à bord. Je terminais mon tour d’inspection lorsque Paul et Chandail me rejoignirent.

« Pas mal. Il étaient une bonne douzaine, mais tous des incapables. Le grain du pont est mauvais, et il règne une odeur de pourriture ici. Je pense qu’ils voulaient nos vivre et notre argent. »

Il n’y avait rien à répondre, aussi ne répondis-je pas.

« On va fouiller leur cale voir si on peut en tirer quelque chose, Chandail, va voir au point supérieur, il y a une cabine, probablement celle de leur capitaine. Toi Ylon tu restes sur le pont principal et tu scrute l’océan. Ils n’étaient peut-être pas seuls. »

Je me dépêchais de suivre ses ordres et, zélé, me hissais même jusqu’en haut du mât principal. Comme il ne s’y trouvait pas gabie mais seulement une plateforme ronde à peine suffisante pour s’y asseoir je m’accrochais comme une forcené au bois en fouillant la mer du regard. Au loin je distinguais une forme vague, que je pris pour un récif avant de me rendre compte qu’elle bougeait mais extrêmement lentement.
J’en avertis Paul et il ne voulut même pas essayer de la distinguer, il nous fit embarquer de nouveau sur notre navire et me demande de guider le bateau pendant que Chandail et lui rameraient. Si nous n’étions pas encore repérés nous avions des chances de fuir.
Nous avons effectivement fuit, mais le drame nous a poursuivit.

Quelques jours plus tard un navire inconnu nous a donné la course. Cette fois nos voiles nous ont permis de le distancer, mais il se présenta de nouveau sur les flots la semaine suivante, et ne nous lâcha pas trois jours durant, reparaissant chaque fois que nous pensions l’avoir distancé.
Nous vivres commencèrent à fondre, Paul nous rationna, et je sentis se mettre en place un combat bien différent de celui que j’avais vécu avant. La voile étant notre meilleur atout, quand je ne devais pas gérer les cordages je me mettais au bastingage pour voir la silhouette sinistre nous filer. Durant ces jours de course je m’inventais mille raisons pour la craindre, et des horreurs parfois toutes instinctives bien plus que rationnelles.
La poursuite prit fin avec l’apparition d’une base militaire dans le lointain. Je pensais que nous l’esquiverions aussi, mais je reconnu le fort de la 172ème branche de la Marine.
Le Capitaine nous accueillit quelques jours, sans nous autoriser pour autant à prendre de nouveau des quartiers dans sa base. Il nous permit d’acheter des vivre, de reprendre de l’eau, et parla avec nous, longuement.
Il semblait connaître ceux qui nous filaient, et envoya des navires patrouiller dans les environs. Plusieurs rapportèrent avoir aperçu notre poursuivant, jusqu’à parvenir à le chasser. Paul lui raconta l’attaque de nuit, confortant le Capitaine dans ses soupçons. Il s’agissait selon lui d’un groupe de bandits ne dédaignant pas l’idée de voler les bateaux qu’ils pouvaient atteindre pour agrandir leur territoire et les possibilités de rapines. Malheureusement leur base supposée se trouvait loin et il ne pouvait pas agir sans rendre son propre territoire vulnérable. Il promit de prévenir un autre Capitaine plus proche et nous pressa de partir temps que nos poursuivants étaient éloignés.
Nous reprîmes donc la mer.

Tout se passa bien durant environ deux mois.
Un soir où nous avions accosté une petite île bien connue, Paul est partit acheter des vivres. Chandail n’a rien dit, et je n’ai pas jugé nécessaire de l’accompagner. Le seul but de son passage à terre était de nous réapprovisionner en fruits, et possiblement d’acheter quelques pâtisseries au passage. L’argent ne coulait pas à flot chez nous mais nos voyages nous permettaient souvent de livrer quelques petites choses entre les îles, amassant ainsi un pécule suffisant pour poursuivre notre route.
Ce soir là nous l’attendions donc, Chandail et moi, assis sur le pont. Il pêchait avec son absence d’entrain habituelle et je taillais un pipeau dans du bois. Tout semblait calme. Pour ne pas gêner la population nous mouillons toujours hors de vue du village, ainsi ils ne savent pas que je me trouve à bord, et cela évite les racontars sur la méchante bête sauvage toute proche des maisons et des gens vulnérables.
Le voyage entre le bateau et le village prend donc un peu de temps, et même une fois la Lune haute nous ne nous sommes pas inquiétés. Cependant, le temps passant, je me demandais ce qui pouvait prendre autant de temps à mon vieil ami. Encore une heure et je marchais sur le pont, trompant l’ennui, taisant une angoisse qui venait poindre dans mes entrailles. Une heure de plus et je n’y tins plus.
Chandail et moi avons manœuvré le navire pour le cacher dans un creux entre deux falaise. Le vide bouffé de végétation accrocha les voiles le temps que nous les rabattions, mais dissimula aussi efficacement le bateau. Alors nous nous sommes aventurés sur l’île.

Trouver le village ne fut pas difficile. C’est un village modeste, pas plus d’une centaine d’âmes, mais la nuit il est joliment éclairé. Ce soir je vis peu de fenêtres illuminées. Tandis que nous nous dirigions au comptoir de commerce de l’île j’eus un pressentiment. Il manquait ce qui fait la vie dans ces lieux. Aucun ancien ne se trouvait à sa fenêtre, les jardins étaient vides et les rues parfaitement désertes, alors que les insomniaques s’y retrouvent toujours pour discuter. Plus que tout, c’est de voir le ponton déserté qui me conforta dans mon malaise. Je sais pour l’avoir vu partout qu’un ponton où sont amarrés des navires a toujours un peu de vie, ne serait-ce qu’un garde sur une chaise. Ici même la guérite n’avait pas sa lanterne.
Nous avons trouvé la porte du comptoir close. Pas une lumière allumée aux fenêtres et, chose étrange, pas une fenêtre ouverte. Il faisait alors une canicule de tous les diables durant la journée, et une chaleur étouffante en intérieur la nuit. N’importe qui aurait ouvert la fenêtre de sa chambre, au risque de ne pas fermer l’oeil sinon.
Je hasardais un regard vers Chandail. Il demeurait inexpressif, mais je le connaissais déjà bien, et je sais désormais reconnaître chez lui les signes d’une tension et de la réflexion. Il réfléchissait justement à toute allure, je le voyais à sa façon d’inspecter la porte et de l’effleurer du bout des doigts. Je hochais le museau et un instant plus tard il la défonçait.
Nous sommes entrés en vitesse, il s’est enfoncé dans les ombres, il connaît mieux le bâtiment que moi, et je suis resté dans l’entrée pour surveiller. Il y a eu un cri, une porte à claqué, puis le pas lourd de Chandail s’est rapproché. Il tenait un homme moyen par le col, avec le visage rouge et un regard fou. Il était encore habillé, même les chaussures. Cette fois je n’avais plus aucun doute, il se passait quelque chose de louche, et ce quelque chose avait réussit à faire disparaître celui que je considère encore comme mon deuxième père.

« Où est-il ? » demandais-je simplement.
Le marchand se tortilla en essayant de se dégager de la poigne de Chandail et, miracle, celui ci eut une expression, une ombre fugitive de haine qui traversa son regard. Il écrasa la tête du marchand sur le comptoir et je répétais ma question.
« J-j-je n’sais pas ! » bredouilla misérablement le pauvre homme. Malheureusement il s’agissait d’une mauvaise réponse. Le tranchoir de Chandail mordit dans le bois du comptoir juste devant les yeux de l’infortuné.
Des larmes se mirent à couler de ses yeux tandis qu’un tremblement intense s’emparait de son corps. « Je sais pas ! Je le jure ! Mais ils sont venus ici et ils m’ont enfermé derrière ! Je pouvais rien faire ! Je le jure ! Je ne voulais pas ! J’voulais pas . . . »
J’ai croisé le regard de Chandail, il a lâché l’homme qui s’est effondré en pleurnichant au sol, puis a cherché une lanterne. Il l’a tendue au marchand qui l’a allumée de ses mains tremblantes. Ensemble nous avons constaté qu’il manquait quelques petites choses dans la pièces. Des marques claires et symétriques montraient l’absence de ferrures aux murs. Une longue rayure mordait profondément dans le plancher et, maintenant que la lumière permettait de s’en apercevoir, il y avait un tapis jeté à la va vite au sol. En tirant dessus je sentis les relents du sang.
Avant même que je ne me tourne vers lui le marchand se recroquevilla. Je ne peux que trop le comprendre, mais sur le moment j’eus envie de le frapper, ce désir fut d’une telle violence que, pour éviter de réellement le molester, je préférais saisir un objet et le jeter au travers de la pièce, le bruit de son bris me satisfaisant.
Le marchand poussa un petit cri étranglé en se traînant sur les fesses aussi loin que possible.
« Ils étaient beaucoup ! Y en avait dix rien que dans ma boutique ! On a rien pu faire, on est que des  civils ici, j’vous jure ! » Il haletait tout en parlant et je le sentais à deux doigts de craquer et de se mettre à pleurer en hurlant, mais je m’approchais tout de même et m’accroupis à sa hauteur.
« Donc ils vous ont fait du mal aussi. Dites moi où ils sont partis et vous ne les verrez jamais revenir. En revanche, si vous essayez de me faire croire que vous n’en avez même pas une idée je vais devoir me mettre en colère. »
Il a ouvert et fermé plusieurs fois la bouche avant de pointer une direction d’un doigt tremblant.
« Là, là bas ! Chez le médecin ! Ils ont dit qu’il devaient voir le médecin aussi ! »

Autant le dire tout de suite, la visite chez l’assermenté ne fut pas plus agréable pour lui. Ce ne sont que de simples villageois sur cette île, et se retrouver entre le marteau et l’enclume a quelque chose de terrifiant pour ceux qui n’ont jamais imaginé pouvoir l’être. Le médecin en revanche a cédé beaucoup plus vite. En vérité il écumait. Trop terrifié pour rendre justice lui même, une rage sourde l’habitait pourtant. Il donna beaucoup de description, et ne nous laissa pas partir sans nous avoir dit plusieurs fois qu’il fallait « crever ces chiens ».
Ils avaient pillé sa pharmacie et l’avait questionné. De ce qu’il avait comprit, leur but était la torture, et une mort lucide. J’avais moins d’espoir de retrouver Paul vivant, mais aussi moins retenue quand à ce que je m’imaginais faire aux kidnappeurs.

Nous avons trouvé la planque indiquée par le médecin. Pour un natif de l’île il est impossible de ne pas connaître la grotte s’enfonçant sous terre jusqu’à une source, seule distraction notable de l’île en dehors de ses liqueurs.
Nous y avons trouvé une véritable boucherie. Paul n’avait que la tête hors de l’eau, la surface effleurant ses lèvres. L’eau elle même était souillée de sang, de même que le sol alentour. Des éclats de verre s’enfonçaient dans la peau de son visage, des bouchons au sol suggérant qu’il s’agissait là de la fin des flacons du médecin. En m’approchant je pris conscience de toute la cruauté dont il avait été victime. Il était nu sous l’eau, et des pieux s’enfonçaient dans son corps pour le clouer dans la source. Je n’eus pas besoin de regarder Chandail, je savais qu’il était déjà mort.
Nous avons prit le cadavre et l’avons emmené sur notre bateau. Lesté de pierres dans une toile épaisse et solidement cousue, nous l’avons rendu à la mer, puis nous sommes partit. Des hommes demandaient à mourir.

Les informations récoltées sur l’île se révélèrent utiles. En accostant sur d’autres îles nous les répétions et, peu à peu, pouvions affiner nos recherches. Je savais désormais dans quelle direction me tourner, et comment opéraient les bandits. En petites bandes pour les vols et le recèle, en groupes d’au moins dix pour se venger ou quand ils voulaient tuer quelqu’un. Après tout, qui a besoin de courage ?
Nous avons vogué toujours plus loin sur South-Blue, vers des îles que nous ne connaissions pas encore et qui, par conséquent, ne nous connaissaient pas non plus. Là j’évitais de me montrer la plupart du temps, et laissais Chandail se charger du ravitaillement ainsi que des questions.
Un jour il est revenu avec des coordonnées, une carte grossière, et des dires sur des bandits installés là bas pour faire le relais avec leur chef.
Nous nous y sommes rendus en vitesse. Ils n’étaient que trois à garder deux bicoques dans des bois à peine assez touffus pour les dissimuler, sur un îlot perdu en mer. Nous les avons massacrés, il n’y a pas d’autre mot. Oh, pas avec bestialité non, mais nous ne sommes pas venus avec l’idée de laisser des survivants. Chandail en a décapité un, j’ai défoncé le crâne de l’autre, et le troisième s’est prit le couperet du médecin dans la cuisse, tombant au sol, Chandail lui a brisé la nuque du talon.

Notre seul but était de trouver des informations. De ce que j’avais comprit il s’agissait de la fameuse bande de bandits nous ayant attaqué en mer. Celle que nous avions envoyé rejoindre les poissons avant de fuir. Maintenant j’avais pour seul objectif de les saigner jusqu’à ce qu’ils supplient d’arrêter, mais je trouvais mieux ce jour là.
Les trois cadavres étaient tous dans l’une des deux bicoques. L’autre abritait quelques richesses, des matériaux de réparation, pour leurs navires je supposais, et un homme enchaîné au mur. Les mains jointes, tirées sur ses reins, une chaîne autour du cou reliée à ses chevilles lui traversait le dos, le forçant à se tordre. Son visage se distinguait en nuances de rouges et de bleus. Chandail a retiré la chaîne à son cou, mais nous lui avons laissé celle le tenant au mur par précautions.
Nous ne sommes pas des monstres même si aujourd’hui on tend à le faire croire. Chandail m’a demandé de faire bouillir de l’eau. Quand je suis revenu il avait découpé plusieurs bandes de tissu et le prisonnier était réveillé. Je suis ressortis faire bouillir le tissu aussi.
Il a fallut plusieurs heures au médecin pour s’occuper des blessures du prisonnier, pendant lesquelles je lui fis boire de l’alcool et manger des fruits frais dans l’espoir de lui raviver l’esprit. Malheureusement après cela il s’endormit aussi sec, terrassé par la douleur et l’épuisement.
Nous l’avons veillé et détaché du mur, il n’avait rien tenté et méritait de dormir allongé, mais il conserva les poignets liés. Nous passâmes une nuit blanche, à l’affût de possibles navires bandits, mais rien n’arriva.
Le lendemain le prisonnier était dans une forme rayonnante comparé à son état de la veille. Bien que les poignets liés sur les reins je le trouvais debout, occupé à étirer ses jambes en grimaçant. Il m’a vu éveillé et a cessé. Je suis ressortis chercher Chandail et nous avons parlé.

« Vous n’êtes pas des bandits vous. »
Finement observé, ai-je songé.
« Vous n’êtes pas de la marine non plus, des chasseurs de primes ? »
J’ai nié de la tête.
« Vous êtes juste tarés alors ?
- Nous avons des affaires en cours, un payement en attente, hier nous avons prit des intérêts. »
Il m’a étudié du regard, ses pupilles fébriles plongées dans les miennes mais je n’ai pas cillé.
« Alors vous voulez les crever, hein ?
- J’aurais choisi d’autres termes mais ceux ci conviennent.
- J’étais avec eux. Ola croyez pas que je sois un salaud comme eux hein ! J’aime pas le sang, ce qui me plaît c’est le vol. Moi j’aime quand c’est discret et que personne n’est blessé. Dès qu’y a du sang les gens en redemandent, ça finit toujours mal. » Il s’est passa la langue sur les lèvres, toujours fébrile, et je l’ai laissé déballer son bagou. « Mais ces gars là, c’est des tarés. Y en a dans le lot qui devaient pas être demandés à la naissance parce qu’ils mettent du coeur à se venger. Sur moi par exemple. J’aime pas le sang, mais là j’en demande, détachez moi et je vous aiderais. »
J’ai regardé Chandail, il a fait non, j’ai fait non.
« Putain merde ! Déconnez pas ! Z’avez vu ce qu’ils m’ont fait ? ! J’ai de la chance d’avoir encore mes roustons !
- On ne te connaît pas, et tu as l’air un peu . . . agité. »
Il a soufflé, les mâchoires serrées, en se bavant dessus, ce qui étrangement a donné un effet dramatique qui m’a poussé à l’écouter. J’avais de toute évidence devant moi un homme luttant pour rester maître de lui même, et j’aime les gens qui ont de la volonté.
« Y a une île, plein Est. On y pêche et on y fait des filets, rien d’autre. Moi je voulais de l’aventure alors je me suis tiré sur un le bateau d’un marchand. Il m’a refoulé direct au port suivant. J’ai volé pour survivre, puis parce que ça me plaisait. Y a ces gars, ils sont venus me dire que je pouvais pas voler sur leur territoire, mais que je pouvais entrer dans leur bande pour continuer. J’ai accepté, ça avait l’air bien. Pis y a quelques jours le plus dégénéré du lot a dit que j’avais volé un truc au grand chef. Putain ils sont dégénérés, je savais bien qu’il fallait rien leur voler à eux, jamais j’ai tenté un truc aussi con ! Ils m’ont fait ça, là ! Et pis le grand con, il m’a dit qu’il allait retrouver mon île, et se faire plaisir. Y a rien à moi là bas, mais j’aime pas le sang et eux ils vont en faire couler un max à cause de moi. Ça me donne envie de vomir. Alors détachez moi, donnez moi un flingue, et je ferais sauter quelques têtes avec vous ! »
Cette fois je suis resté silencieux en l’observant encore longuement. Il tremblait de tous ses membres, de la sueur lui roulant sur le front et les épaules. J’attendais de voir ce qu’il allait faire, s’il me baratinait ou s’il était sincère. A sa colère incoercible et la hargne brûlant dans ses yeux je compris qu’il devait dire vrai.
« D’accord. Je suis Ylon, le capitaine, mais c’est devenu une habitude de me faire appeler Bistre. Et lui c’est Chandail, le médecin, et toi, comment on t’appelle ?
- Moi on m’appelle Brisant, et ça va se justifier. »

Avec Brisant nous sommes remontés sur le navire. Quelques vivres et matériaux prélevés chez les brigands remplissant la cale, et un peu d’argent avec. Je l’ai laissé fouiller dans nos cartes pendant que nous manœuvrions pour nous éloigner de l’îlot.
Une fois certain que nous n’étions pas suivis j’ai rejoins le voleur dans la cabine du pont. Il avait étalé une carte sur la table de navigation, punaisée convenablement, et marquait des emplacement à l’aide d’un fusain.
« C’est quoi toutes ces marques ?
- Les endroits où ils sont, enfin ceux que je connais. Je suis sûr qu’il en reste plein où ils cachent des trucs, mais c’est pas là que sont leurs hommes.
- Je veux ceux qui ont tué un de mes pères.
- Je me disais bien que ça cachait un truc bizarre ta tronche. » Il m’a sourit, paillard, avant de se pencher au dessus de la table. « Tu vas devoir tous les buter alors, à moins que tu connaisses leur nom ?
- Aucune idée, ils ne l’ont pas donné.
- M’aurait étonné . . . C’était quelqu’un d’important ? Il était riche, ou il dirigeait des hommes ?
- Non nous étions juste trois sur ce bateau.
- Je vois pas comment les retrouver alors.
- Un de leur équipage nous a attaqué et nous l’avons détruit avant de nous enfuir, ce serait suffisant ?
- Pas qu’un peu ouais ! Y en a un qu’à du se baver dessus à force d’écumer. Quand quelqu’un porte un coup dur à leur bande, ou qu’il faut qu’il crève pour une raison précise, c’est le grand chef qui l’ordonne. Il se trouve là, on doit tous y passer pour lui lécher le cul. » Il a fait un rond sur la carte. « Si vous avez dézingué ses hommes c’est lui qui aura tout préparé pour vous tuer.
- Parfait, allons-y.
- Ola hé ! Pas si vite mignon ! Y a un paquet de monde là bas, si t’y vas comme ça tu seras même plus en état de finir comme manteau. Mais t’es pas le premier qui tente, je pense savoir comment les bousiller. Faut tenir le patron par les couilles, et ses couilles elles sont là, là, ici, là . . . »
Je me suis penché sur la carte pour le voir noter différentes positions.
« Des cachettes et des relais pour ses hommes. Imagines que t’en mette quelques un à sac, il va falloir te punir vilain garnement, sauf que là bas ce sera déjà tout bousillé, donc les hommes devront venir d’ailleurs. J’en connais bien quelques uns, je peux te dire comment et quand t’introduire, après on va couper la tête du serpent.
- Ça me va, ça paiera ma dette de sang.
- Et la mienne au passage.
- Tu peux rester à bord. »

Ce soir, comme j’allais me coucher, Chandail m’en empêcha. Il me prit par le poignet, s’immobilisa, aux aguets, et fouilla l’ombre du regard, comme un animal traqué. Puis il me tira dans une autre cabine et fouilla dans une petite table solidement fixée au sol. Il en tira du papier huilé qu’il me tendit, dessus se trouvait l’écriture de Paul.
« Dès le début il m’a donné ça. Si ce n’est plus un voyage donnes la à Ylon, il en aura besoin. »
Puis il sortit de la pièce et me laissa seul.
Je lus le contenu de la lettre plusieurs fois. Il ne s’agissait pas d’une lettre d’adieu ni de remords, sans quoi j’aurais certainement fondu en larmes. Sur le papier s’étalait toute la conviction d’un homme que j’admire aujourd’hui encore.

« Ylon. J’espère que tu auras eut cette lettre à temps. J’ai caché quelque chose dans ce bateau. Ce que j’y ai mit c’est la raison pour laquelle j’ai déserté. Tu connais les fruits du démon, c’en est un, il offre un grand pouvoir même si je ne sais pas lequel, mais ce fruit ne fera jamais le mal ni le bien. Toi en revanche tu en es capable avec son aide.
Je sais que tu as la tête bien faite et le coeur bon mais je veux que tu te rappelles d’une chose en laquelle tes parents et moi avons toujours cru. Tu es égal à tous les autres, tous les gens sont égaux entre eux, quoi qu’on essaye de nous faire croire à ce sujet. Tu peux croire l’inverse et vivre bien avec, mais quand une conscience vit en soi il est impossible de détourner les yeux et de mentir. Ne crois pas ceux qui te diront que tu es un monstre, que tu leur es inférieur, et encore moins ceux qui voudront faire passer tes origines pour une raison de supériorité. C’est un poison Ylon, il ronge les hommes faibles.
Rappelles toi toujours de ce que je t’ai dit. La Marine est un idéal, un idéal de justice dans un monde idéal. Le monde n’est pas idéal, il ne le sera jamais, mais tu peux en conserver l’espoir. Mais seul toi peut le décider, retiens bien ces mots qui m’ont marqués moi aussi.
Si vous présumez que l’espoir n’existe pas, alors vous faîtes en sorte qu’il n’y en aura jamais. Si vous présumez qu’il existe un instinct de liberté, alors vous aurez la possibilité de changer les choses.

Vis bien Ylon. Vis bien pour toi et pour les autres, ainsi seulement tes remords ne seront pas des accusations. Mais surtout, vis librement. »


Je trouvais au dos de la lettre un code simple que j’avais apprit dans la base de la Marine des années plutôt. Il m’indiquait l’emplacement de la cachette.
J’y trouvais plusieurs choses. Une photo de ma famille, Paul dans le lot me soulevant par une épaule, mon père par l’autre, le manteau de Marine qu’il avait déjà vêtu une fois, et un fruit à l’apparence étrange.
J’ai passé le manteau, rangé la photo dans une poche et suis monté avec le fruit sur le pont principal. Brisant essayait de discuter avec Chandail, tous deux ont tourné la tête et fixé le fruit entre mes mains. J’ai mordu dedans. Le goût était parfaitement infect, un mélange d’huile rance et de relents de forge froide, le tout teinté de souffre et de maladie. J’ai réussit à en avaler deux bouchées avant de jeter le fruit par dessus bord.
« Infect. »


Dernière édition par Ylon le Jeu 31 Jan - 14:59, édité 4 fois
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Ylon


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MessageSujet: Re: Ylon, touriste de Grand Line. [TERMINÉÉÉÉÉÉE ! ! !]   Lun 28 Jan - 17:15

L'Hallali



J’épargnerais la lecture détaillée de nos exactions après la composition de ce trio vengeur. Brisant s’est révélé plus honorable que je le pensais, mais aussi un peu fou. Je suppose que cela va de paire quand on a la possibilité de placer au bout de son canon ceux qui ont voulut vous tuer lentement. Il avait récupérer deux fusils et trois mousquets, avec lesquels il répandait la mort sur le bateaux ennemis que nous croisions.
Dans les bases il connaissait les itinéraires, les échappatoires et, en bon voleur, le meilleur moment pour investir silencieusement la place et trancher les gorges rapidement. Je dois tout de même préciser que nous avons usé d’une méthode particulière. Premièrement tuer vite pour ne pas être submergés. Deuxièmement créer une mise en scène macabre et aussi révoltante que possible. La besogne est salissante, mais elle a produit ses fruits, après avoir cloué deux équipages à leurs mâts, puis éparpillés les corps démembrés de trois petites bases avancées, Brisant a eut le plaisir de nous annoncer qu’il avait entendu parler d’un mouvement de troupes de leur part. Mais aussi que nous avions raté quelques individus et que désormais nous avions droit à nos primes. J’ai trouvé ça injuste. Tuer les méchants ne suffit donc pas à être gentil ? En tout cas nous étions désormais des pirates, et nos exactions sur la dernière base parurent dans la presse locale, nous dépeignant exactement comme nous voulions que les bandits nous voient, des bouchers tuant pour le plaisir, mais les tuant eux surtout.

L’île du grand chef vidée d’une grande partie de ses troupes, nous avons vogué à toute allure vers une autre île proche où nous avions caché un navire bandit récemment. Nous avons abandonné là le notre, sans même savoir si nous pourrions un jour le récupérer, et avons foncé sur notre cible. Slon Brisant le meilleur moyen d’accoster sans se faire repérer serait d’arriver par les falaises, et de se débrouiller pour atteindre le sommet. Nous avons brisé notre coque sur les récifs pour arriver le plus proche possible, puis lutté pour atteindre le sommet.
Il ne restait plus suffisamment de personnel pour nous arrêter, de plus, j’avais désormais avec moi un certain pouvoir, des plus étranges, mais très efficace. Après une quinzaine de morts jalonnant notre parcours (je suis heureux que nous les ayons pas tous affrontés de front), nous avons enfin trouvé l’antre du serpent.
J’ai été déçu. Leur chef nous attendait, vautré sur un fauteuil, avec deux gardes pointant leurs armes sur nous. Brisant avant épaulé un fusil avant de rentrer lui aussi, mais il ne pouvait pas les tuer tous deux en même temps.
« Et bah, c’est ça les bouchers de South-Blue ? Sérieusement ? Où sont vos copains qu’on les attendent, vos cadavres et moi ? »
J’ai haussé les épaules, que peut-on répondre à un hurluberlu vociférant qui a de toute évidence une forte envie et de bonnes raisons de vous empailler, si possibles en jouant aussi au puzzle avec votre cadavre. Mon air dubitatif sur la marche à suivre l’a troublé je crois, car lui même à haussé les sourcils. Il a tendu la main vers l’un des larbins en réclamant une arme.
Grave erreur, il ne faut jamais déconcentrer un tireur qui peut vous sauver la vie. Brisant a fait sauter la tête de l’autre en un battement de cils, et le premier a eut la main épinglée contre ses côtes. De petites saucisses ont glissés de sous son habit tandis qu’il s’écroulait au sol.
Le chef brigand, abasourdi, a fait mine de se lever, rouge de colère. Je me suis penché vers Chandail.
« Le foie, c’est ça ? » Il a hoché la tête, je l’ai tournée vers Brisant, il a tiré.
La fumée dégagée par le tir a masqué le grand homme à mes yeux, mais quand elle a finit de se dissiper je l’ai trouvé au sol, les deux mains contre son abdomen, du sang ruisselant sur ses doigts. Le foie, m’a un jour expliqué Chandail, c’est vraiment un organe traître. Il rend beaucoup de services mais c’est un vrai mirliflore, qu’on l’égratigne et il se met à pleurer, il ne s’arrête qu’une fois à sec.
« Rajoutes-en une à l’épaule. » Le vacarme de l’arme à de nouveau retentit et l’homme s’est écroulé sur le dos, contrecoup de la balle enfoncée dans son épaule.
Alors je me suis approché de lui jusqu’à ce que mes pattes se trouvent directement à côté de sa tête, il devait avoir une vue imprenable sur mes mollets. Petit veinard.

« On dirait bien que c’est la fin.
- Fils de . . . » je l’ai coupé en pleine prose d’un bon coup dans la mâchoire.
« T-t-t-t-t, c’est très malpoli ça, et ma mère vous aurait ouvert comme le vilain porc que vous êtes. »
Une veine grossie de sang sur la tempe, les maxillaires saillants comme des têtes de clou, il avait l’air d’un fou. Son bras valide s’est activé, fusant de sa taille sa main a cherché à me frapper. Mais j’avais désormais plus d’un tour dans mon sac. Ma truffe est devenue un petit sifflet, et d’une expiration j’ai laissé sa main s’égayer dans la pièce, sans le reste du corps.
« Ah c’est dommage ça, c’est mauvais pour le point de compression que vous devriez faire. N’est-ce pas Chandail ? »
Chandail n’a pas bougé une oreille, il regardait son hachoir à la lumière d’une bougie.
« Mm . . . c’est sa façon de dire oui. »
À mes pieds le moribond écumait encore, me traitant de tout ce qui ne traverse pas l’esprit des poètes, dont l’imaginaire est bien trop vaste pour se limiter à des insultes aussi communes. En bon artisan il assaisonna le tout de menaces improbables, ses hommes ne nous laisseraient pas tranquilles disait-il.

Je me suis penché sur lui, accroupit au dessus de son visage, et lui ais répondu d’une voix douce et sucrée.
« Vos hommes vous emmerdent, tout autant que moi, et je fais ça très bien. Quand ils trouveront votre carcasse ici ils choisiront un autre demeuré, mais celui ci saura se tenir à distance, parce qu’il aura vu que mes amis et moi même pouvons être des bêtes sauvages, et qu’il n’aura rien à nous reprocher personnellement. Alors, tout ce qui restera de vous, ce sera un vague souvenir d’un ennui passé, ensevelit sous des pensées plus nobles et des jours plus heureux peuplant ma mémoire avec un autre homme. Et quand je serai vieux, que je n’aurai plus le coeur au voyage, je raconterai mes aventures à d’autres. Alors, au détour d’une anecdote, je me tournerai vers Brisant en lui disant : tu te souviens du gars qu’on à laissé crever quelque part sur une Blue ? Il me répondra : lequel ? ! En rigolant comme à une bonne farce, et je lui dirai que je ne sais plus. Chandail haussera peut-être les épaules. Alors nous conviendrons qu’il doit s’agir d’une erreur, peut-être un bobard entendu quelque part qui s’est mêlé à ma mémoire, et la vie de tous reprendra son cours, sans que vous ayez jamais eut le moindre impact dessus, aussi inexistant qu’en ce moment même. »
Le bandit respirait moins fort désormais, bien que son poitrail se soulève et s’abaisse toujours aussi rapidement. L’odeur de fer corrodé m’emplissait les sinus, prégnante, désagréable, et pourtant savoureuse comme jamais. Je lui souris en le laissant se vider par deux bouts. Chandail jeta le chiffon avec lequel il astiquait son hachoir et Brisant passa un mousquet dans son ceinturon, puis nous sortîmes dans la lumière.

J’ai regardé mes deux compagnons, une petite moue ennuyée sur le museau.
« Et maintenant ? »
Brisant a haussé les épaules.
« Je peux pas rentrer chez moi, j’ai pas de raison et je suis un criminel alors ça seraient que des ennuis. »
Chandail n’a rien dit, comme toujours, j’ai prit ça pour l’équivalent de ce que Brisant venait de dire.
« Mmm . . . Alors si on commençait la vraie aventure ? »
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Mello
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MessageSujet: Re: Ylon, touriste de Grand Line. [TERMINÉÉÉÉÉÉE ! ! !]   Sam 2 Fév - 9:59




EH SALUT OUAIS !



Qualité : 450/500


Rien de bien grave, quelques coquilles qui auraient pu être évitées à coup de relecture ! Mais, ce sont des choses qui arrivent ! J'ai pas trop jugé là-dessus !

Cohérence : 500/500


Rien à signaler, ton histoire respecte la trame de jolly roger sans pour autant tenter de creuser plus en profondeur dans ce sens là !

Longueur : 250/250


Nickel, c'était long mais pas chiant à lire.

Originalité : 400/500


L'histoire était plutôt sympa et a le mérite d'être plutôt originale, mais, la récupération du fruit du démon semble assez banale, voir peut importante dans le récit, j'aurais aimé que tu développes plus autour de ça, c'est quand même important pour le perso !!  

Subjectivité : 150/250


Étant quelqu'un d'assez attaché au fait de voir l'utilisation des fruits du démon, j'aurais vraiment aimé voir Ylon utiliser le fruit des instruments, dommage.. :c

Note finale : 1750 Dorikis

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MessageSujet: Re: Ylon, touriste de Grand Line. [TERMINÉÉÉÉÉÉE ! ! !]   

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Ylon, touriste de Grand Line. [TERMINÉÉÉÉÉÉE ! ! !]
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